
I, Robot
De: Alex Proyas
Avec: Will Smith, Bridget Moynahan, James Cromwell, Alan Tudik
Durée: 2h00
Sortie le 28 juillet 2004
Chicago 2035, dans un soucis de confort, les robots domestiques font partie du quotidien de tout à chacun, et conçus pour ne jamais mettre en danger la vie d'un seul être humain, bien que du propre aveu de leur concepteur l'intelligence artificielle peut s'auto-développer et fournir des attitudes qu'un programme n'aurait pu prévoir. La réalité rattrape alors vite les doutes du créateur lorsque ce dernier se fait sauvagement assassiner par son propre robot qui s'octroie également la faculté de maquiller son meurtre en suicide. L'inspecteur Del Spooner, jeune protégé du défunt et seul homme convaincu que les machines peuvent commettre un assassinat de leur propre chef, se lance à la poursuite d'un suspect programmé pour mentir.

I, Robot est un projet qui part avec une énorme épine dans le pied: Bien qu'il soit inspiré du roman éponyme de Isaac Asimov à la base de bien des oeuvres sur la menace robotique, il a l'inconvénient de sortir après des films tel que Terminator et Matrix qui ont pioché bon nombre de leurs idées chez l'auteur. Bien entendu la sensation de déjà vu est omniprésente tout le long du film. Il faut dire que le pitch de départ est quasi-semblable à l'Animatrix La seconde renaissance dans lequel un robot domestique jugé pour assassinat déclenche une guerre civile hommes contre machines. Le film de Proyas progresse également dans le sens logique des films de James Cameron et des Wachoski à tel point que les trois histoires pourraient presque se télescoper les unes dans les autres, comme si I, robot pouvait constituer le début d'une révolution qui s'achèverai par un contrôle total de la matrice. Hormis les films cités plus haut, on peut reconnaître ici où là des idées déjà vues dans Blade Runer, Runaway de Michael Crichton où Tom Selleck pourchassait également des robots meurtriers, le calamiteux Maximum Overdrive de Stephen King où tout élément technologique cherchait a tuer le premier être humain qu'il croisait dans le seul but d'avoir le monopole de l'existence, et encore bien d'autres plus ou moins recommandables. Pas évident donc de remettre au goût du jour un sujet qui s'avère extrêmement simpliste aujourd'hui même pour n'importe quelle série Z.

Toutefois Proyas ne joue pas la carte du film de Science Fiction à thématique consensuelle sur l'éternel débat "Ce que nous créons nous tuera" etc., évitant ainsi de tomber dans le piège Matrix ou un éventuel cafouillage idéologique et scénaristique, et préfère tout miser sur le divertissement, certes linéaire mais franchement efficace. Si le fond frôle souvent les deux autres sagas précédemment citées, la forme lorgne plutôt vers Minority Report et sa froideur métallique, dans le but de constituer un futur probable. Un réalisme nécessaire pour nourrir la parano du personnage interprété par Will Smith, allergique à tout système d'automatisme, fin mélomane du début des années 2000 (une bonne occasion de caser pas mal de sponsors), et donc totalement opposé à la circulation de robots. La nature même du personnage aurait sans doute gagné à être développée, surtout la légère noirceur qui engrange une véritable haine viscérale des machines, le poussant même à abattre froidement un robot innocent d'une balle en pleine tête histoire d'en intimider un autre sous prétexte qu'ils ne peuvent ressentir aucune émotion, thèse que contredit peu à peu le film.













































