Warner nous propose aujourd'hui un master quasiment irréprochable pour un film de plus de trente ans. Le master qui nous est aujourd'hui proposé se montre exempt de la moindre poussière et le film tel que l'a toujours voulu Pollack reprend aujourd'hui tout son sens. Les couleurs vibrent et redonnent aux grands espaces toute leur splendeur, la compression parvient à se faire invisible pour mieux nous faire profiter du spectacle et l'image bénéfice d'un piqué étonnant.
Les mixages stéréo anglais et français nous font quelque peu regretter l'absence d'un nouveau mixage Dolby Digital 5.1 qui nous aurait plongé au coeur des Rocheuses. Quoiqu'il en soit, les deux pistes se montrent claires mais notre préférence se pose indiscutablement sur la version originale qui nous propose une ouverture frontale de premier choix et un bien meilleur rendu des différentes ambiances. Certaines sont tout simplement oubliées sur la version française au profit des dialogues. Cette dernière privilégie les dialogues, bien que plus sourds, sur la voie centrale et ne nous livre que de rares ambiances.
Quel dommage de ne trouver aucun bonus.
Jeremiah Johnson, fuyant la civilisation et la violence qui l'habite, s'isole au coeur des montagnes rocheuses. Une confrontation brutale entre un homme et lui-même, une soif de vengeance, un retour au source...
Véritable ode à la nature et parcours initiatique d'un homme qui cherche à se retrouver et retrouver ses propres racines, Jeremiah Johnson se pose comme l'une des perles de la filmographies de Sydney Pollack. Malgré la lenteur du film, Pollack parvient à nous tenir en haleine à chaque instant, nous plongeant dans l'esprit de son montagnard solitaire, nous laissant vivre l'action avec lui, pour mieux nous faire partager le quotidien de son héros.
Robert Redford trouve ici l'un de ses plus beaux personnages et lui transmet son amour de la nature et des grands espaces. Le comédien met tout son talent au service d'une oeuvre grandiose, peuplée de silences, de rêves et d'idéal. Un face à face de l'homme avec lui-même, une oeuvre riche, tendre, dure et toujours juste.
Par Benjamin Bach