Partie 1 : Il n'y a pas de plus grand amour :
7/10
Format original 2.35 N&B compatible 16/9 : premier point positif. Copie chimique restaurée : pratiquement pas de poussières blanches ni de rayures et pas une seule brûlure de cigarette : second point positif. Des défauts chimiques subsistent cependant parmi lesquels des sautes fréquentes de luminosité, une ou deux fins de plans un peu abruptes qui trahissent peut-être une perte à moins qu'il ne s'agisse d'un effet de montage (nous hésitons à leur sujet et ils sont inférieurs au nombre de doigts d'une seule main, sur 198' de durée totale) ainsi qu'un un peu de voilage momentané, une ou deux rayures verticales. La numérisation restitue bien les nuances de gris (admirables) la direction de la photographie de Yoshio Miyajima mais le bruit vidéo n'est pas maîtrisé comme il le faudrait sur pas mal de plans, les contours laissent parfois un peu à désirer sur certains plans, et le fourmillement est excessif sur certains autres. Reste que ces 200 premières minutes (sur une durée totale de 560' environ) sont pour la première fois visibles en DVD zone 2 sous-titré en français : cela fait très longtemps que nous attendions ce moment et on ne va pas faire la fine bouche. On est simplement un peu déçu : on pensait que les Japonais avaient mieux restauré le film et livré des masters de très haute qualité puisqu'il s'agit tout de même d'un des films les plus importants de leur histoire cinématographique et aussi de l'histoire du cinéma mondial. Qu'importe : cette première étape numérique franchie est fondamentale et il faut l'encourager. On envisage désormais avec sérénité la possibilité d'une version parfaitement nettoyée chimiquement, et numériquement compatible HD.
Partie 2 : Le Chemin de l'éternité :
9/10
Format original 2.35 N&B respecté et compatible 16/9. La copie de cette seconde partie est en bien meilleur état chimique que celle de la première partie. Elle est numérisée cette fois-ci très correctement et même le bruit vidéo est presque parfaitement contrôlé sur sa durée de 177' 35''. Direction de la photographie de Yoshio MIYAJIMA toujours aussi « talentueuse » comme le dit la bande-annonce de la Shochiku, aussi à l'aise de jour que de nuit, en plan serré comme en plan de méga-ensemble, qu'ils soient fixes ou en mouvements. L'exemple de la perfection morphologique et syntaxique de cette période.
Partie 3 : LA PRIÈRE DU SOLDAT
Format original 2.35 N&B respecté et compatible 16/9. La copie de cette troisième partie est en aussi bon état chimique que celle de la seconde partie. Elle est numérisée presque parfaitement, mis à part un défaut fugitif d'une ou deux secondes. Sur 190' au total, ce n'est pas mal du tout ! La direction de la photographie de Yoshio Miyajima et la mise en scène de Kobayashi utilisent certains éléments typiques de la modernité stylistique des années 60 (utilisation d'arrêt sur image, de photos intégrées dans la continuité, de quelques décadrages, de lents travellings avant subjectifs, etc.) parfaitement alliés au classicisme du reste de la syntaxe. S'il en était besoin, on pourrait projetter ce film comme justification à l'invention du format 2.35 : c'est une de ses plus belles utilisations de toute l'histoire cinématographique du XXe siècle. Un pur diamant dont la technique épurée brille au firmament du « ciel des mouvants ».