L'oeuvre kaleidoscopique de Todd Haynes présente plusieurs ambiances marquées et distinctes qui trouvent ici une transcription idéale (quand la technique souligne les choix esthétiques). Ainsi le film s'ouvre sur un générique en Noir et Blanc, filmé en 16 millimètres, avec le grain propre à ce genre de prise de vue. On enchaîne ensuite avec le voyage du jeune Woody dans le train de marchandises. La verdeur tendre de la nature y est tout simplement somptueuse et lumineuse, On enchaîne ensuite avec la lumière plus froide et bleutée qui entoure le couple formé par Charlotte Gainsbourg et Heath Ledger. Ici c'est la composition des plans qui est mise en valeur, d'une profondeur de champ très appréciable dans les plans larges, avec une caméra parfois plus mobile et en liberté épousant la grammaire du cinéma vérité. Là encore, la lumière est rendue de façon admirable, chaque détail est sensible dans cet autre univers. Arrive ensuite le beau Noir et Blanc contrasté et fellinien qui est la marque du moment psychédélique incarné par Cate Blanchett. Chaque nuance est d'une richesse impressionnante, les contrastes sont bien étalonnés et c'est de nouveau une véritable expérience visuelle, une plongée de grande qualité dans une autre façette de Dylan. Enfin arrive Richard Gere, vieux Billy le kid qui aurait survécu, ermite dans sa cabane au fin fond d'une forêt. On retrouve les verts du début et surtout une dominante marron, une teinte terreuse jusque dans la ville en perdition que Gere parcoure. Ce qu'il y a de marquant c'est la netteté des visages, ce voyage fluide d'un univers à un autre, dominés par des traitements d'image différents qui sont tout simplement magnifiés par ce transfert à la qualité irréprochable. La définition est bonne, le master sans tâches, la compression parfaite, jamais prise en défaut. La netteté, la finesse et le piqué sont irréprochables en toutes circonstances. C'est une véritable démonstration, tant le film adopte des formes variées (traduisant esthétiquement l'effervescence artistique qui a traversé les années 60) et le DVD parvient à leur rendre justice, avec un brio impressionnant (aucun artefact, aucune trace de compression). Il s'agit véritablement d'une galette exceptionnelle, venue servir une oeuvre audacieuse, importante, atypique et unique. Ce voyage cinéphile est une symphonie pour les yeux.