Pour une communauté réduite mais quasi fanatique de joueurs, la
Team Ninja fait figure de légende et son leader charismatique, Tomonobu Itagaki, de gourou aussi génial qu’atypique. Moins célèbre qu’Hideo Kojima mais plus "culte", ce "game designer" est à l'origine d’une des plus belles licences que le monde du jeu vidéo ait connu :
Ninja Gaiden.
Star du jeu d’action et du hack’n slash,
Ninja Gaiden bénéficie d’une aura assez impressionnante auprès de cette caste d’intouchables que sont les hardcore gamers. Car comprenons-nous bien, on évolue ici aux antipodes de la nouvelle philosophie "casual" de Nintendo tentant de racoler mamie Françoise et tonton Bernard.. Nous sommes plutôt ici avec le symbole d’un jeu vidéo exigeant et pointu que seuls les plus persévérants pourront se targuer d’avoir terminé. Et il est vrai qu’il serait dommage de renoncer trop tôt face à la difficulté de l’aventure et de se priver ainsi d’une expérience que l’on peut aisément qualifier de "totale".
Ninja Gaiden II nous permet de retrouver Ryû Hayabusa, notre assassin tout de noir vêtu, une nouvelle fois aux prises avec les forces du Mal qui, décidément, en veulent sacrement à notre petite planète. Bientôt infestées de créatures crochues et griffues de toutes sortes ainsi que de samouraïs infernaux, les rues de New York ou de Hong Kong vont rapidement se transformer en vastes champs de bataille. La situation est simple, c’est vous tout seul contre des armées entières de démons assoiffés de sang : du boulot sur le tatami à ce qu’on dirait !!!

Avec ce scénario aussi fin qu’une galette de riz, inutile de préciser que l’on ne fera pas dans la dentelle et que l’essentiel du jeu consistera à annihiler, découper et écrabouiller tout ce qui bouge à moins de dix mètres. Et ça tombe plutôt bien, parce qu’une des évolution notables depuis le précédent opus réside dans l’accroissement déraisonnable du nombre d’ennemis au m2. En vérité, rien ne vient véritablement différencier ce nouveau
Ninja Gaiden de son prédécesseur. C’est le même trip mais à la puissance 3 : davantage d’ennemis comme nous venons de l’indiquer mais aussi davantage de boss, davantage d’effets spéciaux à vous brûler définitivement la cornée et surtout davantage d’hémoglobine. Chaque combo au Katana ou à la lance génère des gerbes de sang et un feu d’artifice d’effets visuels proprement ahurissant. Cette violence furieuse procure d’ailleurs un sentiment de puissance qui participe pour beaucoup au plaisir de jeu : on ressent parfaitement ce pouvoir dévastateur qu’il suffit de libérer à volonté pour se débarrasser de ses assaillants.

Evidemment, l’ensemble des techniques de combat n’est pas accessible au début de l’aventure et vous devrez collecter des parchemins en fouillant des cadavres ou en ouvrant des coffres afin de compléter vos compétences offensives. Il est également possible (voire indispensable) d’upgrader votre niveau de santé ou de magie à l’aide d’artefacts plus ou moins bien dissimulés. A plusieurs reprises, il faudra ainsi dépenser les âmes que vos victimes libèrent lors de leur trépas pour acquérir de nouvelles armes ou des évolutions plus meurtrières de celles-ci. N’imaginez pas cependant évoluer au milieu d’un centre commercial, ces "boutiques" sont relativement rares et il s’agira d’optimiser chacune des visites en effectuant les bons achats.

Enfin, un bon ninja est également capable d’abandonner la voie des armes pour emprunter la voie mystique, toute aussi destructrice. Une jauge d’énergie magique vous permet ainsi d’utiliser diffèrent pouvoirs, de la tempête de feu au tourbillon de lames, qui sèmeront la mort autour de votre humble personne. Là encore, on atteint des sommets de pyrotechnie et les graphistes de la
Team Ninja s’en sont donnés à cœur joie.
Reste que cet arsenal ne sera pas de trop pour mener votre mission à bien et éradiquer les forces maléfiques qui sévissent à nouveau sur notre petite planète. Le jeu est donc assez difficile et certains passages ou boss demanderont même beaucoup de patience et d’obstination car si votre puissance apparaît comme hors norme, elle ne sera pas superflue pour sauver une nouvelle fois le monde de l’apocalypse.

Certes, le système de sauvegarde apparaît comme plus tolérant et permet une progression plus fluide dans l’aventure mais ce parcours du combattant n’est tout de même pas la partie de plaisir que certains avaient annoncée. En vérité, c’est le rythme du jeu qui a été sensiblement modifié... Auparavant, vous étiez sans cesse harcelé par vos ennemis qui ne vous laissaient absolument aucun répit. Rappelez-vous ces petits frissons d’horreur devant votre jauge de vie presque vide et pas un seul moment pour souffler... Désormais, vos assaillants surgissent par vagues ce qui vous laisse parfois le temps de récupérer et de laisser tranquillement remonter votre jauge jusqu’à un certain niveau (pas complètement, faut pas rêver).
Les gros gamers peuvent donc fourbir leur sabre et se préparer à une aventure de très haute tenue en compagnie de leur ninja préféré. D’autant que ce
Ninja Gaiden II pourrait très bien être le dernier, son géniteur Itagaki étant en froid avec
Tecmo, propriétaire de la licence. Une histoire de gros sous pas très digne du clan Hayabusa...