Les temps changent, c’est certain ! Durant des années, la licence japonaise
Pro Evolution Soccer a régné sur le football virtuel en se posant comme la référence en matière de simulation. Derrière, le
FIFA d’Electronic Arts traînait comme un boulet une réputation de soft orienté arcade et trop grand public. Ou le syndrome de l’éternel second… Seulement voilà, depuis deux ans,
PES stagne quelque peu et se repose sur ses acquis tandis que son concurrent direct met les bouchées doubles pour rattraper son retard. Plus âpre à l’entraînement, coachée par un entraîneur apparemment fin technicien, l’équipe de développement d’Electronic Arts est donc en passe de bousculer la hiérarchie pour s’imposer en véritable leader.
Pour beaucoup d’observateurs ayant arpenté les grands salons annuels comme l’E3 ou le Games Convention de Leipzig,
FIFA 09 s’annonce en effet comme un symbole, un passage de relais.
Real Madrid ou Nagoya Grampus ?
Il est clair qu’en termes de contenu et de licences officielles, la saga sportive d’EA a toujours proposé ce qui se faisait de mieux. Ce dernier opus ne déroge pas à la règle et le portefeuille bien garni du géant américain a encore fumé pour s’acheter tous les grands championnats, toutes les équipes, tous les maillots officiels (même les ligues les plus anecdotiques ne sont pas oubliées). En comparaison, l’absence du Real et du Barca chez le concurrent direct fait tout de même un peu tâche ! Il suffit de voir les jaquettes des différentes éditions pour se faire une idée de ce que peut s’offrir l’éditeur : Ribery, Rooney, Ronaldinho… Du très lourd.
Ce n’est donc pas sur ce terrain qu’était attendu ce nouvel opus mais plutôt sur l’évolution d’un gameplay qui s’est peu à peu affranchi de son complexe vis-à-vis de
PES pour proposer un compromis particulièrement convaincant entre l’arcade et la simulation pure. Plus de deux cents modifications étaient ainsi annoncées pour l’édition 2009. Impossible de véritablement vérifier la véracité de ce chiffre mais il est clair que les développeurs ont bossé comme des forcenés pour proposer un jeu encore plus technique, encore plus stratégique, en un mot un opus parfaitement abouti.

Dès le premier match, on se rend compte d’améliorations notables. La physique de la balle s’est par exemple encore améliorée pour devenir particulièrement réaliste. Nous sommes loin des ballons lestés au plomb des premières versions et il s’agit vraiment d’anticiper le rebond pour immédiatement se placer dans une position favorable et effectuer le contrôle orienté de "la muerte".
Puisque nous évoquons les petits gestes techniques, sachez qu’ils sont de mieux en mieux animés et relativement diversifiés. C’est toujours le stick droit qui est sollicité et ces gris-gris ne sont ni trop simples ni trop ardus à "sortir". A vous l’elastico, les multiples doubles contacts ou les passements de jambes dignes d’un "Il Fenomeno" (autrement dit Ronaldo avant sa surcharge pondérale). Dans le même ordre d’idée, les collisions entre joueurs sont désormais parfaitement restituées et l’on peut pratiquer "l’épaule contre épaule" comme en vrai sans se faire immédiatement sanctionner par une "biscotte".

Mais c’est surtout l’équilibre général des équipes qui a bénéficié d’un réglage au poil… Même si l’on peut déplorer la rugosité des défenses, il n’est plus possible de filer le ballon à la star de l’équipe et de se lancer dans un long raid de 80 mètres pour finir idéalement devant les cages adverses. Il s’agira vraiment de progresser en faisant circuler le ballon et en procédant aux bons appels pour déstabiliser l’adversaire. On peut toujours chipoter, mais gardons à l’esprit que l’idéal ne sera vraisemblablement jamais atteint.
FIFA 09 a le mérite de s’approcher très près de la perfection dans le domaine. Et puis, tout cela est diablement joli ce qui ne gâche rien. Faut vraiment bien regarder pour ne pas confondre une session de jeu avec une retransmission en direct ! Il n’y a vraiment que le faciès des joueurs en gros plan qui semble avoir été taillé à la serpe. Pour le reste, c’est au top !
Il va y avoir du sport !
Au niveau des modes de jeu, il est également difficile de faire plus complet. On retrouve par exemple le mode "Deviens un pro" cette fois étendu à quatre saisons et qui vous permet de veiller à la progression d’un jeune joueur que vous devez hisser vers les sommets. Mais la vraie cerise sur le gâteau, c’est la présence d’un mode en ligne "10 contre 10" où chacun est amené à gérer un seul joueur sur le terrain… Plus que le gardien et l’on pourra définitivement se passer du football version télé. Pas forcément un mal, surtout si l’on considère le niveau des Bleus depuis un moment…

Pour les vrais fondus, les pointilleux, les maniaques du réalisme qui voudraient coller au plus près à leurs championnats favoris, il est également possible de souscrire à des mises à jour hebdomadaires prenant en compte les véritables performances des équipes. A noter que l’achat du jeu ne permet l’adhésion gratuite qu’à une seule ligue. Si vous désirez acquérir les stats de l’ensemble des championnats européens, il faudra de nouveau mettre la main au portefeuille. On tranchera en disant que ce service parrainé par Adidas a au moins le mérite d’exister…
FIFA 09 s’impose donc comme un sommet du sport vidéoludique et prouve, une fois de plus, que la persévérance finit toujours par payer. Le ballon est désormais dans le camp de Konami qui semble vouloir attendre l’année prochaine pour proposer une véritable refonte de sa licence star. En attendant, Electronic Arts peut savourer l’instant présent. Et nous aussi…