Dans le petit monde des fraggers,
Crysis était un peu synonyme de :
"ça ne tournera jamais sur ma bécane mais dieu que c’est beau !!". En somme, un beau rêve en apparence inaccessible, le genre d’engin que l’on désire ardemment mais que l’on ne pourra jamais s’offrir. Dans un nouvel élan de générosité (ou de sadisme, c’est à voir), EA continue donc d’alimenter les fantasmes en sortant
Crysis Warhead, un spin off qui risque de faire saliver plus d’un dopé aux pixel shaders et autres bump mapping.
Histoire parallèle
Ce second volet se découvre dans la peau de Psycho, un agent rosbif amené à vivre une série d’événements parallèles à ceux de
Crysis premier du nom. Si celui-ci ne vous est pas inconnu, vous évoluerez donc dans un climat familier sur fond de combats "inter-nations" et de technologie extra-terrestre. Rien de très fouillé niveau histoire, il faut bien le reconnaître, mais ce n’est finalement pas si important. Ce qui compte avant tout, c’est que l’ambiance concoctée par les p’tits gars de Crytek soit du tonnerre. On n’en demande pas plus.

Car en matière de gameplay, c’est sans surprise que l’on retrouve une recette qui a déjà fait ses preuves : une IA de pointe, des armes à gogo et personnalisables, ainsi qu’un savant mélange entre exploration et baston. Le fort sentiment de liberté du premier opus, toujours servi par des environnements ouverts, est renforcé par des objectifs en pagaille à consommer dans l’ordre qu’il nous plaira. Et puis, évidemment, on retrouve notre "nanocombinaison" et ses capacités hors normes. Bien utile pour booster vitesse, force et résistance aux balles ou encore pour s’infiltrer "discretos" avec son bouclier de camouflage dernier cri.

Par rapport au premier opus, l’action connaît une montée en puissance telle que chaque seconde de jeu se révèle rapidement être une véritable épreuve pour les réflexes, les nerfs et le bon sens guerrier. Les adversaires, aussi pugnaces que malins, ont tôt fait d’installer le joueur dans une certaine ferveur, l'obligeant à jongler entre les différents flingues, à shooter plus à l’instinct que de manière réfléchie et à tenter d’exploiter au mieux la nanocombinaison.
Pour ne rien gâcher, le level-design privilégie une nouvelle fois les grands espaces, donnant toute liberté ou presque pour définir ses déplacements et ses stratégies d’attaque. Quant aux véhicules, nombreux et variés, ils constituent autant d’occasions supplémentaires, s’il en était besoin, de diversifier le gameplay.

Au-delà du mode solo, au souffle peut-être un peu court,
Crysis Warhead propose aussi un mode online des plus complets incluant des parties très classiques comme du "deathmatch" mais aussi des affrontements plus exotiques telle la "guerre de l’énergie" où il s’agit de capturer des usines extra-terrestres pour produire des armes évoluées. Les serveurs se portent bien, merci pour eux, avec une fréquentation plus que correcte.
Que dire pour conclure sinon que, malgré ses nombreuses qualités,
Crysis Warhead pêche tout de même un peu par une campagne solo trop courte et par le manque de véritables nouveautés au regard de son prédécesseur. Néanmoins, comment résister à ses charmes, à cette action nerveuse, à cette ambiance terrible et aux nombreuses festivités offertes en ligne ? Considérant de plus son prix relativement modique (30 euros), il n’y a plus qu’à dégainer.