Il est parfois des titres qui débarquent sans la grosse artillerie marketing et qui créent une belle surprise par un concept original et un savoir-faire de pointe.
De Blob fait partie de cette catégorie. On sent que les développeurs sont des amoureux du jeu pur, simple, essentiel.
Pâle comme un…
Le scénario, d’une naïveté parfaitement assumée, n’a clairement pas été inspiré par la complexité d’un roman de Philip K. Dick. Jugez plutôt ! Chroma était la ville la plus colorée de tout Radia (la planète sur laquelle vous opérez) avant l’arrivée du Camarade noir et de son entreprise (appelée ENKR, si si j’vous jure). Et voilà que ledit camarade décide d’aspirer toutes les couleurs du monde ! Ca, c’est pas cool…

Laissons de côté cet ersatz d’intrigue pour nous attarder plutôt sur le principe du jeu. Tous les quartiers de la ville ont donc perdu leur couleur qu’il va falloir restituer pour libérer leurs habitants, les Radians. Par quel moyen ? Avec un Blob bien sûr ! C’est une créature très spéciale, sphérique, qui est capable d’ingérer de la peinture et de la projeter sur son environnement.
C’est pas un pinceau c’est une boule
Vous incarnez donc ce "De Blob" que vous devrez alimenter en explosant des pots de peinture sur pattes qui se baladent dans les rues. Surtout, ne cherchez pas à comprendre ! Vous emmagasinez ainsi les précieux pigments. Le Blob se dirige assez simplement avec le Nunchuk alors que la Wiimote vous servira à le faire sauter. Mais il peut également rouler sur les murs, rebondir contre ceux-ci ou encore utiliser des espèces de canons pour atteindre des lieux inaccessibles.

Le jeu se décompose en différents quartiers à visiter et à recolorer en un temps limité. De nombreux défis, très variés, vous attendent dans chacune de ces zones. Ici, vous devrez repeindre toute une avenue dans une ou plusieurs couleurs données ; là, il vous faudra éliminer les sbires de l’entreprise ENKR et libérer le plus possible de radians. Evidemment, pour corser le tout, ces défis devront se faire dans un laps de temps imposé qui vous semblera souvent bien trop court.
En effet, les employés de ENKR Corp. ne manqueront pas d’essayer de vous faire perdre la boule en vous balançant une encre noire particulièrement nocive ou en disposant sur votre route toute une série d’obstacles improbables comme des plaques chauffantes, des décharges électriques ou d’autres joyeusetés du même genre.
Funky Ball
Au niveau des sensations, il faut bien avouer que le jeu fait mouche. On prend son panard pour plusieurs raisons. La première c’est le sain plaisir de redonner de la couleur à toutes ces rues bien blafardes : en cette période de morosité, le jeu pourrait presque être remboursé par la Sécu. Ensuite, les défis, d’abord simplistes, se révèlent de plus en plus corsés et proposent un challenge plutôt bienvenu. Enfin, la musique est une déflagration rythmique. A mi-chemin entre le jazz et le funk, elle aurait tout à fait sa place dans la bande-son de
Starsky et Hutch.

Dernière qualité à souligner, le jeu laisse une très grande liberté. Il est à déguster à la carte. Soit vous foncez au travers des niveaux comme une balle, soit vous vous échinez à fignoler chaque pan de la ville. Du simple gribouillage au Boticelli… A vous de choisir en sachant que votre prestation sera notée en fonction du taux de recoloration, du nombre d’arbres rendus à la vie, de défis relevés ou de radians libérés…
Même si
De Blob est un peu répétitif, c’est une véritable bulle d’oxygène dans la production vidéoludique actuelle. La réalisation est sans failles et les très bonnes idées sont légion, que ce soit au niveau du gameplay ou de l’interface de jeu. Une belle friandise à déguster pour se redonner le moral.