Objets d’un récent regain d’intérêt alimenté par
MotorStorm (principal fer de lance lors du lancement de la PS3) puis par
Pure, les jeux de course hors-pistes accueillent un nouveau représentant avec
Baja : Edge Of Control. Sa particularité ? A partir d’un terrain de jeu authentique (les terres désertiques du sud-ouest californien et de la péninsule de Baja au Mexique), les développeurs de
2XL Games ont façonné plusieurs centaines de kilomètres de circuits à dévaler dans le cadre de courses diverses et variées et au volant de nombreux bolides tout-terrains.
Qui dit exhaustif…
Sur le papier, tout était réuni pour que
Baja s’impose dans le registre "off-road" avec plus de 160 véhicules à piloter, une bonne dose de paramétrages, de customisation et de tuning, sans oublier des modes de course intelligemment diversifiés. Du simple circuit à compléter en trois tours aux courses "Baja" longues de trois heures, en passant par les rallyes (des courses par étapes), les courses de côte et une section multijoueurs riche d’un mode online et de modes locaux (en splitté et réseau), les amateurs de buggys et autres 4x4 avides de surfaces exotiques avaient amplement de quoi satisfaire leurs besoins de grands espaces. Qui plus est, l’indispensable mode "Carrière" n’a pas été négligé non plus avec 95 courses, une évolution progressive et une organisation réfléchie des différentes catégories de véhicules tout-terrains (un peu à la manière d’un
Forza).
Pendant les épreuves, quelques détails nous invitaient par ailleurs à envisager l’expérience "Baja" avec optimisme comme l’intégration de la casse mécanique, des stands et de l’assistance par hélicoptère de course. Même la gestion des sponsors faisait preuve d’une logique bienvenue avec une rétribution conditionnée par l’état du véhicule à l’arrivée (en clair, que la surface de carrosserie sur laquelle figure leur beau logo demeure intacte). Comme on le voit, beaucoup de bonnes idées. Mais dans ces conditions, qu’est ce qui a bien pu clocher ?
…ne dit pas forcément ultime.
Derrière l’opulence de son contenu, le soft montre très vite de gros signes de faiblesse sur le plan oh combien important de la jouabilité. La conduite déconcerte dans un premier temps par la nécessité de ramener sans cesse le volant après chaque virage. Mais même une fois cette curieuse particularité assimilée, nous ne sommes pas complètement tirés d’affaire en raison de trajectoires flottantes et surtout d’une désagréable impression que notre véhicule n’entre jamais véritablement en contact avec la piste. Ni vraiment réalistes ni vraiment funs, les sensations de conduite se heurtent de plus à des collisions un brin aléatoires, aussi bien avec les véhicules contrôlés par l’IA qu’avec les divers obstacles de notre environnement. En fait, c’est un peu tout ou rien : certains "déchets" du décor n’affecteront pas du tout notre trajectoire, tandis que des chocs frontaux à petite vitesse pourront nous envoyer les quatre pneus en l’air. Pour le moins agaçant ! Et en dépit d’une restitution correcte de l’effet de vitesse, il faut bien reconnaître que
Baja accumule moins souvent les motifs de réjouissances que ceux de frustration.

Privés de notre lot de sensations sur quatre roues, nous nous serions volontiers rattrapés sur les deux roues si celles-ci n’étaient pas purement et simplement absentes du soft, finissant de reléguer
Baja loin derrière les trépidants
Pure et
MotorStorm. Reste des graphismes assez séduisants avec leurs grandes étendues désertiques et une réalisation somme toute de bon niveau (encore que le jeu ne soit pas complètement exempt de plantages obligeant à rebooter la console).
A force de trop soigner l’accessoire (le soft est jouable en panoramique avec trois téléviseurs, autant de consoles et d’exemplaires du jeu),
2XL Games semble avoir oublié l’essentiel en chemin.
Baja : Edge Of Control n’est pas le premier jeu de caisses à débouler sur Xbox 360, ni le premier à jouer la carte du hors-piste, or ses prédécesseurs, eux, n’ont pas oublié d’ingurgiter une bonne gorgée de cet élément primordial qui fait cruellement défaut au soft de THQ : le sex-appeal.