Un vrai Doom 3 !
Il n’y a visiblement pas que dans l’univers du rock que la nostalgie et le retour aux sources se font remarquer. Pour preuve, ce
Serious Sam colmate parfaitement l’interstice laissé entre
Doom, second du nom (à cause de la tronçonneuse) et
Duke Nukem (pour son héros galvanisé aux expressions de red-neck - du type "
your head, your ass, what’s the difference ?").

Ce choix qui consiste à se foutre royalement des dernières années d’évolution technologique (en matière de graphisme), apparaît tout d’abord comme un élément répulsif. Il faut bien l’admettre : les graphismes sont laids, voire très laids. Les couleurs sont criardes, les polices qui indiquent le score, les combos et les dialogues sont des plus ridicules et enfin, les effets visuels relèvent de la bouillie pour nouveau né. Mais, malgré tout, on arrive à s’éclater comme au bon vieux temps de
Doom, sans avoir à solliciter une once de stratégie ou se soucier du bon goût. On évolue effectivement à toute vitesse dans d’immenses espaces surpeuplés de créatures, plus improbables les unes que les autres, et on les éradique, par centaines, puis par milliers ! Contrairement à
Teenage Mutant Ninja Turtles testé récemment, le déboulement d’adversaires en grosse quantité ne lasse pas, bien au contraire. Il permet de passer maître en l’art de la boucherie.

Tout un arsenal à faire pâlir Rambo (fusil à pompe, uzi, minigun, lance-roquette, lance-grenade, lance-flammes, chaudron à bombe etc.) est généreusement dispatché tout au long de la route, de même que des caisses d’énergie qui permettront à la carcasse du héros de résister à des tirs de chars et de lance roquette. Mourir n’est à ce propos pas un problème puisque les continus sont infinis. Enfin, si vos bottes sont usées à force de courir avec votre tronçonneuse après un bipède tout droit issu de
La guerre des étoiles, il vous sera toujours possible de prendre les commandes d'une jeep améliorée ou d'un sous-marin atomique de poche.
Carnage organisé
Bien que suffisamment jouissif en solo pour occuper durant une bonne vingtaine d’heures, tout l’intérêt du jeu réside dans ses modes multijoueurs. En
coopératif, à deux, trois, ou quatre, vous jouerez exactement la même aventure qu’en solo, à la différence prêt que les parties de rigolades seront bien plus nombreuses. En
mode adversaire, on retrouve les classiques offerts sur une majorité de jeux PC, à savoir :
Capture the flag (attraper un drapeau dans le camp adverse, et le rapporter à sa base),
Deathmatch (le premier étripé a perdu) et
Bombe Mistigri (une bombe dont le décompte est de 60 secondes est greffée sur le joueur, le seul moyen de la refiler est de descendre un autre joueur).
Vendu à 30 euros,
Serious Sam s’impose donc de par lui-même dans notre ludothèque
GameCube grâce à son extrême fluidité (même lorsque 50 "streums" se jettent à vos trousses) et le plaisir morbide que l’on prend à massacrer son prochain…