Impossible de présenter
Animal Crossing sans évoquer l’incroyable voyage qui lui a permis d’atteindre le vieux continent. Alors que le soft sort au Japon en 2001 sur
N64 sous le nom d’
Animal Forest, puis sur GameCube aux Etats-Unis avec quelques petits bonus, ce n’est que trois ans plus tard que l’Europe peut enfin s’immerger dans ce jeu unique en son genre.
Pas de planète à sauver ni de princesse à libérer. Le joueur débarque dans le petit monde d’
Animal Crossing moyennant quelques informations de bases, une poignée de paramètres qui concernent l’avatar du joueur : le nom, le sexe, l’heure…
L’heure !?
Animal Crossing en a besoin pour se mettre en phase avec l’horloge interne de la console. Elle lui permet de gérer une alternance jour/nuit ainsi que la succession des saisons, mais pas uniquement. Un des gros points forts du jeu (et la première surprise qu’il nous réserve), c’est que le petit monde dans lequel le personnage évolue continue à vivre même lorsque la console est éteinte. Ainsi, en rallumant le Cube, il n’est pas rare de découvrir de nouveaux courriers dans sa boîte aux lettres ou de constater que des événements ont eu lieu depuis la dernière partie. Et ce n’est même pas la peine de trafiquer l’horloge interne de la console pour tricher,
Animal Crossing s’en rend compte et vous rappelle aussitôt à l’ordre.

A votre arrivée dans le petit village d’
Animal Crossing, il convient de saluer tous les habitants puis de chercher un endroit où dormir. Sans le sou, il faudra d’abord contracter un prêt auprès de
Tom Nook, l’épicier. Il s’agira ensuite de le rembourser en effectuant de menues tâches, souvent prétextes à se familiariser avec ce nouvel univers.
Mais ce n’est qu’après quelques heures de jeu qu’il devient véritablement possible d’appréhender
Animal Crossing. En effet, passé le remboursement du prêt à l’épicier, vous n’avez plus de but défini. Vous pourrez alors déambuler dans le village, planter des arbres, sympathiser avec les voisins, leur rendre des services, etc. La liste des possibilités est à n’en plus finir. Il y a d’ailleurs tellement de choses à faire qu’il devient impossible d’en faire le tour. Certaines actions se révèlent plus intéressantes que d’autres. Il est par exemple possible de partir à la recherche d’anciens jeux NES, auxquels on pourra réellement jouer !
Le village, pour sa part, est généré aléatoirement, de telle manière qu’on se retrouve, à chaque nouvelle partie, immergé dans un monde totalement différent où tout reste à découvrir. De quoi assurer à
Animal Crossing une durée de vie quasi-infinie.

On en arrive à l’autre point fort d’
Animal Crossing : l’immersion dans un univers alternatif. Des rendez-vous sont donnés à heures fixes, et tant pis pour vous si vous ne pouvez y assister. Très vite, il devient impossible de rater les fêtes sur la place du village et un sentiment de culpabilité vous envahit si d’aventure vous oubliez d’honorer un de vos engagements. Ce petit monde est d’autant plus vivant que sur une seule
Memory Card jusqu'à 4 joueurs différents peuvent évoluer dans une même ville. Imaginez-vous en train de discuter de ce petit univers avec votre grand frère qui habite juste a côté de chez vous, et a qui vous pouvez laisser des lettres avant de partir. Très vite, on se prend au jeu, et s’installe une rivalité à cause d’objets récupérés ou de personnes avec qui votre avatar s’entend mieux que vos amis. On a véritablement l’impression d’appartenir à une communauté. On n’est donc pas tout seul dans
Animal Crossing et le plaisir de jeu est même décuplé grâce à la profondeur de jeu d’une aventure à plusieurs.

Le concept d'
Animal Crossing est unique en son genre, bien que s’approchant dans une certaine mesure du système des
Sims. Cependant, il ne faut pas oublier que le jeu date de la génération des consoles précédentes, et il convient de se pencher sur l’aspect technique du soft. Visuellement, c’est très dépouillé et les textures sont grossières. Bref, ce n’est pas très beau à voir. Les personnages sont tout justes constitués d’une poignée de polygones. Mais étrangement, ils dégagent ce petit quelque chose d’attachant, en partie grâce à leur apparence simpliste. Lors du passage du soft sur
GameCube, quelques effets ont été implémentés tels les reflets dans l’eau, mais rien qui parvienne vraiment à effacer l’impression de jouer à un jeu d’antan. Les thèmes musicaux sont eux aussi basiques bien que tout à fait convenables. Un travail de localisation a été effectué sur l’intégralité des dialogues qui ont été passés à la moulinette du synthétiseur. Ils nous sont restitués en une bouillie étrange pouvant devenir très vite énervante. En terme de gameplay, le jeu tire néanmoins parti des possibilités de connexion avec le
GameBoy Advance puisqu’il est dorénavant possible d’accéder à une île bonus par l’intermédiaire de la petite portable. Ainsi, malgré quelques retouches,
Animal Crossing accuse son âge techniquement. Ce n’est heureusement pas là que réside son intérêt.

C’est par son expérience de jeu unique qu’
Animal Crossing se différencie radicalement des autres productions. On finit par se plaire à vivre sa petite vie dans son village et à participer à toutes les activités de la vie quotidienne. Cependant, il convient de signaler que le jeu ne plaira pas à tout le monde. Il n’y a pas de demi-mesure dans
Animal Crossing. Soit on accroche au concept et on aime à ne plus vouloir en sortir, soit l’absence de véritable but fait se détourner purement et simplement du soft. Choisissez votre camp !