Pikmin, premier du nom, faisait partie de ces quelques jeux disponibles en Europe au lancement du
Cube. En raison d'un graphisme enfantin et de visuels plutôt sommaires, le soft s’est d'abord vu préférer des titres qui semblaient davantage tirer parti des capacités de la nouvelle console (comme
Rogue Leader). Qui aurait pu prédire que, deux ans plus tard, les
Pikmin auraient non seulement su nous charmer mais surtout s’inscrire parmi les valeurs sûres du catalogue
Nintendo au point de faire leurs premières apparitions dans des titres à l’effigie du plombier comme
Mario Golf Toadstool Tour ?
Pikmin 2 reprend l’aventure du spationaute
Olimar exactement là où elle s’était arrêtée avec le premier épisode.
Grâce au concours des Pikmin (espèces de carottes sur pattes surmontées de végétaux), Olimar est enfin parvenu à reconstruire son vaisseau (le Dolphin) et à rentrer sur sa planète. De retour chez lui, Olimar apprend une bien triste nouvelle de la bouche de son employeur. Son entreprise "Hocotate Fret" est ruinée et son président a du contracter un emprunt titanesque pour survivre. Le seul moyen pour qu’Hocotate puisse rembourser sa dette est qu’Olimar retourne sur la planète des Pikmin, en quête des nombreux trésors qu’elle renferme : boîtes de conserves, piles, chaussures et autres rubans adhésifs qui sont tous d’une valeur inestimable dans le petit monde mercantile d’Olimar. Le capitaine reprend donc du service, mais cette fois-ci, il ne sera pas seul puisque Louie, un autre employé d’Hocotate, l’accompagnera dans sa lourde mission.

Le président d’Hocotate Fret, c'est pour cette face de féculent que d'adorables Pikmin vont se faire massacrer par dizaines
A l’image du mode de raisonnement des
Pikmin, les grands principes de jeu sur lesquels repose un épisode
Pikmin sont immuables. Ainsi, le gameplay repose toujours sur un mélange d’action et de réflexion, auquel s’ajoute une légère touche de gestion. Cette dernière se matérialise par un approvisionnement régulier en nutriments de vos bases
Pikmin, éléments qui permettront à vos petits amis de se reproduire.
Pour la réflexion, des énigmes sollicitant tour à tour les différentes capacités des
Pikmin se chargent de stimuler votre esprit logique. Tandis que votre fibre bagarreuse trouvera à s’exprimer lorsque vous lancerez vos troupes de
Pikmin sur les prédateurs de tout poil qui sévissent sur la curieuse planète.
Votre objectif : réunir l’équivalent de 10.000
kopos (monnaie en cours sur la planète de
Louie et d’
Olimar) pour sauver votre entreprise. Cette fois-ci, les
Pikmin n'aideront pas
Olimar afin qu’il puisse rentrer chez lui, mais pour que les finances de son patron se portent mieux... La morale de la nouvelle aventure est à la mesure de ces quelques objets récupérés qui font la publicité de célèbres fabricants de piles et de soda.

Les trésors à l'effigie de marques connues sont curieusement les premiers trouvés par les Pikmin
Pour les kids ?
L’aventure
Pikmin 2 est d’abord très déconcertante. Non seulement, le gameplay et l’univers graphique reprennent point à point tous les éléments du premier opus, mais surtout, le niveau de difficulté semble avoir été très largement redéfini à la baisse. Ainsi les premiers trésors tombent tout cuit dans votre escarcelle sans que vous vous soyez donné la peine de les chercher. Davantage que le premier opus,
Pikmin 2 paraît alors avoir été calibré pour les plus jeunes, d’autant qu’en début de partie les conseils de jeu sont délivrés avec la cadence d’un
AK47. D’autre part, le nombre limité de jours pour remplir sa mission, qui générait un peu de stress dans le premier épisode, a disparu et vous avez désormais tout votre temps pour récupérer les trésors.
Et effectivement, débarrassées de toute pression, nos têtes blondes pourront le plus simplement du monde partir à la découverte du nouvel univers, assommer quelques ennemis et faire se reproduire les
Pikmin.
Trop facile ?
Les joueurs expérimentés compteront une à deux heures de jeu avant que la maîtrise des développeurs de
Nintendo éclate et que leur engouement pour
Pikmin se réveille enfin. La facilité du départ cède bientôt à un niveau de difficulté bien plus corsé que dans le premier épisode. Celui-ci repose sur un nouvel aspect de
Pikmin 2 : l’aventure ne se déroule plus seulement en surface mais dans des grottes (des avens pour être plus précis). Ces avens, qui abritent les énigmes les plus délicates et les ennemis les plus terrifiants, ne vous permettent pas de faire reproduire vos
Pikmin. Vous ressortirez donc de ces endroits forcément moins nombreux que lorsque vous y êtes entrés. Proposant cette fois-ci un challenge irréalisable pour les plus jeunes, les avens introduisent la plupart des nouveaux éléments du soft : deux nouvelles races de
Pikmin, de nouveaux types de dangers (notamment des pièges dont l’esprit vicieux était complètement absent du premier épisode) et des précipices, histoire de varier les possibilités de mort affreuse de vos fidèles petits amis.

On ne rentrera pas plus dans le détail des nouvelles capacités de vos Pikmin, ni dans les subtilités des pièges et ennemis qu’ils rencontreront puisque ce sont ces éléments qui parviennent à renouveler notre intérêt pour un jeu en apparence peu novateur par rapport à son prédécesseur. On notera simplement qu’un système de baies à collecter et de spray, à utiliser sur vos
Pikmin et sur leurs ennemis, a fait son apparition et ajoute une petite touche de sang frais à
Pikmin 2.
Intérêt renouvelé en multi
Principal point faible du premier épisode, la durée de vie de
Pikmin 2 a été revue à la hausse avec 15 heures de jeu pour finir l’aventure avec succès et 20 heures pour en réaliser un tour exhaustif.
Mais c’est surtout avec son mode multi que
Pikmin 2 gagne un second souffle. En écran splitté, sur tout un panel de mini-cartes plus ou moins piégeuses, deux joueurs peuvent rivaliser de choix tactiques et se livrer à des affrontements
"pikminicides" afin de collecter les items qui leur garantiront la victoire. Peu originaux sur le principe, les mini-challenges du
mode Duel parviennent tout de même à provoquer de nouvelles euphories notamment en introduisant quelques éléments supplémentaires par rapport au challenge solo comme un système de roulette qui permet d’imputer des malus à son adversaire.
Et Louie dans tout ça ?
On a presque failli l’oublier, mais dans
Pikmin 2, Olimar (c’est à dire vous) est accompagné de son fidèle assistant
Louie. En principe, l'introduction d'un second donneur d’ordre (capable de partir avec son propre groupe de
Pikmin) aurait dû enrichir le gameplay avec de nouvelles et nombreuses possibilités d'actions… Mais c'est raté ! Et c’est ce petit écueil qui empêche
Pikmin 2 d’atteindre la note maximale.
Louie n’apporte pas grand-chose à l’aventure et reflète plutôt les limites de
Pikmin 2 par rapport à ce qui était l’objectif de
Nintendo avec ce second épisode, autrement dit que
Pikmin soit jouable en coopératif.
Pikmin 2 ne se joue toujours qu’à un seul joueur. Et s’il est toutefois possible de passer rapidement d’un capitaine à l’autre, et donc de donner des ordres différents à plusieurs groupes de
Pikmin, les deux capitaines ne peuvent pas être actifs en même temps. Dans les faits, on abandonne vite l’idée de gérer plusieurs groupes, et dès lors,
Louie ne sert plus qu’à remplacer
Olimar lorsque la combinaison spatiale de ce dernier est endommagée.

Il est pourtant palpable que
Nintendo n’était pas loin de réussir son pari. Mais en attendant une véritable expérience coopérative en écran splitté, on aurait tout de même apprécié que deux joueurs puissent se joindre à l’aventure, ne serait-ce que par l’intermédiaire d’une option qui permette à chacun des deux capitaines d’être contrôlés par une manette différente (un joueur relayant l’autre).
A défaut de nous surprendre,
Pikmin 2 nous propose donc une nouvelle aventure captivante, galvanisée par les pétarades de couleurs et les hurlements des petites bêtes à fleur. Davantage qu’un add-on, mais pas véritablement une suite, ce second opus ravira tous les adeptes du premier épisode et satisfera les petits et grands joueurs en quête d’une expérience attachante, stimulante et moins crétinisante que celle proposée par les
Pokémon.