Le moins que l’on puisse dire est que
Donkey Konga a pris son temps pour débouler dans nos contrées ! Le premier soft musical de
Nintendo pour sa
128 bits était effectivement attendu avec impatience par tous les possesseurs du
Cube qui reluquaient avec jalousie les multiples titres développés sur
PS2. Rangez vos paddle car l’accessoire tant désiré est enfin disponible depuis le 15 octobre !
Dès l’ouverture de la boîte, on se précipite sur les congas pour en vérifier la qualité. Celle-ci est tout à fait convenable. Evidemment, à ce prix, ça reste du plastique mais le tout dégage une relative impression de solidité. Méfiance tout de même à l’usage, et gros bourrins s’abstenir… En revanche, pour ceux qui bloqueront les congas entre leurs genoux, aucune surface antidérapante n’est prévue et l’instrument a donc tendance à glisser. A chacun de trouver la position la plus confortable et c’est parti !

Rappelons que
Donkey Konga est un jeu musical au concept déjà ancien et éprouvé puisque des softs comme
Samba de amigo sur
Dreamcast ou
Taiko no Tetsujin sur
PS2 fonctionnent en gros de la même manière. Il s’agit de synchroniser vos frappes avec une "partition" défilant sous vos yeux, les notes traditionnelles étant remplacées par des pastilles de couleur qui vous indiquent sur quel conga frapper (jaune pour le gauche, rouge pour celui de droite, violet pour une frappe simultanée). Ce système d’une absolue simplicité requiert malgré tout pas mal de qualités : un certain sens du rythme, une bonne synchronisation et des réflexes lorsque le défilement de la partition s’accélère dangereusement…
La petite idée de génie de
Nintendo est d’avoir placé également un mini micro sur les congas. Ainsi, vous devrez, en plus de votre accessoire flambant neuf, vous servir de vos vieilles minimes pour quelques claps tout en rythme. L’intérêt est également de pouvoir faire ainsi participer "Votre public" (car vous êtes une star, vous le savez bien…). Chacun pourra donc prêter main forte pour alléger le travail du percussionniste. Avec la saga des
Mario Party ou la connectivité
GBA, on savait déjà à quel point l’aspect multijoueurs est important pour
Nintendo. L’éditeur nippon continue dans cette voie en désirant faire de
Donkey Konga un jeu résolument convivial où l’assistance pourra à tout moment participer et non pas bêtement attendre son tour.

Evidemment, la meilleure solution est d’avoir plusieurs paires de congas à sa disposition (l’accessoire est vendu séparément pour une quarantaine d’euros…). Comme souvent, le soft prend alors une autre ampleur et le fun se voit évidemment décuplé. C’est également le moyen de profiter d’un
mode "duel" des plus addictifs. Chaque concurrent devra en effet veiller à sa performance mais également claper au bon moment pour saisir des items et handicaper ses adversaires… Très rapidement, le vacarme est assourdissant, mais l’objectif est parfaitement atteint : on s’amuse comme des petits fous !
Qui dit jeu musical dit
playlist… Celle-ci a été modifiée pour le marché occidental. En effet, la version nippone proposait pas mal de titres très populaires au pays du Soleil Levant mais totalement inconnus pour le joueur lambda européen.
Donkey Konga propose donc une trentaine de morceaux appartenant à des genres très variés. Du rock’n roll pur et dur (
Louie Louie), de la variétoche ringarde (
99 Lufballons) ou plus récente, de la soul (
I Want you back des
Jacksons 5), du classique et évidemment quelques morceaux d’inspiration latine… On retrouve également quelques variations exploitant les licences de l’éditeur : vous pourrez ainsi vous défouler sur le thème de
Zelda ou celui de
Mario Sunshine. Le client est par définition insatiable et l’on en voudrait évidemment encore plus mais au total, il y a quand même de quoi faire… D’autant que les trois niveaux de difficulté vous obligent à revenir sur chacun des titres. Les notes se multiplient et les partitions deviennent de plus en plus complexes : le challenge est donc réel et s’il est très aisé de faire le tour des morceaux dans le mode le plus facile, il faudra de nombreuses heures pour ne pas massacrer l’ensemble du répertoire en mode
"expert".

Mais on peut légitimement se demander ce qui vous poussera à faire preuve d’autant de persévérance… Certes, plus votre interprétation sera convaincante, plus vous gagnerez de pièces qui vous permettront de débloquer quelques extras. Mais ceux-ci n’ont rien de bien motivants. En premier lieu, on trouve trois mini-jeux à l’intérêt plus que discutable et à la finition indigente. Dommage qu’ils ne présentent pas le même niveau de qualité que ceux de la série
Monkey Ball. Il sera très difficile d’accorder plus de quelques minutes à ces "bricoles"…
Enfin, vous pourrez acquérir de nouveaux sons pour vos congas... On peut vraiment s’interroger sur l’intérêt de jouer avec des sons à la
Space Invaders ou des bruits de klaxon. D’ailleurs, je m’interroge toujours… Franchement,
Namco n’a pas fourni beaucoup d’effort pour récompenser les joueurs les plus aguerris : des morceaux inédits auraient été nettement plus appréciés.

Défoulant et amusant,
Donkey Konga affiche les mêmes vices et les mêmes vertus que n’importe quel jeu musical. Accessoire de premier choix pour animer une soirée entre amis, le jeu lassera rapidement en solitaire. Heureusement, un second opus avec de nouveaux morceaux devrait logiquement sortir dans les prochains mois ainsi que le très prometteur
Jungle Beat qui inaugurera un nouveau genre de gameplay : le jeu de plates-formes musical !