On sait parfaitement qu’un des propos récurrents de
Nintendo depuis l’arrivée en trombe de
Sony sur le marché réside dans la volonté d’être diffèrent et de proposer de nouvelles approches du jeu.
Shigeru Myamoto, papa de
Mario et grand mentor de la firme nippone, a largement disserté sur le sujet : pourquoi donc faire des softs toujours plus beaux mais de moins en moins novateurs ?
Donkey Kong Jungle Beat s’inscrit totalement dans cette philosophie en proposant un gameplay résolument hybride et qui permettra aux possesseurs des fameux congas de dépoussiérer leur accessoire.
En effet, les développeurs de
Big "N" nous ont concocté un jeu totalement déjanté qui se propose de renouveler le genre de la plate-forme. Il s’agira donc de diriger le célèbre gorille dans des niveaux ultra colorés et vaguement désuets dont
Nintendo a le secret et de lui faire ingurgiter un maximum de bananes. Super original, non ? Voire même un peu crétin… Il est certain que dit comme cela, le tableau n’est guère alléchant. En fait, tout l’intérêt du jeu réside dans l’utilisation des congas en guise de paddle. Cette simple idée suffit à faire de
Jungle Beat un soft à part, déroutant et au final assez enthousiasmant.

On pouvait redouter d’éventuels problèmes de maniabilité : nos craintes sont dissipées au bout de quelques minutes. Une frappe à droite ou à gauche selon la direction désirée, une frappe simultanée pour le saut et le
"clapping" pour terrasser vos ennemis. Rien à redire :
Donkey réagit au doigt et à l’œil ou plutôt à la force du poignet tant l’enchaînement des sauts et des combos s’assimilent très rapidement à une séance sportive. On sue en trépignant sur sa chaise : heureusement que les niveaux ne sont pas trop longs car dans le cas contraire, le jeu aurait pu être interdit aux déficients cardiaques…

Parlons de ces niveaux justement ! Vous devrez visiter plusieurs royaumes répondant aux délicieux noms de
"pastèque", "fraise" ou
"orange" (il n’y a que
Nintendo pour oser un délire pareil…) décomposés à chaque fois en trois mini stages, le dernier correspondant au boss final… Ces niveaux débordent d’inventivité en multipliant les petites trouvailles. Ainsi, les gameplay sont assez diversifiés et vous pourrez de temps à autre vous accrocher au plumage d’un oiseau de feu, faire du parachute ou encore chevaucher un yak des neiges. Les environnements vous feront également voir du pays et vous passerez allègrement d’une jungle tropicale à des fonds sous-marins enchanteurs.

Les boss sont bien sympathiques et vous permettront de vous défouler en martelant comme un malade votre instrument... On peut cependant regretter que les tactiques à employer pour les terrasser soient assez similaires. Il faudra la plupart du temps éviter les projectiles tels que boulets de canon et autres boules de feu, et se débrouiller pour les retourner contre vos ennemis. Une fois vulnérables, les éléphants robotisés ou les sangliers électriques s’inclineront devant une pluie de baffes que ne renierait pas
Obélix…
Evidemment, l’ensemble est un peu répétitif à la longue et l’on peut légitimement éprouver une certaine lassitude au énième affrontement. Pourtant, le charme opère bel et bien en raison d’un rythme très très soutenu et d’une ambiance à la fois fraîche et dynamique. Les niveaux s’enchaînent à toute vitesse et on ne note que peu de place pour les temps morts : un vrai bol de vitamine en ces temps de grisaille hivernale !
Donkey Kong Jungle Beat est donc un titre très plaisant et suffisamment original pour s’extirper du lot des parutions, à la condition sine qua non d’appartenir au "cœur de cible" de l’éditeur nippon. En revanche, on peut déplorer une durée de vie ridiculement courte. En quelques heures, vous aurez fait le tour de la question. On peut évidemment refaire les niveaux afin d’obtenir toutes les médailles d’or, mais ça ne pèse tout de même pas bien lourd… Il est aussi un peu bête de ne pas se voir proposé un mode deux joueurs, si limité soit-il. Et puis un ou deux petits jeux musicaux pour se rappeler que les congas servent avant tout à ça…
Mais ces réserves ne doivent pas nous faire oublier que
Nintendo nous a encore sorti de ces labos un jeu comme il en a le secret, atypique, tonique et délicieusement "naïf". Les plus heureux seront sans doute les possesseurs de congas qui peuvent vraiment considérer avoir fait un bon investissement. D’autant que de nouveaux opus de
Donkey Konga devraient très prochainement animer leurs soirées entre amis.