Promis avant même l’arrivée de la
GameCube dans nos contrées,
Resident Evil 4 débarque finalement dans quelques petits jours dans les bacs. Renouveau annoncé d’une série entamée sur
PlayStation première du nom, ce quatrième opus pouvait laisser craindre le pire, mais disons-le tout net :
Resident Evil 4 transcende le genre du
Survival Horror et renvoie à l’hospice tout ce qui a été réalisé avant lui.
Suite au désastre de la propagation du Virus-T dans la ville de Racoon City, le gouvernement américain se décide enfin à s’en prendre à Umbrella, le conglomérat à l’origine de la catastrophe. Très vite les titres de l’entreprise chutent en bourse et quelques mois plus tard c’est le démantèlement total. Six ans plus tard, Léon S. Kennedy, qui était à Racoon lors de l’épidémie et qui a intégré les services secrets, reçoit pour mission de retrouver la fille du président. Cette dernière est retenue en otage aux confins de l’Europe. Il doit la ramener en lieux sûrs...

Exit donc les multinationales maléfiques et les zombis, et bonjour la cambrousse ! Dès les premières minutes, on comprend que l’on a affaire à une situation totalement différente de celles déjà vécues. La caméra placée au dessus de l’épaule de
Léon nous dévoile une vue 3D à 180 degrés, rompant ainsi avec les sacro-saints décors en 2D dans lesquels on avait pris l’habitude d’évoluer. Et quel spectacle ! Jamais un sous-bois malfamé n’avait paru aussi crédible. Des branches des arbres aux feuilles qui jonchent le sol, on reste pantois devant les capacités du moteur graphique qui affiche un rendu encore inégalé sur console de salon. Ce sentiment se trouve renforcé au fur et à mesure que s’égrènent les minutes de jeu.
Léon est modélisé à la perfection et se permet même de frimer avec sa veste qui vole au vent à chaque mouvement - histoire aussi de nous montrer ce que le soft à dans le ventre… Mais le meilleur est encore à venir puisque cette minutie apportée aux modèles 3D se retrouve autant chez les protagonistes de l’histoire que chez les ennemis.

En terme de jouabilité,
Resident Evil 4 adopte le parti du changement dans la continuité. Les commandes de base sont toujours les mêmes, de sorte que le fan de la première heure retrouve vite ses repères. Cependant, un peu de piment vient corser les débats, car désormais il s’agit de viser soi-même à l’aide d’un pointeur laser présent en série sur les différentes armes. Le détail peut sembler anecdotique mais à tort, il change radicalement notre façon d’appréhender les ennemis. Ainsi, on peut par exemple loger une balle dans la jambe d’un villageois un peu trop entreprenant afin de le faire chuter, ce qui permet toujours de gagner un peu de temps. Ensuite, si le système de visée facilite évidemment les head-shots, on se rendra compte par la suite qu’il peut aussi se révéler d’une utilité douteuse,
mais chuuut !!!...
Au-delà de ces considérations purement guerrières, la principale innovation de ce quatrième volet concerne l’interaction avec l’environnement. En effet, les zones de jeu recèlent de nombreux éléments à partir desquels il est possible d’effectuer une action par simple pression du bouton
"A". On pourra donc, dans le désordre, se jeter à travers une fenêtre, faire chuter une échelle pour se mettre à l’abri, sauter une barrière, ou bien même calmer un ennemi d’un coup de tatane dans la face. Le résultat immédiat de ces interactions se traduit par la dissipation de cette sensation de rigidité qui caractérisait les précédents opus.
Léon bouge bien et vite, un vrai bonheur !

Et la vivacité de
Léon ne sera pas du luxe car cette fois-ci les ennemis sont légions : villageois dérangés et créatures à l’ADN pas très net ne forment qu’un échantillon de la faune locale. Sans parler des boss imposants qui viendront régulièrement barrer la route de l’intrépide héros. Heureusement, chez
Capcom, on a laissé la finesse au placard pour cette fois : du Beretta au lance-roquettes, en passant par les sempiternels Uzis, fusils à pompe et autres Magnums, il y a de quoi se défendre. D’autant plus que les munitions sont désormais en nombre suffisamment conséquent pour ne jamais se retrouver à court. Alors, je sais ce que vous allez me dire :
"Mais si on bourrine, c’est quand qu’on a peur ?". Ah mais ma p’tite dame, c’est qu’ils ont changé d’optique chez
Capcom. La trouille de se faire bouffer alors qu’on n’a qu’un pauvre couteau pour se défendre, c’est fini ! Maintenant, ce qui fout vraiment les jetons, c’est de voir une demi douzaine de types armés de fourches vous foncer dessus en hurlant des insanités en espagnol. Alors certes l’ambiance a changé, mais le frisson précédant chaque ouverture de porte et la peur d’en voir surgir un truc super méchant sont toujours bien présents, et c’est le principal.

Les changements ne s’arrêtent toutefois pas aux graphismes ni à la jouabilité. En effet, c’est avec un certain étonnement qu’on se met désormais à ramasser les pesetas disséminées ça et là. Mais tout s’éclaire bientôt avec la rencontre de marchands judicieusement planqués en retrait. Ceux-ci vous proposent de refourguer les objets qui encombrent votre inventaire - qui, soit dit en passant, est devenu un système de rangement par cases à la
Diablo - ou bien d’acheter des armes voire même de les customiser. Car toutes les armes possèdent des caractéristiques distinctes : puissance, réservoir à munitions, temps de rechargement ; qui peuvent être améliorées moyennant lesdites pesetas. L’avantage du système est que l’on peut très bien optimiser son arme favorite, histoire de rendre son utilisation plus efficace, ce qui devrait contenter pas mal d’aficionados d’une pétoire en particulier. Bien sûr, il convient de mentionner la présence sur l’étal du marchand d’un lance-roquette disponible dès le début du jeu. Si on salue l’initiative du point de vue du fun, il est tout de même bien dommage que la plupart des boss se réduise en poussière moyennant une petite roquette. Pour peu que l’on ne claque son argent que dans le précieux joujou, les combats sensés être titanesques deviennent bientôt de courtes promenades de santé. A éviter…

Quel que soit votre niveau, il y a de quoi faire dans
Resident Evil 4. Il faudra consacrer une bonne douzaine d’heures au scénario principal pour en venir et à bout, ce qui double le score des épisodes précédents et constitue un sacré record pour un survival-horror. De plus, une fois l’aventure bouclée, un scénario alternatif et des mini-jeux deviennent accessibles, permettant encore plus de plaisir et surtout débloquant de nouvelles armes surpuissantes utilisables en mode scénario.
Ce tant convoité quatrième épisode a peut-être des airs d’amalgame de toutes les meilleures idées vidéoludiques de ces trois dernières années. Il est vrai qu’il pioche sans vergogne dans tous les râteliers mais, au final, il conserve une identité bien à lui et un certain cachet propre à la série. L’expérience est inédite à ce jour et ce n’est pas prendre grand risque que d’affirmer que
Resident Evil 4 marque une date dans son genre. On devine déjà que les ersatz bâclés vont débouler de toutes parts. Certains s’apprêtent à acheter une
GameCube uniquement pour ce jeu, ils ne seront pas déçus. Ce
Resident Evil 4 est tout simplement incontournable !