Parent pauvre des licences Nintendo, StarFox s’offre un quatrième épisode un peu plus mature que son prédécesseur. Tandis que
StarFox Adventures tentait (et réussissait) une incursion dans le gameplay Action/Aventure,
StarFox Assault signe, quant à lui, le grand retour aux sources avec les phases de shoot’em up 3D qui ont fait le succès de la série sur Super NES et Nintendo 64.
Si StarFox n’a jamais pu véritablement percer sur le terrain du Shoot spatial, c’est certainement parce que Lucas Arts en a fait sa chasse gardée. Le succès de StarFox devait précisément reposer en grande partie sur une dimension Space Opéra inspirée des films de Georges Lucas. Pas de chance, le réalisateur de
Star Wars se double aussi d’un financier qui maîtrise comme personne l’importance des produits dérivés. Lucas Arts s’est donc empressé d’imaginer à peu près toutes les adaptations possibles et imaginables de l’univers Star Wars en jeux vidéos. La qualité n’a pas toujours été au rendez-vous mais le mal est fait pour StarFox. Il lui est désormais de plus en plus difficile de se démarquer. Dans
StarFox Assault, le renard tente donc le tout pour le tout, en bataillant dans les airs avec son Arwing, sur terre avec le Landmaster, et même sans le moindre appareil avec son seul fusil au plasma.
L’épisode qui nous intéresse aujourd’hui se déroule un an après la crise de Sauria (développée dans StarFox Adventures) alors qu’Andrew Oikonny vient de rassembler les dernières troupes de son oncle, l’empereur Andross, pour fomenter un mauvais coup. Afin de contrecarrer les plans du nouveau trublion, Corneria envoie sa meilleure arme : les Arwing, pilotés par Fox McCloud et sa bande. Les habituels Slippy et Falco sont désormais épaulés par Krystal, la renarde de l’épisode 3 qui remplace Peppy le lapin (devenu trop vieux pour piloter). Sur les lieux du trouble, nos quatre amis découvrent malgré eux qu’ils ont sous-estimé la puissance de leurs opposants. Les aparoides, des créatures redoutables, semblent s’être ralliés à Oikonny et menacent l’équilibre du système de Lylat, rien que ça !
C’est presque avec émotion que l’on retrouve Fox et ses coéquipiers là où il est coutume de les voir briller de tous feux, c’est-à-dire dans l’espace. Comme il se doit, Fox ne devra pas uniquement se concentrer sur ses propres cibles mais aussi veiller à ce que ses trois acolytes sortent entiers de l’affrontement. Il vaut donc toujours mieux garder un œil sur eux afin de leur porter rescousse au bon moment. En contrepartie, s’ils sont toujours aussi inefficaces pour ce qui est d’abattre de l’ennemi, ils ne manqueront pas de vous signaler lorsqu’un aparoide vous prend en chasse, lorsqu’il vous faut passer à d’autres objectifs ou lorsqu’un nouvel engin est à votre disposition.

Car à l’habituel Arwing, s’ajoute désormais le Landmaster, sorte de jeep surarmée et surprotégée capable de se propulser dans les airs un court instant. Fox devra même régulièrement délaisser ses engins destructeurs pour s’infiltrer à pied dans les bases aux entrées trop étroites. On salue au passage l’effort réalisé par les programmeurs pour diversifier l'action et pour faire en sorte que l'on ne s’ennuie jamais. Le rythme est effectivement très relevé et les objectifs de mission évoluent constamment, nous obligeant à passer rapidement d’un véhicule à l’autre. Fox, qui était en lutte avec des aparoides au sol, se retrouve quelques secondes plus tard sur l’aile de l’Arwing de Falco en train de dégommer à tout va avec son canon au plasma. Tout va très vite, peut-être même un peu trop vite… En effet, si on apprécie de n’avoir jamais l’impression de refaire deux fois la même mission, on est en revanche largement moins conquis par le scénario, alambiqué à l’extrême, et surtout par cette détestable sensation de remplir ses objectifs (ou d’échouer) sans toujours savoir pourquoi ou comment.

Il faut préciser que tout n’est pas toujours très clair à l’écran. On peut même dire que c’est assez régulièrement le Bronx, entre les lasers, les curseurs, les noms, les messages de vos coéquipiers, et tous les autres signaux qui se bousculent devant nos pupilles effarées. Ajoutez à cela un radar absolument crétin qui affiche tout et n’importe quoi et vous aurez une petite idée de la manière dont il va falloir atteindre vos objectifs. Il ne vous restera plus d’autre solution que de faire feu sur toutes les cibles que vos armes auront auparavant verrouillées, ces dernières étant souvent équipées d’un système de "lock" très (voire trop) efficace.
La réalisation graphique n’étant pas non plus ce qui se fait de plus fin (surtout au sol), les ennemis ne se détachent pas toujours très bien des décors. On finit donc par tirer à l’aveuglette en espérant que notre arme saura détecter la petite bête dans le tas de pixels.
Relevons encore que si le rythme est soutenu du début à la fin de l’aventure, il est aussi un peu trop monotone. Il n’y a rien de mieux qu’un temps mort pour ensuite faire monter la pression - ce que Namco maîtrisait pourtant parfaitement dans
Ace Combat 5...

Néanmoins, les plus nostalgiques trouveront peut-être leur bonheur avec des phases d’action aérienne qui s’en sortent plutôt à bon compte et qui permettent de renouer avec la grandeur des épisodes 16 et 64 bits. A ce titre, les boss de fin de niveau sont toujours aussi impressionnants. Mais ce
StarFox Assault laisse plus d’un regret, comme celui de n’avoir pas intégré, en plus de son mode battle jouable à plusieurs, un mode coopératif qui semblait très à propos puisqu’il s’agit souvent de répartir l’action entre Fox et ses trois coéquipiers.
A courir plusieurs lièvres, on finit par manger des pissenlits ! (vieille maxime renarde)
Plutôt que de multiplier les gameplay (dans le détail, on n’en dénote pas moins de 5 différents !) et plutôt que de nous offrir son vieux
Xevious en bonus, il aurait été préférable que Namco réduise son champs d’action et soigne un peu plus la réalisation et les ambiances de ce
StarFox Assault. A conseiller uniquement aux inconditionnels du Fox et aux maniaques de la gâchette peu exigeants.