Ils ont l’habitude de recevoir mauvaise presse, mais ça ne les décourage pas pour autant de revenir régulièrement à l’assaut de nos consoles et PC. Ils ? Ce sont les jeux "pour adultes", c'est-à-dire à contenu érotique voire sexuel. Si l’on veut bien croire qu’il en faut pour tous les goûts et que tout le monde ne trouve pas forcément son compte avec un
Kirby Air Ride ou un
Titeuf Mega Compét’, les jeux soit disant réservés aux adultes ont généralement tendance à nous ennuyer profondément. La plupart d’entre eux se contentant d’afficher de plus ou moins beaux graphismes, on attend désespérément le soft qui fera la différence et qui parviendra à nous intéresser, à défaut de nous exciter. Après
Playboy : the mansion et
The Singles 2, Atari se lance donc à son tour sur la pente savonneuse des "simulations de vie à contenu explicite" avec son
7 Sins.

Comme son nom l’indique, le concept de
7 Sins tourne autour des sept péchés capitaux : l’avarice, l’envie, l’orgueil, la paresse, la colère, la gourmandise et la luxure (avec une nette prédominance pour cette dernière, comme par hasard). L’aventure se déroule à la manière d’une simulation de vie classique : dans un univers en 3D, vous tentez à peu près toutes les interactions possibles avec les décors et avec les autres personnages. Vous interprétez un jeune arriviste, plutôt bien foutu, qui est prêt à tout pour se faire sa place dans la jet-set. Votre arme : votre bagou qu’il faudra utiliser avec "intelligence" en fonction de vos interlocutrices pour les séduire et les ramener dans votre pieu.
7 Sins se décline ainsi en sept chapitres, c'est-à-dire en sept lieux à débloquer les uns après les autres, du club sado-maso au restaurant chic et branché. Dans chaque lieu, vous attendent 5 à 7 personnages (pour un total de 38). Il s’agit à chaque fois de séduire certains individus pour pouvoir accéder au niveau suivant. Et pour y parvenir, à vous d’utiliser les bons mots. Vous pourrez par exemple vous la jouer macho, savant et plein de thunes si vous voulez emballer la modeste vendeuse. A l’inverse, mieux vaut éviter de simuler le gars spirituel et sensible avec la prof de sport. Pour durcir un peu le challenge, les développeurs vous obligent à gérer 3 jauges négatives (le désir, le stress et la colère) qui se remplissent plus ou moins vite en fonction de votre proie et de vos choix. Lorsqu’une jauge est pleine, votre héros pète un câble, ce qui fait baisser sa côte de popularité auprès de l’ensemble des autres personnages. Pour éviter tout débordement, il faut que vous vous soulagiez en cassant un objet, en matant un décolleté ou en pissant dans un pot de fleur (entre autres). A l’instar d’un
Playboy : the mansion, ces péchés salutaires sont souvent l’objet de mini-jeux.

Si l’objectif des mini-jeux est assez singulier (se débarrasser de ses problèmes d’aérophagie, se goinfrer de bouffe, voler des portefeuilles, uriner dans une réserve d’eau, trouver le point G, etc.), leur principe même est tout ce qu’il y a de plus classique. Il s’agit le plus souvent d’exécuter une combinaison de touches en rythme ou le plus vite possible, de synchroniser les sticks analogiques (cf. capture ci-dessus) ou encore de faire parler la précision ou les réflexes. Certains mini-jeux parviennent toutefois à sortir leur épingle du lot comme un étonnant puzzle où il faut reconstituer des poulets et des croissants, démontrant que les développeurs se sont véritablement lâchés mais aussi qu’ils se sont un peu creusés la tête. Mais il est tout de même navrant que les mini-jeux accessibles en début de partie ne soient pas un peu plus diversifiés alors même que le joueur n’est pas encore familiarisé avec le processus de séduction et qu’il doit donc passer par les mêmes épreuves de nombreuses fois.
Il est également fort regrettable que l’on finisse par fuir certains mini-jeux, soit parce que la maniabilité manque de précision, soit parce que la difficulté est disproportionnée, ou encore parce qu’ils génèrent des temps de chargements ahurissants (jusqu’à une minute !!!).

Du côté des phases de séduction qui constituent l’essentiel de l’action, soyons honnêtes,
7 Sins est une franche déception. On veut bien admettre qu’emballer une première fille en sortant deux ou trois énormes bobards suivis d’une blague éculée soit relativement grisant, limite excitant (pour ceux qui fantasment sur les filles faciles). Mais au bout de la vingtième greluche, et après avoir répété 100 fois les mêmes actions et les mêmes répliques, il faut tout de même être sacrément perturbé pour y trouver encore du plaisir. Au sujet des répliques, notons que si l’on nous annonçait des dialogues percutants et hilarants, conçus par des scénaristes TV (est-ce vraiment un gage de qualité ?),
7 Sins est très loin de valoir un
Leisure Suit Larry avec ses réparties insolentes et décalées. On ne s’attardera pas non plus sur l’image de la femme que ce jeu véhicule, les militantes féministes devraient apprécier...
En bref, à moins que vous soyez en manque, et que vous comptiez parmi les habitués de la section X de dvdrama, passez clairement votre chemin.