Titre a priori majeur (on verra plus loin que cela se vérifie),
Battlefield 2 risque de squatter les têtes de gondole et les serveurs online pendant un sacré bout de temps. Inutile de jouer sur le suspense, c'est un jeu réussi sur quasiment tous les plans : graphisme, ambiance, gameplay, durée de vie… Par contre, l'optimisation laisse fortement à désirer avec des temps de chargements et de recherche de serveurs hallucinants. Le soft est également gourmand voire vorace en puissance d'affichage. La communauté online ne se laisse toutefois pas arrêter par de si vils détails et, depuis la sortie du jeu complet (très rapidement après la démo), il faut jouer des coudes et des épaules pour se trouver une petite place sur sa map favorite…

Pouvant accueillir jusqu'à 64 joueurs par partie,
Battlefield 2 vise la place de leader au sein de la catégorie des FPS online. Il faut dire que c'est un jeu particulièrement complet : il est possible d'incarner un fantassin doté de paramètres très variables, de conduire des véhicules terrestres et de piloter des hélicoptères ou des avions d'assaut. Le jeu a surtout acquis une nouvelle dimension depuis qu'un système de commandement à plusieurs échelons a été implanté : comme dans les premiers épisodes, un joueur a la possibilité d'endosser le rôle de commandant en chef. A lui de gérer les assauts et d'organiser la défense sur sa carte (un peu comme dans un wargame), d'ordonner des frappes d'artillerie sur tel endroit ou d'y diriger son aviation… Ce qui est nouveau, c'est que les simples joueurs ne dépendent plus directement de ce général mais de squad leaders : ces derniers sont responsables individuellement de six joueurs mais répondent toujours aux ordres du commandant en chef. En théorie, cela permet une gestion beaucoup plus coordonnée des troupes sur le terrain (comme dans la vraie vie…). En pratique, ça marche pas mal : seuls les débutants insensibles à cette hiérarchie continuent à jouer individuellement, comme dans un FPS online traditionnel, ce qui leur garantit d'ailleurs une espérance de vie plus réduite que la moyenne et nuit à la réussite des joueurs en team.
Ce concept fait précisément défaut à tous les autres FPS en ligne, où tous les joueurs agissent individuellement sans idée ou coordination d'ensemble, ce qui laisse une impression de bordel ambiant bien cafouilleux. Du coup, de plus en plus de gamers online se retrouvent dans les parties en coop au détriment des affrontements multiplayers traditionnels. Donc, on accordera un énorme bon point à
Battlefield 2 pour cette idée, simple mais brillante !

Quoique ne constituant qu'un à-côté mineur dans
Battlefield 2, le mode solo n'est pas mal conçu non plus et rend bien compte de l'ambiance des parties en multiplayer. Les bots ne sont pas stupides et ont un comportement assez crédible. Mais ce mode permet surtout de se familiariser avec les paramètres du jeu qu'il n'est pas question d'appréhender lors d'affrontements live, notamment le pilotage des jets et des autres hélicos, ainsi que le fameux système de commandement.
Passons aux travaux pratiques maintenant ! Trois factions sont disponibles dans
Battlefield 2 : les sempiternels US Marines (très en vogue à la télé en ce moment), l'armée populaire de Chine et la Coalition du Moyen-Orient (un hasard probablement…). Quel que soit le pays choisi, sept catégories d'équipement sont ensuite accessibles, chacune avec ses particularités : forces spéciales (infiltration discrète et sabotage), sniper, fantassin (fusil d'assaut couplé à un lance-grenades), fantassin de soutien (approvisionnement en munitions), sapeur (maintenance des véhicules et minage), médecin et antichar.

Une fois inscrit en ligne et après avoir choisi son camp et sa spécialité, il faut choisir un serveur. Disons le tout de suite, le patch v1.02 est indispensable. Si vous installez le jeu sans l'upgrader, à vous les longues attentes consacrées à la recherche de serveurs, de l'ordre de plusieurs minutes ! Passé ce moment éprouvant, on arrive enfin dans la mission sélectionnée : on spawne à l'endroit choisi et l'on avance en essayant de suivre les ordres de son squad leader, le tout dans une ambiance infernale : tirs d'armes légères et lourdes, rugissements des jets, vrombissements des moteurs de chars lourds, etc. Alors, il est bien sûr tentant de se mettre au volant du premier véhicule qui traîne ou de se cacher derrière un affût de lance-missiles "heat" et de tirer sur tout ce qui bouge, mais répétons-le, ce n'est pas le but de la manœuvre. Il faut jouer en groupe, c'est ce qui permettra de conquérir des portions de territoire et d'amenuiser les points de conquêtes de l'ennemi. Un accessoire se rend vite indispensable : le casque-micro.
Battlefield 2 offre un système de gestion de voix sur IP, ce qui donne un avantage certain aux joueurs reliés entre eux. Une version "luxe" du jeu est d'ailleurs vendue avec ce type de matériel.

Bien sûr, toute médaille a son revers : outre les temps de chargement assez lourds (même une fois le jeu patché), il faut encore souligner la boulimie de la puissance d'affichage et du processeur/mémoire de
Battlefield 2. Les configurations actuelles courantes devront se contenter de résolutions très moyennes, donc passer à côté de la réussite graphique de ce jeu alors que c'est tout de même l'une des raisons de sa réussite. A coup sûr, les ventes de cartes graphiques vont connaître une hausse sensible dans les prochaines semaines…
Le jeu étant toutefois sorti depuis un mois, il semble que personne ne se soit découragé face à ces quelques inconvénients. Les serveurs sont pleins et ne désemplissent pas. A voir les grades récoltés par nombre de joueurs chevronnés sur les parties en cours,
Battlefield 2 semble même bien parti pour être le nouveau destructeur de vie sociale du moment !