Après les percussions de
Donkey Konga et le micro de
Mario Party 6, c’est au tour du tapis de danse de
Dancing Stage : Mario Mix de faire son entrée dans le tiroir à accessoires pour Nintendo GameCube. Un tiroir dont on espère devoir le sortir régulièrement, les périphériques pour consoles ayant généralement tendance à prendre très vite la poussière une fois leur heure de gloire écoulée.
Ce tapis, qui se destine à encaisser nos pas ajustés comme nos trépignements maladroits, s’apparente énormément à son homologue de la PS2, l’essentiel du gameplay étant assuré par quatre capteurs correspondants aux quatre directions de la croix multidirectionnelle. C’est extrêmement basique mais l’accessoire marche toujours à merveille pour ce qui est de mettre l’ambiance et de transpirer un bon coup.

Rassurons tout de suite les obsédés de la plomberie, il est toujours bien question d’accompagner les éternels frérots Mario et Luigi. Cependant, dans
Dancing Stage : Mario Mix, il ne s’agit pas de sauter de plate-forme en plate-forme ni d’arroser Bowser avec des boules de feu, mais plutôt de faire preuve d’endurance et de dextérité en remuant nos gambettes en rythme sur le tapis. C’est à cette seule condition que nous pourrons récupérer les quatre clés musicales dérobées par les Wario, Waluigi et autres Mega Bloops. Ces méchants bien connus des fans de Nintendo ne constituent pas des exceptions puisque les cinq mondes à parcourir regorgent d’ingrédients et de personnages incontournables comme Goomba, Koopa Troopa, Chomp, Boo, Toadette ou encore Bob'omb. Si le jeu puise sans retenu dans le répertoire Mario, ce sont les références aux trois premiers épisodes parus sur NES qui sont les plus nombreuses, qu’ils s’agissent des divers éléments de décors (tuyaux verts, champignons, blocs de pièces, etc.), des bruitages mythiques ou encore du contenu de certains mini-jeux.

En effet, Konami ne s’est pas contenté d’habiller une énième version de sa série
Dancing Stage aux couleurs criardes de Mario et de sa clique ; des éléments propres à l’univers de Mario ont carrément été intégrés dans de nombreux défis. Ainsi, la plupart des chansons que regroupe le soft font intervenir des goombas à écraser, des carapaces de koopa à dégommer ou des boules de feu à renvoyer, en plus du défilé habituel de flèches qu’il s’agit de convertir au bon moment en pressions du pied sur les capteurs du tapis. L’apport de ces règles additionnelles n’est pas forcément facile à traduire en quelques lignes mais sachez que tous ces ingrédients ô combiens familiers ont été exploités de manière suffisamment intelligente pour renouveler notre intérêt au fil des chansons et pour modifier sensiblement notre approche d’un défi à l’autre.
En plus des 29 chansons qui forment l’essentiel du challenge de ce
Mario Mix, on trouve 12 mini-jeux qui font moins appel à notre sens du rythme qu’à nos réflexes et à notre connaissance de l’univers de Mario. Ainsi lorsque notre plombier est poursuivi par Chomp, c’est nous qui courrons véritablement sur le tapis pour lui permettre de s’échapper. Et c’est avec le sourire aux lèvres que les nostalgiques se prêteront à la célèbre discipline du saute-drapeau qui clôturait chaque niveau du premier
Super Mario Bros. Leurs efforts seront même récompensés par les sacro-saints feux d'artifice. Si c’est pas beau ça !

Convivial par excellence, le soft s’adresse vraiment à toute la famille grâce à ses 4 niveaux de difficulté aux degrés bien tranchés. Oubliez tout de suite le niveau facile qui s’adresse aux moins de six ans et aux unijambistes. Le niveau normal semble en revanche parfaitement calibré pour ceux qui exécutent leurs premiers pas sur un tapis de danse. Le niveau difficile permet ensuite de véritablement brûler des calories (quelques statistiques nous renseignent sur le nombre de calories perdues). A ce stade et à partir du troisième monde, on termine généralement un défi torse nu et trempé de sueur. Enfin, le niveau expert ne fait pas dans la dentelle avec des défis formatés pour hardcore gamers nippons et mutants à quatre jambes uniquement. Pour résumer, vous trouverez forcément challenge à votre pied.

Mais il y a un bémol et un gros, et c’est le même qui touche généralement tous les jeux reposant sur des accessoires : la durée de vie ! On boucle l’aventure une première fois en trois ou quatre petites heures seulement. Le niveau "difficile" devient ensuite accessible, pour un challenge pas inintéressant mais le soft ne nous réserve déjà plus vraiment de surprises. C’est donc vers le multijoueurs qu’on aurait aimé pouvoir se retourner pour que ce
Mario Mix trouve vraiment un second souffle. Le jeu permet en théorie de se lancer dans des duels avec deux tapis de danse, mais c’est précisément là qu'il y a un os : il est quasiment impossible de mettre la main sur un second tapis à l’heure actuelle, au point que certains n’ont pas hésité à acheter deux bundles "jeu+tapis" pour pouvoir jouer à deux simultanément.
Comme
Donkey Konga avant lui,
Dancing Stage : Mario Mix n’en reste pas moins un soft attachant au possible. On s’éclate vraiment au son de thèmes d’anthologie qui nous sont restitués ici dans des versions remixées inédites. Le soft possède aussi un indéniable pouvoir d’addiction qui poussera même les plus introvertis à se trémousser sur le tapis. En bref : c’est du bonheur immédiat. Alors si vous ne redoutez pas que ce dernier soit de courte durée, n’hésitez plus : déroulez la carpette et révisez vos claquettes !