Nous attendions ce
Battalion Wars de pied ferme depuis l’
E3 2005. On nous avait alors promis le premier vrai jeu de stratégie en temps réel sur GameCube. On nous annonçait aussi une filiation directe avec un des plus gros succès de la GBA :
Advance Wars, dont le gameplay se base pourtant sur de la stratégie au tour à tour. Première chose à mettre au point : on est très loin de ce type de jeu ;
Battalion Wars sort des sentiers battus et s’apparenterait plutôt à une sorte de
Pikmin guerrier. Incontestablement, ce nouveau titre débordant d’originalité et de fun étoffe la ludothèque de la GameCube grâce à un savant mélange de stratégie et d’action pure.
Faîtes l’amour, pas la guerre
Le premier contact avec le jeu confirme tout de même une certaine parenté avec les titres de la série
Advance Wars. On retrouve la même ambiance : deux factions s’affrontent sous les ordres de différents colonels et autres généraux, tous plus typiques et plus stéréotypés les uns que les autres. Ils vous confieront des missions en tous genres afin d’éprouver vos talents en matière de commandement.
Déconcertant puis passionnant
Vous devez donc accomplir un certain nombre de missions sur le territoire ennemi, et pour cela, on vous confie le commandement d’une faction hétéroclite : fantassins (fusiliers, bazookas…) et véhicules divers (jeep, chars légers et lourds…). Contrairement aux opus sur consoles portables, il ne s’agit pas ici d’un déroulement en tour à tour. Vous devrez prendre des décisions en temps réel, ce qui ne manquera pas de mettre votre sang froid à rude épreuve. A mi-chemin entre un jeu de type
Battlefield et les jeux de stratégie plus classiques,
Battalion Wars vous amène à incarner une de vos unités sur le champ de bataille tout en gérant la tactique générale qui conditionne les autres unités.

En ce qui concerne l’unité que vous incarnez, vous pouvez en changer à tout instant. Vous passez ainsi librement d’un fantassin à un char léger, en passant par une jeep de reconnaissance. La maniabilité est exemplaire quelle que soit l’unité choisie. Les fantassins répondent au doigt et à l’œil alors que le maniement des véhicules est tout simplement criant de vérité. Mais il ne suffira pas de savoir maîtriser votre unité favorite pour gagner, il va aussi falloir faire preuve de stratégie au moment de donner des ordres aux autres unités.
De prime abord, l’interface permettant de donner les ordres semble un peu déconcertante (faute de souris comme sur PC), mais elle s’avère diablement efficace sur la durée. En un clin d’œil, vous ordonnez à vos unités d’attaquer ou de garder une position. Ces ordres pourront concerner soit les unités de manière individuelle soit des ensembles d’unités regroupées par type (cela vous permettra, à l’approche d’un char, d’envoyer uniquement vos unités munies d’un bazooka tout en préservant vos soldats les plus fragiles). Ne vous y trompez pas, même si les premières missions pourraient donner l’impression qu’une méthode "ramboesque" sera suffisante pour l’emporter, il vous faudra par la suite faire preuve d’une grande prudence et de pas mal de discernement lors de la distribution de vos ordres.

Au cœur de la mêlée, on pourra tout de même reprocher une certaine pagaille et une intelligence artificielle un peu limitée ; cette dernière vous obligera parfois à prendre vous-même la direction des unités les plus exposées, ce qui gâche un peu l’aspect stratégique. Mais les batailles sont au final très plaisantes, mélangeant adroitement action pure et réflexion.
Un parti pris "Cartoon"
De très belles cinématiques ponctuent les grandes étapes de votre progression, vous plongeant dans une ambiance entre cartoon et images de synthèse dont la patte graphique rappelle fortement celle des
Indestructibles. Les phases de combat adoptent également le même parti pris graphique. Les fantassins sont particulièrement réussis avec leur démarche chaloupée à la limite de la caricature. Côté musiques, les thèmes collent bien à l’ambiance militaire ; l’air principal fait notamment penser au générique de la série télé
Les têtes brûlées.
Battalion Wars est un véritable ovni dans son genre. Héritant plus des jeux d’actions que des jeux de stratégie temps réel, il risquait de décevoir les fans des deux bords, mais c’était sans compter sur sa réalisation sans faille et son indéniable fun. Finalement, on adopte très rapidement ce nouveau soft. On manie avec jubilation les différentes unités et l’on prend un réel plaisir à être au cœur même de l’action, d’autant plus que les différents challenges à relever sont très variés.
Pas d’équivoque possible,
Battalion Wars prouve une fois de plus - s’il était nécessaire - que la console cubique demeure le support où les développeurs font le plus preuve d’originalité.