Après avoir conquis de nombreux joueurs PC,
Pangya s’offre une adaptation sur Wii taillée aux mesures de la fameuse télécommande. Fruit d’un véritable culte en Corée du Sud, le jeu de golf fantaisiste de Tecmo nous arrive ici dans une version très proche de l’originale (un personnage inédit et un terrain supplémentaire en guise de nouveautés) mais malheureusement amputée de son très populaire mode online, alors même que le jeu en ligne vient de faire son entrée sur la console et se cherche des ambassadeurs. Toute l’attention des développeurs s’est à l’évidence portée sur la Wiimote et une exploitation quasiment optimale de ses capteurs de mouvements.

Pour un jeu de golf qualifié de "grand public",
Pangya intègre un nombre de paramètres tout à fait honorable. En plus des surfaces, il nous faut composer avec la morphologie du terrain, avec le vent, avec les effets déterminés par le point d’impact sur la balle, avec toute la famille des clubs réunie (les bois, les fers, les putters…) ou encore avec un certain nombre d’upgrades liés aux habits de notre golfeur, à son matériel de sport et à ses accessoires. Même son caddie (à choisir parmi huit) aura une influence et pourra éventuellement booster une ou plusieurs de ses statistiques (contrôle, puissance, effets, etc.). Tout ceci pourra s’acquérir moyennant de bons résultats dans les diverses épreuves et en accumulant les points "Pang" qui rétribuent par exemple un coup parfait, une belle approche et plus généralement les trous terminés sous le Par.
Cette monnaie locale compte pour beaucoup dans le charme de la production, ouvrant sur un vaste choix de personnalisation (avec quelques tenues légères pour les filles), le tout rehaussé de quelques notions de RPG. Sur le terrain également, le ton se veut des plus légers avec quelques coups assez insolites. Le jeu encourage ainsi à utiliser son environnement pour faire ricocher la balle et trouver des angles improbables (sur une montagne ou un bâtiment). En collectionnant les swings parfaits, vous pourrez aussi frapper des super coups, peu académiques, mais impressionnants visuellement et aux vertus bien utiles : trajectoires non affectées par le vent, réceptions sans rebond, etc.

Au sujet de la maniabilité, cette version Wii ne vous force pas la main et vous permet de doser puissance et précision en appuyant simplement sur un bouton. Maintenant, si vous avez claqué 50 euros pour jouer sur cette console à un jeu disponible gratuitement sur PC, ce n’est sans doute pas pour vous contenter d’un gameplay classique. Et ça tombe bien, vous ne serez pas déçus puisque
Pangya gomme la plupart des imperfections du jeu de golf de
Wii Sports avec une exploitation bluffante des capteurs de mouvements. Tout d’abord, le swing est à reproduire ici dans son intégralité, le jeu se basant sur trois critères pour évaluer votre frappe : la fluidité du mouvement, son amplitude et surtout la prise en main de la Wiimote qui ne doit absolument pas pivoter pendant la rotation. Le résultat est surprenant de réalisme et pour l’immersion, c’est du tout bon. Même sur le green, Pangya corrige le tir de Wii Sports avec une exécution des puts peut-être moins réaliste que pour les swings mais assez confortable et très précise avec un dosage simplifié de la puissance.
Comme la plupart des jeux Wii, c’est en multi que
Pangya donne le meilleur de lui-même. Jusqu’à quatre joueurs en local peuvent s’affronter en "Match Play" (un point par trou remporté) ou en "Stroke Play" (décompte classique). On y trouve aussi un mode plus fantaisiste avec des parcours surmontés de ballons à éclater à grand coup de swings avant d’arriver sur le green. C’est aussi en multi que vous pourrez utiliser la Wiimote pour dégueulasser l’écran de vos adversaires (en maniant la télécommande comme un crayon, pointeur vers l’écran) ou pour modifier la force du vent en cours de frappe (en secouant la manette comme un éventail). Des petites interactions moins idiotes qu’elles n’en ont l’air puisqu’elles permettent aux joueurs en attente d’être un peu actifs entre deux frappes.

Car autant l'on peut éprouver d’excellentes sensations pendant les swings, autant le soft peut se montrer horripilant entre deux coups avec un rythme très lent, imputable à des animations superflues et surtout à une boîte de dialogue qui se met systématiquement en travers de notre champ de vision avant chaque frappe (pour nous dire que c'est à nous de jouer, merci les gars). En outre, les fréquents temps de chargement ne font rien pour arranger les choses. On rentre ensuite dans une spirale de petits défauts qui finissent par devenir très enquiquinants avec la répétition des tournois comme une vue de dessus pas très lisible ni très pratique : pour zoomer, il faudra forcément maintenir un bouton tout en ramenant la Wiimote vers soi (ou en l’éloignant) : une exploitation inutile de la manette qui tend vers le zéro sur l’échelle de l’intuitif. De manière générale, toute l’interface dans son ensemble s’avère beaucoup plus rigide sur Wii que sur PC : les menus sont peu ergonomiques et les indicateurs pas toujours très pertinents. Curieux, lors de la préparation des coups, on ne nous signale pas le point d’impact théorique comme dans la plupart des jeux de golf mais la zone d’arrêt de la balle après rebonds. Une idée complètement absurde puisque d’une part, vous êtes susceptibles de modifier le comportement de la balle à la réception en rajoutant des effets et d’autre part, l’indicateur en question ne semble pas tenir compte de la nature de la surface ni de la pente puisqu’on n’obtient jamais vraiment ce résultat même avec un coup plat parfait.

Plus embêtant, la balle réagit parfois illogiquement aux différentes surfaces. Il n’est pas rare qu’elle rebondisse un nombre incalculable de fois sur l’eau avant de se décider à couler. Elle peut aussi sautiller ou courir sur le sable des bunkers sans subir la moindre résistance comme s’il s’agissait d’un tapis de billard. Quelques mots enfin sur l’IA à qui il arrive de se montrer irrésistible sur quatre trous d’affilée avant de vendanger le cinquième en balançant plusieurs balles hors limites. Ce genre de mésaventure peut, si elle vous arrive, conduire insidieusement au pétage de câble. Un petit manque de finition donc, également trahi par de fréquents ralentissements. En bref, cette conversion de
Pangya n’est clairement pas optimisée pour la Wii.
L’addition est salée et laisse de nombreux regrets au regard des excellentes sensations délivrées par le gameplay. Mais on ne peut décemment pas passer sous silence les nombreux travers de
Pangya ! Golf with Style à commencer par l’absence de ce qui fit son succès sur PC, son mode en ligne. Un coup dans l’eau en somme.