La série des Command & Conquer est irrémédiablement associée au genre vidéoludique du RTS ("stratégie en temps réel", au cas où vous liriez ces lignes vraiment par hasard…) et ceci malgré une incursion, peu concluante, vers le FPS. Mais ne nous y trompons pas, le très décevant
Command & Conquer Generals ne saurait ternir l’aura d’une licence parmi les plus anciennes dans l’univers foisonnant du jeu sur PC. Et comme un papy rocker effectuant un ultime come-back lui permettant de faire offrande de ses vieux classiques, le tout dernier
Command & Conquer 3 : Les Guerres du Tiberium procède à un retour aux sources en reprenant les recettes qui ont assuré son succès auprès d’un public pourtant réputé exigeant.

Le vieux routard ne sera pas vraiment dépaysé par ce dernier opus qui s’appuie sur des fondamentaux bien rôdés. Le gameplay s’articule donc autour de trois axes principaux, à savoir l’édification de bases avancées et la construction de multiples structures, l’exploitation de minerais et enfin la bonne vieille castagne (parce qu’on est quand même là pour en découdre, nom de nom !). Même continuité pour le background, particulièrement cohérent, et qui fournit au jeu une réelle épaisseur scénaristique. Les deux campagnes solos nous plongent une fois de plus au cœur du conflit planétaire opposant le GDI, organisation militaire tentant de sauvegarder les dernières zones civilisées de la planète Terre, et le NOD, confrérie terroriste guidée par le charismatique Kane et prête à tout afin de bouleverser un ordre mondial, selon elle, corrompu. L’enjeu de cette guerre sans merci : le contrôle du Tiberium, minerai à la fois destructeur et indispensable… Saluons encore une fois les efforts sensibles des développeurs pour élaborer une trame particulièrement riche et non une vague historiette bâclée à la "va comme j’te pousse".

D’ailleurs ce
Command & Conquer 3 : Les Guerres du Tiberium s’apparente à un véritable film puisque près d’une heure de vidéo HD est proposée au joueur. On est bien loin des FMV granuleuses des tout débuts et l’on ne peut qu’être bluffé par la qualité technique de ces transitions aux éclairages et aux décors dignes d’une série télévisée. Au passage, quelques acteurs célèbres dont le toujours jouissif Michael Ironside mais aussi le jeune premier Josh Holloway (transfuge de
Lost) participent à l’aventure avec, sinon une grande conviction, un vrai professionnalisme. Comme toujours chez EA, on a donc mis les petits plats dans les grands pour proposer un jeu très "cinématographique".

Mais laissons de côté le "packaging", certes luxueux, de ce Command & Conquer pour éplucher ce qui reste le plus important : le gameplay. Le principe retenu est toujours celui de l’arborescence de structures. En d’autres termes, il s’agit d’établir une centrale énergétique et une raffinerie de Tiberium pour démarrer une base et à partir de là, de choisir des stratégies de développement appropriées aux différents scénarii. De nombreux bâtiments sont disponibles et multiplient d’autant les possibilités tactiques d’expansion… ou de destruction. Sur ce dernier point, les adeptes de la blitzkrieg seront aux anges face à la profusion d’unités de combat. Les escarmouches sont d’ailleurs très spectaculaires et proposent des effets pyrotechniques de haute volée. Un zoom particulièrement puissant permettra par ailleurs de profiter d’une modélisation plutôt pointue si l’on considère qu’il s’agit avant tout d’un jeu stratégique. D’un autre côté, il valait mieux que la réalisation graphique soit irréprochable car sur le plan de l’innovation, on repassera… Fondamentalement, rien ne sépare ce dernier opus des tous premiers. On progresse suivant une même logique et les automatismes reviennent très rapidement. C’est d’ailleurs ce qui fera la différence entre un bon joueur et un néophyte lors des parties en ligne. Le vieil habitué sait où il va, n’hésite jamais et progresse à toute vitesse, étouffant ainsi rapidement les adversaires. Allez faire un tour sur les serveurs pour vous en persuader…

Pour pallier cet aspect convenu, Electronic Arts a intégré de nouveaux protagonistes à l’aventure, une race alien répondant au doux nom de Scrins… Si les unités du NOD développaient une stratégie de guérilla basée sur la mobilité et le harcèlement, tandis que celles du GDI s’appuyaient sur la puissance de l’armement, les Scrins, eux, font appel à des armes que l’on qualifierait aujourd’hui de destruction massive tel ce rayon terriblement destructeur tiré par un vaisseau-amiral. Mais de telles armes sont particulièrement longues à charger. Tout l’enjeu est donc de savoir les utiliser au bon moment et d’empêcher vos adversaires d’interrompre ce processus de charge. Des minutes bien stressantes en perspective…
Command & Conquer 3 : Les Guerres du Tibérium ne joue décidément pas la carte de l’innovation mais reste un excellent jeu de stratégie bonifié par un background d’une rare cohérence. Cependant de nouvelles voies seront exploitées à l’avenir et pourraient bien finir par donner un coup de vieux à ce type de gameplay. Le prochain
Tom Clancy's EndWar développé par Ubi pourrait bien constituer une première estocade en s’appuyant sur un système de reconnaissance d’ordres vocalisés. En attendant, vous pouvez toujours cliquer…