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Titre : Overlord (x360)
Support : Xbox 360
Editeur : Codemasters
Année : 2007
Genre : Action / Aventure
Date de sortie :



Graphisme
8/10

On pourra ça et là pinailler sur quelques bugs malheureux et une relative rigidité de l’animation. Mais Overlord remporte quand même la mise grâce à des environnements souvent magnifiques et très diversifiés. De nombreux petits détails, très référentiels, renvoient à tout un imaginaire qui se prête volontiers à la caricature.
Son
9/10

De la haute couture ! Les musiques qui jalonnent votre progression sont non seulement de qualité mais contribuent également beaucoup au caractère parodique du soft par leur emphase. Des envolées symphoniques que ne renieraient pas Howard Shore, du métal gothique : tout est délicieusement caricatural. Quant aux voix, elles sont parfaitement doublées par des comédiens consciencieux et pour une fois inspirés.
Jouabilité
8/10

Encore un soft hybride ! Mais l’on ne s’en plaindra pas tant cette combinaison de beat’em all, de "Lemmings-like" et de RPG semble couler de source. On prend vraiment plaisir à faire le mal et à gérer nos acolytes décérébrés. Dommage que l’action soit parfois si répétitive : une diversification des situations aurait été la bienvenue.


Intérêt Global : 8/10


On aura beau dire mais les Bad Guys sont souvent plus charismatiques que ces benêts de héros clonés à l’infini et dotés d’un profil psychologique aussi mince que du papier à cigarettes. Franchement, admettez avec moi que Dark Vador est quand même plus classieux que cette midinette en jupette de Luke Skywalker. Et c’est ce constat qu’ont sans doute fait les développeurs de Triumph lors de la conception du sympathique et jubilatoire Overlord. Le principe est simple ! Plutôt que de produire un énième soft dans la mouvance heroïc-fantasy vous permettant d’incarner un héros luttant contre le Mal, ces joyeux iconoclastes ont décidé de sombrer vers le "côté obscur de la force".


Mais pourquoi est-il aussi méchant ? Parce que !
Finis les nobles idéaux des pieux chevaliers, vous voilà chargé, en tant que Maître des Ténèbres, de remettre les choses en désordre et d’être l’initiateur d’une nouvelle ère de terreur. En effet, toute une génération de Paladins dégoulinants de bons sentiments et de prétendues vertus ont envoyé votre aïeul ad patres il y a de cela quelques décennies. Plongé dans un sommeil morbide, vous êtes réveillé par une cohorte de Gobelins (dont le comportement est assez proche de celui des Gremlins…) nostalgiques du bon vieux temps où il faisait bon massacrer, piller et ricaner. Ces créatures délicieusement maléfiques se mettent donc à votre service pour traquer les chevaliers de tout poil et capturer leurs Dames de cœur.


Monty Python versus Peter Jackson
Ce parti-pris est assez original même si celui-ci avait déjà été initiateur de softs légendaires tel le magnifique Dungon Keeper dans les années 80. Mais cette approche irrévérencieuse des clichés médiévaux fantastiques constitue tout de même un sacré bain de jouvence pour les joueurs blasés de sagas calquées sur celle du Seigneur des Anneaux.
D’autant que les scénaristes n’y sont pas allés de main morte au niveau de la parodie ; et l’on est souvent plus proche des Monty Python que de la mythologie de Tolkien. Les clins d’œil et les sous-entendus sont nombreux et même si l’humour déployé ne fait pas toujours mouche, certaines situations sont particulièrement savoureuses. A défaut de costard, les héros se font ainsi régulièrement "tailler" une armure et le soft se complait à les abêtir et à les présenter comme des êtres vaniteux, gonflés d’orgueil. Pour ceux qui connaissent, on évolue assez souvent dans l’esprit des BD de Kroc-le-Bô de Chevalier et Ségur dont je vous recommande par ailleurs la lecture.


Mais venons-en au gameplay. Là encore, les développeurs ont tenté de sortir des sentiers battus en proposant une jouabilité hybride qui, sur le papier, semble très attractive. Comme vous l’avez sans doute compris dans notre préambule, aussi puissant que vous puissiez être, vous ne pouvez plonger l’univers dans les Ténèbres à vous tout seul. Vous serez donc perpétuellement accompagné d’une suite de Gobelins cossards qu’il s’agira d’utiliser au mieux. En effet, Overlord relève à la fois du beat’em up traditionnel mais aussi de la gestion d’unités, à savoir ces crétins de Gobs. Concrètement, votre Seigneur représenté à la troisième personne peut combattre et jeter différents sorts mais devra le plus souvent assigner certaines actions à ses acolytes. A noter que les Gobelins ayant le coefficient intellectuel d’une huître, il ne faut pas espérer beaucoup d’initiatives de leur part : s’ils vous défendront systématiquement lorsque vous êtes en position critique, le reste du temps ce sera à vous de leur indiquer un objectif précis.


Le Seigneur des Gobs
Plusieurs options se proposent à vous… Vous pouvez donner un ordre direct à l’ensemble de vos troupes, technique essentiellement utilisée si vous désirez rapidement "nettoyer" une zone. Mais il est également possible de leur faire effectuer une tâche plus précise en sélectionnant à la fois une cible (un mécanisme par exemple) et un groupe resserré de gobelins. Car, si "limités" soient-ils, ceux-ci possèdent quelques caractéristiques indispensables à votre succès final. Ils peuvent en particulier accéder à des zones qui vous sont temporairement interdites : marécages, nappes toxiques, etc.
A vous de tirer intelligemment parti des spécificités de chaque type de Gobs. Quatre races sont progressivement disponibles, désignées le plus simplement du monde par une couleur. Les "Marrons" sont les plus bourrins et spécialisés dans le combat au corps à corps. Les trois autres familles, les Rouges, les Verts et les Bleus, sont associés à un élément précis (le feu, le gaz et l’eau pour les lents du bulbe…) qu’ils peuvent neutraliser, vous dégageant ainsi le passage. Ils possèdent également un pouvoir spécifique à savoir la résurrection, la furtivité ou encore l’attaque à distance.


Toutes ces particularités offrent potentiellement un gameplay très riche et il faut reconnaître que l’ensemble fonctionne diablement bien, en particulier en raison d’une ergonomie parfaitement pensée. Le jeu se permet même une petite incursion vers la gestion de ressources (toutes proportions gardées…) et le RPG puisqu’il faudra également gérer l’aura magique libérée par vos victimes qui servira à l’acquisition de nouveaux sorts, au recrutement de troupes fraîches ou à l’amélioration de votre demeure, un sombre donjon comme il se doit !
Certes, on peut tout de même regretter que l’aventure soit quelque peu desservie par une certaine linéarité et un caractère parfois répétitif : les situations ont en effet tendance à peu à peu se ressembler et quelques niveaux fonctionnent un peu "à vide". Mais les multiples clins d’œil, l’humour décalé et les environnements passant en revue tous les poncifs du genre parviennent sans peine à relancer l'intérêt et la curiosité du joueur.

Overlord est donc une excellente surprise qui mérite de figurer dans votre ludothèque. Sans être dénuée de quelques défauts, l’aventure est à la fois plaisante et hilarante. Enfin, incarner un ersatz de Sauron devrait logiquement flatter l’égo d’une multitude de joueurs mégalomanes.
    Par Phil    

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