Tandis que le film
Ratatouille remportait l’adhésion unanime du public et des médias cinéphiles, de pleines brouettes de produits dérivés ont été déversées en tête de gondoles : des livres en tout genre aux peluches de tout poil. Parallèlement, les adaptations en jeux vidéo se sont bousculées avec, excusez du peu, une déclinaison sur pas moins de 9 formats différents ! Même les GBA et GameCube ont eu droit à leur version ! Dans ce climat euphorique, il n’était pas évident de choisir son camp mais c’est finalement assez logiquement que nous nous sommes reportés sur l’édition PS2. Après tout, le vieux monolithe est encore aujourd’hui le plus représenté sous les postes de télé et il ne sera pas si facile de le déloger.

De manière traditionnelle, les principaux événements du film servent de fil conducteur pour la trame de
Ratatouille sur PS2. Cependant, le scénario a été largement remanié pour introduire de nombreuses séquences de plateformes, celles-ci composant 90% de l’action. Les développeurs ont donc choisi de s’appuyer sur les bases du gameplay le plus conventionnel qui soit et, à la différence d’adaptations vidéoludiques plus audacieuses comme celle de
La Ferme en Folie, ils ont joué la sécurité en se focalisant exclusivement sur le jeune public (les 6-12 ans). C’est un choix et il n’est pas complètement légitime, le film s’adressant autant sinon plus aux adultes qu’aux enfants.
Fort heureusement, Rémy, notre rat des champs au palais surdéveloppé, se contrôle parfaitement. Il court, saute, se saisit d’objets et franchit les obstacles avec répondant et relative fluidité. Mais tout cela a été maintes fois vu et revu et, de fait,
Ratatouille sur PS2 n’est absolument pas innovant et, plus embêtant, l’intérêt des phases de plateformes peine sérieusement à se renouveler de niveau en niveau. Nos bambins auront toutefois l’occasion de se changer les idées en aidant occasionnellement le souriceau à dévaler les canalisations des égouts parisiens. De surcroît, ces phases de jeu secondaires, que l’on peut qualifier "de glisse", ont au moins le mérite de solliciter le sens de l’anticipation.

Dans le même esprit, l’aventure se voit parsemée d’épreuves de cuisine mettant en scène Rémy ou le commis de cuisine Linguini pour lesquelles il s’agit de reproduire des séquences de boutons afin d’obtenir les salades, potages et autres douceurs commandés par les clients. Ces petits défis, qui en appellent essentiellement aux réflexes et à la synchronisation, ont tout de même fortement tendance à se ressembler et, sur PS2, ils ne peuvent pas compter sur de providentiels capteurs de mouvement pour varier les sensations. Appuyer sur le bon bouton au moment requis pour ajouter un ingrédient, c’est sympa cinq minutes, mais répéter l’opération tous les quarts d’heure n’est pas forcément très stimulant.

Le challenge est par ailleurs assez plat. Calibrées pour les moins expérimentés, les séquences de plateformes dans leur immense majorité ne posent pas de réelle difficulté. Sauf en de rares situations où le jeu devient carrément impitoyable… C’est le cas notamment de courses poursuites dont la particularité est que notre rat doit semer son poursuivant en courant vers l’écran. Les obstacles n’apparaissant qu’au tout dernier moment, il est tout simplement inenvisageable de franchir ces niveaux sans avoir reconnu le parcours au préalable, autrement dit après de nombreux échecs. Dommage, on tenait peut-être là l’idée la plus originale du soft.
Et ne comptez pas sur la réalisation pour développer des trésors d’imagination. Modeste, pour ne pas dire banale, celle-ci manque sérieusement de charme et souffre tout particulièrement de la comparaison avec la profusion de détails constatée dans le film. Tout porte à croire que les développeurs n’ont pas été très motivés par le support PS2. Et que dire du Beta-testing qui a laissé passer des bugs sonores carabinés : plusieurs cut-scenes sont carrément muettes ! Quant aux bruitages, on est bien loin de l’ambiance des fourneaux restituée de main (et d’oreille) de maître par les studios Pixar.

Si encore l’aventure était longue… Mais même sur ce chapitre,
Ratatouille déçoit avec une durée de vie rachitique qui atteint péniblement les sept heures de jeu. A son terme, seuls les plus cléments (ou les plus désespérés) prolongeront l’expérience avec les mini-jeux accessibles en dehors du scénario, certains d’entre eux ayant tout de même la bonne idée d’être jouables à deux. Reste les dessins préparatoires et les extraits de making-of que les fans se plairont peut-être à débloquer. A moins qu’ils ne préfèrent attendre sagement le dvd…
Sur PS2,
Ratatouille s’adresse donc exclusivement aux têtes blondes chez qui il ne laissera pas de souvenir impérissable. La dernière merveille de Brad Bird méritait bien mieux que ça.