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Titre : Bioshock (pc)
Support : PC
Editeur : 2K Games / Take Two Interactive
Année : 2007
Genre : FPS / Aventure
Date de sortie :



Graphisme
9/10

Le moteur Unreal Engine 3 prouve une fois de plus son efficacité. Les décors sont fins et les animations criantes de vérité. Quant aux effets d’eau et de particules, ils sont tout bonnement bluffants de réalisme. Même si le moteur physique pourrait certainement être amélioré, le soin apporté à l’ambiance générale force immédiatement le respect. Affiches, enseignes, mobilier… tout est modélisé avec un souci du détail quasi-religieux. Le clou du spectacle, ce sont les petites sœurs, véritables chefs d’œuvre graphiques : leur fragilité et leur innocence constituent de terribles vecteurs d’émotion. De fort belles sensations que ne véhiculent pas si souvent les jeux vidéo.
Son
9/10

Une partition de maître en totale adéquation avec le contexte du jeu ! Les musiques désuètes des distributeurs côtoient allégrement les chansons des années 50. Tout cela se combine dans un joyeux pot-pourri conférant à Bioshock une couleur toute particulière. Et que dire des bruitages, angoissants au possible : clapotis de l’eau, cris de déments ou grincements en tout genre… les poils se dressent régulièrement sur les bras. Enfin, les voix en VF sont plus que crédibles : les ennemis vous crient dessus avec conviction et le développement de la trame scénaristique donne lieu à de vrais petits bijoux d’interprétation.
Jouabilité
9/10

Et hop, un FPS de plus ! J’entends déjà les premiers soupirs de lassitude. Ils sont pourtant injustifiés, Bioshock étant tout simplement LE FPS qu’il faut absolument posséder. Le système d’armement, qui vous oblige à combiner adroitement ce que vous portez dans chaque main, bouscule agréablement les habitudes et donne une petite teinte tactique des plus savoureuses. La difficulté, savamment dosée, laisse entrer dans l’aventure sans heurts ni crises de nerfs. Et puis les surprises se succèdent, niveau après niveau, qu’il s’agisse des améliorations des armes, des ennemis de plus en plus vicieux ou des décors qui savent se renouveler sans jamais trahir l’ambiance des années "post-deuxième guerre mondiale".


Intérêt Global : 9/10


Les studios Irrational Game, à l’origine du légendaire System Shock II, remettent le couvert avec un nouveau FPS qui puise ses mécanismes dans le monde de la baston pure et dure mais aussi dans celui des jeux de rôle. Sans tambours ni fanfare marketing, Bioshock débarque dans nos contrées précédé d’une belle petite réputation de jeu renouvelant le genre. Voyons sans plus attendre si cette dernière est méritée.

Rapture, ramassis d’aliénés
Avez-vous déjà entendu parler de Rapture ? Cette cité sous-marine secrète fut créée après la deuxième guerre mondiale par un mégalomane appelé Andrew Ryan. Ce dérangé a donné vie à ses utopies à plusieurs kilomètres de profondeur. Son but ? Une cité où les limites n’existent pas : des scientifiques qui laissent libre cours à leur folie créatrice, des artistes qui n’hésitent pas à tuer pour les besoins de leurs œuvres et je ne vous parle pas de tous les détraqués du bulbe que vous rencontrerez dans les ruelles obscures...


Nous sommes en 1960. Vous avez pris place dans un vol transatlantique. Vitesse et altitude de croisière. Tout se passe bien ou plutôt se passait bien, car évidemment, à la manière du Pierre Richard moyen, vous êtes plutôt d’un naturel malchanceux et, en moins de deux, c’est le crash en pleine mer. Alors que votre existence semblait devoir s’écourter brutalement, vous découvrez, émergeant des flots, une étrange tour aux bras protecteurs. Utilisant une sorte d’ascenseur sous-marin, vous vous retrouvez catapulté dans cette cité sous-marine dont vous ignorez tout. Et le spectacle n’est pas particulièrement rassurant : tout est dévasté, la structure connait des voies d’eau un peu partout et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’y a pas foule !


Dès les premières minutes de jeu, Bioshock vous happe dans son ambiance sombre, glauque et dérangeante. Dans ce contexte de désolation, isolé et épuisé, vous priez pour obtenir un peu d’aide et celle-ci se manifeste rapidement par l’intermédiaire d’un talkie-walkie. Un certain Atlas vous propose son aide en échange d’un petit coup de main pour sauver sa famille. Ami ou ennemi ? De toute façon vous n’avez pas vraiment le choix, il vous faut avancer pour survivre et pour espérer lever le voile sur cette mystérieuse cité.

La suite de l’aventure, vous la vivrez au rythme des informations distillées par Atlas et des témoignages de disparus délivrés au hasard de magnétophones, quand ce ne sera pas directement des fantômes des âmes perdues de ce cauchemar urbain. Le maître des lieux, Andrew Ryan, n’hésitera pas non plus à vous interpeller pour vous dissuader d’aller plus loin dans vos investigations. Vous l’aurez compris, le scénario revêt ici une importance capitale, ce qui nous change agréablement du FPS lambda.


Un mélange explosif de FPS et d’aventure
Vous commencerez vos pérégrinations armé d’une simple clé à molette, puis, petit à petit, vous goûterez aux joies d’un arsenal, certes classique, mais tout à fait digne de ce nom : pistolet, fusil à pompe, mitraillette, lance-grenades, arbalète et même lanceur chimique. Tout cela vous sera évidemment très secourable mais pas suffisant. N’oubliez pas que vous évoluez dans le paradis de la manipulation génétique, enfant terrible de scientifiques livrés à eux-mêmes. Dans cet univers instable, votre physiologie va rapidement s’altérer au contact d’une substance locale, la Plasmide, mais vous vous découvrirez aussi divers pouvoirs insoupçonnés tels que la télékinésie, la faculté de lancer des flammes et des éclairs ou encore celle de maîtriser la glace. Bien sûr, rien n’est gratuit et pour alimenter ces pouvoirs, il vous faudra récolter "l’Eve" que vous trouverez sous forme de seringues sur votre chemin. Avec ce mélange d’armes traditionnelles et de pouvoirs surnaturels, Bioshock s’offre une dimension tactique. Vous pourrez par exemple immobiliser vos ennemis avec l’électricité avant de les achever à coups de clé à molette ou les geler pour mieux les éclater d’une seule balle de pistolet. Ces procédés demandent une certaine gymnastique ludique qui oriente définitivement Bioshock vers un public de gamers expérimentés.


L’originalité de Bioshock ne se résume pas exclusivement aux pouvoirs spéciaux. Vous aurez ainsi à prendre en compte un vaste système d’améliorations, de vos capacités physiques à vos aptitudes au combat en passant par votre habilité en manufacture. Cette dernière vous permettra notamment de fabriquer des armes ou des munitions ou encore de pirater les tourelles ennemies pour qu’elles défendent votre camp. Grâce à votre appareil photo, vous pourrez aussi effectuer des recherches sur vos ennemis (à la manière de Metroid Prime) pour connaître leurs points faibles et améliorer l’efficacité de vos armes sur les sujets étudiés.

Ainsi, en sus d’un scénario captivant, Bioshock se dote d’une mécanique d’évolution très stimulante. Celle-ci est non seulement conditionnée par la récolte d’Eve mais aussi par la gestion d’Adam (forcément), substance que renferme des créatures appelées "petites sœurs". Résultats d’expériences scientifiques, ces fillettes sont des personnages clés à plus d’un titre. A chaque fois que vous en croiserez une, se posera un lourd cas de conscience : la sauver avec, en retour, une récolte d’Adam moindre, ou lui extraire toute sa substance au risque de la tuer.


Attention aux choix inspirés par l’appât du gain car il n’est pas dit que les bons samaritains soient les moins récompensés… Ah oui, j’oubliais un petit détail, les petites sœurs sont toujours accompagnées de protecteurs - de véritables armoires à glace - qu’il vous faudra éliminer si vous voulez leur parler. Aussi fascinantes que déstabilisantes, les petites sœurs atténuent un peu la noirceur ambiante et synthétisent d’une certaine manière la part d’humanisme que les développeurs ont injecté dans ce soft.

Avant de conclure, parlons un peu des ennemis dont on ne peut pas dire qu’ils aient une IA irréprochable même s’ils sont suffisamment hargneux pour vous donner du fil à retordre. On se souviendra surtout d’eux parce qu’ils forment une belle brochette de cinglés. On les appelle les "chrosômes", en d’autres termes des humains modifiés par un usage abusif de Plasmide. On trouve pêle-mêle des acrobates, des brutes épaisses et bien sûr de mémorables Boss de fin de niveau.


Bioshock est un pur chef-d’œuvre, un jeu qui sans nul doute fera date et que tout adepte de FPS se doit de posséder dans sa ludothèque. Mais pas seulement,… Car une fois n’est pas coutume, Bioshock peut également séduire ceux qui habituellement ne sont pas attirés par ces softs qu’ils considèrent comme trop "bourrins".
Car répétons-le une nouvelle fois, la grande force du jeu développé par Irrationnal réside dans son univers à la fois original, riche et cohérent. Rarement un jeu n’aura proposé un background aussi immersif et dépaysant. Exit les coursives futuristes utilisées ad nauseam depuis la mainmise des "Quake-like" sur le genre : Bioshock dépoussière sérieusement tout cela en adoptant une esthétique à la croisée de Jules Verne, Conan Doyle et Clive Barker. Oui, Bioshock est un jeu ERUDIT et l’on peut s’amuser à repérer les multiples influences littéraires et cinématographiques qui ont inspiré les développeurs.


Moins bon sur PC !?
Bioshock sur PC est tout aussi sublime que sur 360 à la condition de posséder, bien évidemment, une configuration musclée sous peine de revoir tous les réglages à la baisse et de ne pas profiter de la claque graphique attendue. D’ailleurs, il est clair que le bienheureux qui possèderait une 360 et un PC n’a pas spécialement intérêt à acquérir la version pour Windows et ceci pour deux raisons. Outre la puissance exigée pour profiter pleinement du jeu, Bioshock est une expérience solo qui ne propose aucun mode multi joueurs. Les adeptes du frag frénétique peuvent donc retourner sur les serveurs de Counter Strike

Mais c’est surtout, le système de protection anti-piratage choisi par l’éditeur qui ne manquera d’agacer l’éventuel acquéreur. Agé de presque 40 ans, je peux me targuer d’avoir à peu près connu tous les systèmes de protection imaginables, jusqu’au code à déchiffrer dans une notice violette et non photocopiable (ils étaient vraiment prêts à tout à l’époque du 5 pouce ¼ !). Mais pour le coup, on atteint des sommets et la presse vidéoludique fait ses choux gras de "l’affaire" depuis la sortie du jeu dans les bacs. En effet, le système Securicom adopté par l’éditeur oblige le joueur à activer son produit via un système "steam". Mais pour corser l’affaire, le nombre d’installations du jeu est limité à deux ordinateurs. Et si vous aviez deux fixes et un portable ? Eh bien, c’est votre problème… Depuis, toutes les informations contradictoires circulent : suppression prochaine et totale de la limitation, nombre d’installations porté à 5. Du grand n’importe quoi ! Il faudrait quand même faire la différence entre lutter contre le piratage via le peer-to-peer et limiter l’utilisation d’un soft acquis légalement par un consommateur. Mais après les CD audio tellement protégés qu’ils en devenaient illisibles, on pouvait s’attendre à tout ! C’est beau le progrès…
    Par Tof et Phil    

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