Si vous êtes amateur de jeux de rôle, vous ne pouvez avoir oublié l’excellente surprise PS2 de l’année 2006 :
Dragon Quest : L’Odyssée du Roi Maudit, ce RPG très dense aux personnages mignons tout plein en cell-shading. Eh bien, réjouissez-vous car
Rogue Galaxy, le nouveau rejeton des studios Level 5, vient tout juste d’arriver sous nos latitudes. Sorti en 2005 au pays des samouraïs, ce titre était évidemment très attendu par un grand nombre de fans. Reste à savoir s’il peut encore aujourd’hui tirer son épingle du jeu au sein d’une ludothèque PS2 déjà bien fournie dans le domaine…
Quand on pense odyssée spatiale…
Le pitch de départ n’est pas sans rappeler une certaine hexalogie. Vous incarnez un jeune esclave appelé Jaster sur une planète aux paysages désertiques. Cette dernière est exploitée par une confédération interplanétaire que l’on pourrait aisément qualifier "d’empire". Le hasard met sur votre chemin un couple de sympathiques droïds qui, au bénéfice d’un quiproquo sur votre personne, décide de vous emmener vers des cieux à priori plus cléments. Vous voilà donc embarqué à bord d’un vaisseau pirate en route pour une belle série d’aventures et de rencontres inattendues. Je vous passe les détails, mais vous avez déjà compris que
Rogue Galaxy constitue avant tout un vibrant hommage à l’œuvre du père Lucas, une influence flagrante qui aura aussi un impact sur les décors des différentes planètes visitées.

Le gameplay ne réserve aucune surprise en matière d’exploration : vous alternez les promenades dans les villages et les déambulations dans les zones plus sauvages où le hasard vous confronte à des hordes d’ennemis. Et c’est là que tout devient plus intéressant. A la manière de l’excellent
Tales of Symphonia sur GameCube, les combats se déroulent en temps réel. Oubliez donc pour un temps vos vieux automatismes et le rythme pépère en tour par tour, les affrontements s’exécutent ici sur un tempo effréné. Cependant,
Rogue Galaxy reste bien ancré dans le genre RPG avec les indispensables points de dégâts, les fioles magiques, les améliorations, et bien sûr les armes et équipements aussi divers que variés.

Pendant les affrontements, vous ferez généralement équipe avec deux autres compagnons. Ils sont alors gérés (et plutôt bien gérés) par l’IA. Vous pouvez néanmoins leur donner des ordres tactiques pour qu’ils adoptent une attitude plutôt agressive ou plutôt défensive. En cas de coup dur, vous bénéficiez même d’une option "tout donner". Toutefois, mieux vaut ne pas en abuser car elle permet à l’IA de piocher sans vergogne dans l’inventaire et vous risquez plus tard de vous trouver dépourvu (quand la bise…). En plus de ces mécanismes assez conventionnels, une petite nouveauté vient un peu pimenter l’action : pendant les affrontements, il arrivera que vos coéquipiers vous donnent des conseils ou vous demandent un certain item. Ainsi, l’un pourra vous quémander une fiole pendant que l’autre souhaitera déclencher tel ou tel enchantement. A vous ensuite de leur donner votre aval par l’intermédiaire des gâchettes de la Dualshock. La gestion de ces conseils, en sus de l’action en temps réel et de la tripotée d’ennemis à occire, donne à chaque combat un rythme d’enfer et fait invariablement monter la tension pour un plaisir redoublé. Plaisir d’autant plus présent que l’interface de manipulation frôle l’excellence avec une ergonomie sans failles. Et que dire des pugilats avec les Boss ? Tout bonnement fantastiques, ils deviennent vite de redoutables moteurs de motivation donnant envie d’aller au plus vite au terme des niveaux pour les rencontrer.

Dans la grande tradition des RPG,
Rogue Galaxy propose aussi un certain nombre de quêtes et d’activités annexes. Vous pourrez ainsi améliorer les capacités de vos persos en collectant certains objets à placer dans une "carte des révélations". Celle-ci vous gratifiera en retour à chaque fois que vous réunirez tous les objets d’une même catégorie. Une grenouille un peu bizarre vous permettra par ailleurs de fusionner différents objets pour en créer de nouveaux ou pour rendre une arme plus puissante. Aucune indication n’étant donnée sur les bons mélanges, on se prend vite à essayer tous les types de combinaisons possibles. Enfin, les collectionneurs dans l’âme pourront céder à leur pêché mignon en collectant toutes sortes d’insectes qu’ils pourront ensuite entraîner pour les faire s’affronter dans un tournoi apparenté à ceux des
Pokémon.

Quelques sources de frustration ternissent cependant un peu ce beau tableau. Tout d’abord, le déroulement est très dirigiste et les cinématiques, bien trop lentes, ralentissent radicalement le rythme imprimé par les phases de combat. Ensuite, chaque personnage ne possède que quatre emplacements pour son équipement, ce qui restreint sévèrement le panel des combinaisons permettant d’améliorer telle ou telle caractéristique. Enfin, la caméra prend rarement de bonnes initiatives et vous oblige très régulièrement à lui rappeler quelle est sa place.
Nous voilà donc en présence d’un RPG tout ce qu’il y a de plus correct. Les combats sont jouissifs et le principe de voyager de planète en planète renouvelle assez bien l’intérêt du jeu. Il parviendrait même à nous faire oublier les menus défauts constatés. L’ambiance générale plaira aux fans du genre (elle n’est pas sans rappeler celle de
Skies of Arcadia). Qui plus est, le scénario s’affine au fur et à mesure de notre avancée. Sans véritablement casser la baraque,
Rogue Galaxy propose en définitive une belle et consistante aventure qui conviendra aussi bien aux habitués qu’aux néophytes.