Ce n’est pas la première fois qu’un FPS nous est annoncé comme "révolutionnaire", mais
TimeShift est néanmoins parvenu à éveiller notre curiosité en intégrant un concept assez inhabituel pour un jeu de tir, à savoir manipuler le temps pour influer sur le cours des événements. Manifestement le jeu a lui-même rencontré des petits soucis de gestion temporelle : d’abord prévu sur Xbox première génération, il a maintes fois été repoussé puis finalement reprogrammé pour 360 où, à nouveau, il s’est longtemps fait désiré. Tout contretemps engendre évidemment frustration, mécontentement mais aussi un niveau d’exigence accru. Exigence d’autant plus élevée que le soft a choisi de sortir en même temps que les poids lourds de sa catégorie en tête desquels figurent bien sûr
Halo 3 et
Call of Duty 4.

Entre le docteur maboule de
Assassin’s Creed et le docteur frappa-dingue de
TimeShift, les savants fous sont décidément à la mode. Celui de
TimeShift est au cœur d’un projet visant à développer une combinaison de combat permettant de maîtriser les flux temporels. Comme il est un peu mégalo sur les bords, notre scientifique veut aussi dominer le monde (forcément) et pour cela il a besoin de la fameuse combinaison. Sitôt dit, sitôt dérobé, il profite de sa nouvelle tenue pour faire un saut dans le passé où, fort de sa connaissance des technologies contemporaines (ou futures, c’est selon), il parvient à créer une réalité parallèle dans laquelle tous ses rêves de supériorité se réalisent : il devient le maître de la planète. Comme vous êtes le gentil de l’histoire et que vous ne pouvez certainement pas laisser faire ça, vous décidez d’emprunter une autre combinaison (ouf il y en avait deux) et vous vous précipitez sur les traces de l’affreux savant.
Passé simple ou futur antérieur ?
Comme vous l’aurez sans doute déjà compris, l’originalité de
TimeShift repose sur les spécificités de votre combinaison qui non seulement vous ont permis de retourner dans le passé mais vont aussi se révéler être un atout considérable lors de vos déambulations guerrières. En effet, ce petit bijou de technologie possède le pouvoir de stopper le temps ou de le ralentir mais vous permet aussi de retourner quelques secondes dans le passé. Si vous avez un peu d’imagination, vous avez déjà une petite idée des applications possibles : lorsque la situation parait compromise, gelez simplement le temps pour passer sous le nez de vos adversaires ou pour leur piquer leur arme (assez marrant de voir leur air ahuri en constatant qu’ils n’empoignent plus que du vide) ; ralentissez le cours des événements et vous pourrez faire un véritable carton dans les rangs ennemis, etc. Mais maîtriser le temps ne sert pas que dans le domaine guerrier. Quelques énigmes (un peu trop faciles) viendront un peu pimenter votre progression : stoppez tout pour traverser les flammes ou pour marcher sur l’eau, passez au ralenti pour devancer la chute d’un pont, la fermeture d’une porte ou la course d'un projectile…

Attention toutefois, ces capacités ne sont utilisables que pendant un court instant déterminé par une jauge idoine. Après chaque utilisation, vous devrez attendre qu’elle se remplisse à nouveau. Une fausse bonne idée car évoluer devient malgré cette jauge beaucoup trop facile : il vous suffit d’utiliser ces fonctions pour massacrer vos ennemis, d’attendre ensuite planqué derrière une caisse jusqu’au remplissage, puis boum vous repartez pour un nouveau génocide et ainsi de suite…
Par ailleurs, les autres compartiments du jeu ne sortent pas vraiment du lot. Le level-design trop convenu et l’action répétitive provoquent un ennui irrépressible au bout de quelques heures seulement. A cela s’ajoutent des objectifs peu clairs, une IA un peu trop téméraire pour être véritablement dangereuse et un scénar flou qui ne donne pas vraiment envie d’aller plus avant dans l’aventure.

Reste le mode multi qui propose des affrontements classiques ("deathmatch", "team deathmatch", "capture the flag") mais aussi quelques challenges basés spécifiquement sur la maîtrise du temps. Peut-être le meilleur atout du soft mais pour pouvoir en profiter, il faudrait tout de même un peu plus de joueurs en ligne. Or ils se font rares malheureusement.
Au final, l’expérience
TimeShift laisse un goût amer, celui de la déception et du gâchis. On est d’autant plus désolé que certaines vidéos nous avaient mis l’eau à la bouche avec toutes les interactions qui semblaient envisageables entre éléments du décor et dimension temporelle. Sur le papier, se jouer du temps était une très bonne idée. En pratique, elle est insuffisamment exploitée et on se retrouve finalement avec un jeu de tir trop facile et donc vite ennuyeux. Un FPS de plus sur Xbox 360, un de trop.