Le nouveau cru de la série
Call of Duty opte pour l’ellipse en nous propulsant de 1945 à nos jours. Un parti pris qui sonne d’emblée comme une excellente idée. D’abord parce que les trois opus précédents ont largement fait le tour de la seconde guerre mondiale, ensuite parce qu’il nous tardait de voir remise en cause l’hégémonie des titans
Rainbow Six Vegas et
Ghost Recon Advanced Warfighter 2. Voici donc venu
CoD 4 Modern Warfare qui - dans le fond - ressemble à ses aînés, avec le même système de commandes et la même immersion digne d’un film de guerre "made in Hollywood". Mais tout cela est maintenant parachuté dans un univers où les fusils à baïonnette laissent volontiers place aux Famas et aux hélicoptères dernier cri chargés jusqu’au rotor en missiles nucléaires…
Full Metal Duty
Tant qu’à en mettre plein la vue, autant démarrer sur les chapeaux de roue avec un remake de
Titanic… boosté au terrorisme ! C’est ce qui nous attend lors de la première mission. L’écran tangue, chavire, essuie les éclaboussures et fourmille de halos : un baptême du feu qui assure un mal de mer infernal. Ce premier acte mise avant tout sur des graphismes époustouflants et sur un rythme frénétique. L’interactivité pour sa part est mise de côté mais ce n’est que partie remise. On se contente donc d’obéir bêtement à son supérieur sans trop tuer d’adversaires. Quelques cinématiques plus tard, nous voilà pourtant contraints de défourailler au milieu des meutes d’ennemis qui n’en finissent pas de vider leurs chargeurs sur notre peloton tandis que, depuis l’arrière-plan, on devine déjà les premiers tirs de missiles.

C’est à ce moment précis que les choses sérieuses commencent vraiment. A partir de maintenant, vos alliés n’avanceront plus bêtement en faisant fi de votre présence. Ils prendront au contraire l’habitude d’attendre que vous nettoyiez les zones désignées par le commandant avant de vous suivre. L’impression d’incarner Rambo, d’assumer le rôle du big boss, vous saisira alors rapidement. Quel que soit l’objectif, c’est effectivement à vous qu’il reviendra de nettoyer le plus gros du terrain. Que vous restiez planqué dans les hautes herbes pour sniper de la matière grise (qui changera bientôt de couleur), que vous surgissiez de la pénombre un couteau à la main ou d’un hélico bien calé derrière votre lance-roquette, c’est bien vous qui serez le héros. Pour preuve, vous n’oublierez pas de grimper les échelons de la hiérarchie à la fin de chaque mission. Et plus vous prendrez de risques, plus rapide sera votre ascension. N’hésitez donc pas à embrocher des ennemis par dizaines ou à réexpédier une grenade sur le point de vous péter dans les jambes.
Du réalisme au grand guignol
CoD 4 joue clairement la carte du réalisme graphique - à l’heure actuelle on ne voit pour ainsi dire aucun jeu sur 360 aussi abouti - mais sans négliger le réalisme physique. Ainsi les balles traversent certains matériaux comme le bois, le plâtre ou la tôle, permettant d’aligner les bougres qui se croient cachés derrière un mur ou un obstacle. Largement moins crédible en revanche, vous pourrez encaisser plusieurs dizaines de balles avant de finalement mordre la poussière… Le simple fait de se mettre à l’abri suffit en effet toujours pour récupérer toute son énergie avant de retourner au combat comme si de rien n’était. La visée automatique fait également perdre un peu de crédit au soft de Infinity Ward, puisqu’il suffit de cliquer sur la gâchette gauche pour que le curseur se colle illico sur l’ennemi le plus proche. Enfin, mise en scène spectaculaire oblige, vous ressortirez sans égratignure d’un crash en hélico, de radiations atomiques et d’autres réjouissances du même calibre.
Routine interdite !
Le systématisme souvent reproché aux FPS dits "réalistes" (faire le ménage sur une map et basta) n’est pas d’actualité dans
CoD 4. Les missions sont variées et se renouvellent de manière si judicieuse qu’on a l’impression d’être le caractère principal d’un film au solide fil conducteur. Et si le nombre de vos victimes dépasse aisément la barre du millier en fin de campagne, le but n’est pas de mettre systématiquement tous les récalcitrants "au tas". Sauver un pilote en détresse, récupérer des mallettes contenant de précieuses informations ou s’infiltrer furtivement chez l’ennemi sont autant d’objectifs permettant de diversifier le programme.
Du solo avant tout
Une fois la carrière solo bouclée, on se penche naturellement vers le mode multijoueurs qui, une fois encore, frustre horriblement par l’absence de mode coopératif… Exit donc les grandes stratégies que l’on élaborait dans
Gears of War, ici il faudra nécessairement jouer les uns contre les autres (seul ou en équipe, certes). Les amateurs de frag, possesseurs d’une connexion au live, pourront bien sûr s’en donner à cœur joie sur une poignée de cartes dédiées à la tuerie pure et dure. Mais hormis un petit gadget sympathique (le renfort aérien au bout d’un certain nombre de victoires),
CoD 4 en multi ressemble à n’importe quel autre FPS et la lassitude nous gagne beaucoup plus tôt que chez un
Halo 3.
Titre très attendu s’il en est,
Call of Duty 4 : Modern Warfare a finalement bien peu de reproches à endosser. Ce nouvel opus est à la hauteur des espérances les plus folles malgré un mode multijoueurs un peu décevant. La licence gagne encore en finition, en fluidité et en frénésie. Difficile de trouver une seconde pour souffler, et la première envie qui nous gagne en arrivant au bout du mode solo est d’y retourner au plus vite! Parfois terrorisant de réalisme, souvent jouissif,
CoD 4 s’impose en patron, sur Xbox 360 comme ailleurs.