La Nintendo DS et ses 30 millions d’amis
Avec
Horse life, la Nintendo DS, autoproclamée à juste titre "grande prêtresse du casual gaming", tient un énième jeu gravitant autour de nos amies les bébêtes. Après le phénomène
Nintendogs, il était prévisible que l’ensemble de l’Arche de Noé serait passé en revue. Mais
Horse Life se veut tout de même un peu plus ambitieux que les
Catz ou
Dogz de tout poil puisque vous ne devrez pas seulement élever votre cheval et en prendre soin mais aussi le faire concourir lors de meetings afin de lui élaborer un palmarès de champion. On se retrouve donc face à un jeu lorgnant évidemment vers
Nintendogs dans la mesure où il s’agit de générer une certaine empathie vis-à-vis de votre canasson virtuel, mais aussi vers
Alexandra Ledermann pour l’aspect "simulation hippique".

De fait, l’ergonomie générale du soft, sans être excessivement compliquée, ne s’adresse pas au public le plus jeune comme on pourrait le supposer. Si chouchouter votre amie Flicka (pour moi, un cheval, c’est Tornado ou Flicka…) est à la portée de la première fillette venue, les compétitions s’appuient en revanche sur un maniement du stylet un peu plus exigeant.
Horse Life s’adresse donc aux enfants entre 7 et 14 ans et on évitera de l’offrir aux 5-6 ans pour les fêtes de fin d’année afin d’éviter tout sentiment de frustration.
On achève bien les chevaux…
Horse Life peut ainsi être séparé en deux volets. En premier lieu, vous devrez éduquer progressivement votre jeune poulain en veillant à sa bonne santé et à sa progression. Vous commencez par choisir votre cheval, la couleur de sa robe et évidemment son petit nom afin que vous puissiez le lui susurrer amoureusement à l'oreille. Puis, le jeu effectue instantanément un bond de deux ans : mon amie Flicka est désormais en âge de faire son premier trot dans la carrière ou au manège. Installé confortablement dans un box du haras familial, le cheval va pouvoir consolider son potentiel physique et technique afin de concourir. Pour cela, la recette est très simple : de l’amour et de l’entretien. En clair, il faut régulièrement nourrir l’animal, veiller à le brosser et repérer les éventuels petits bobos.

Toutes les actions s’effectuent au stylet et sont d’une simplicité enfantine. Le plus dur est finalement de s’astreindre à effectuer ces opérations très régulièrement et ceci sans aucune sorte de renouvellement. Autant le dire tout de suite, c’est rapidement fatigant et l’intérêt va malheureusement en décroissant, la faute à un manque de variété dans les options proposées.
Il faudra aussi promener votre cheval afin de parfaire sa condition. Là encore, si la première ballade forestière n’est pas désagréable (malgré des environnements tristounets), partir dans la cambrousse batifoler avec votre compagnon deviendra rapidement aussi enthousiasmant qu’une visite à la boucherie chevaline du coin…
Le Dada, c’est mon affaire !
Mais l’on reste patient dans l’attente de la première compétition. Trois types d’épreuves assez similaires peuvent se présenter. Le gameplay reste globalement le même pour chacune d’entre elles et s’opère intégralement au stylet. L’ensemble est plutôt bien pensé : en tapotant les flancs du cheval (ou en lui disant des mots doux dans le micro) vous accélérez son allure. Pour l’opération inverse, c’est la tête qu’il faut viser… Pour le reste, le système est un peu plus complexe puisqu’il est nécessaire de pointer rapidement des cercles et de reproduire à l’identique les tracés apparaissant à l’écran. Le système n’est pas inintéressant et demande une certaine concentration. En revanche, il est assez frustrant de ne pas pouvoir diriger librement le cheval et de ressentir cette impression permanente d’être téléguidé.
Horse Life n’est pas un mauvais jeu mais s’adresse clairement aux fanatiques du cheval. Les néophytes s’ennuieront trop rapidement et s’agaceront de cette extrême répétitivité. Maintenant de nombreuses petites filles ne rechigneront peut-être pas à passer quelques heures à manier une brosse ou une fourche virtuelles…