Aaaah ! Peut-on imaginer bonheur plus grand, quand on teste des jeux vidéo, que celui de se voir confier par son rédac’chef un soft tiré d’un film ou d’un dessin animé… Comme chacun sait, ce genre de produit se résume la plupart du temps à un jeu de plates-formes, sorti et réalisé à la va-vite, comptant surtout sur la renommée de son homologue du septième art pour se trouver un public. Cependant, un critique se doit aussi d’oublier ses a priori. C’est donc plein d’entrain, le cœur léger et la manette alerte, que je m’apprête à retrouver mon amie l’abeille aux grands yeux bleus.
En jaune et noir
Le personnage que nous allons incarner aujourd’hui porte un beau pyjama jaune rayé de noir (ou l’inverse) et fait partie d’une espèce d’insectes pas franchement souhaitée à l’heure du pique-nique. Notre abeille - puisque c’est bien d’elle qu’il s’agit - se trouve être en plein doute existentiel. Plus vraiment adolescente, pas encore adulte, elle découvre le monde du travail dans la ruche et, comme tout jeune rebelle qui se respecte, elle a surtout envie de se barrer pour vivre à sa manière la grande aventure de la vie ! S’en suivent les péripéties rocambolesques et trépidantes que
Bee Movie se fait fort de proposer aux plus jeunes de nos lecteurs…
Bzzz bzzz
Dès les premières minutes de jeu, la sacro-sainte impartialité mentionnée un peu plus haut en prend un sacré coup : les environnements dignes d’une PSOne, les couleurs fadasses et l’absence de textures dignes de ce nom laissent perplexe. Heureusement les premières missions proposées permettent de s’extirper un tant soit peu de cette hébétude incrédule. En effet, vous serez vite amené à jouer l’intérimaire à l’intérieur de la ruche : ici vous porterez la casquette de taxi, dans une espèce de clone de
Crazy Taxi, là vous vous improviserez réparateur de voitures (oui, les abeilles roulent quand elles ne volent pas), plus loin vous vous tirerez la bourre au volant de bolides improbables ou bien vous remplacerez le grutier du coin afin de manipuler une précieuse cargaison de miel. Même si le gameplay ne surprend pas fondamentalement, la variété des épreuves et la liberté de mouvements rend ces phases de jeu tout à fait sympathiques. En soi, ce n’est déjà pas si mal.
L’herbe est plus verte ailleurs
Mais ces petits emplois ne sauraient contenter une abeille éprise de liberté. Régulièrement, le destin va donc nous happer à l’extérieur de la ruche où nous attendent de plus grands desseins comme rencontrer une jolie humaine qui nous aura à la bonne (l’inconsciente), redonner vie aux fleurs fanées ou encore botter le postérieur des autres bestioles volantes puisqu’il faut bien des méchants dans toutes les bonnes histoires. Sans entrer dans le détail de chaque épreuve,
Bee Movie parvient là encore à surprendre agréablement notamment avec des dogfights assez convaincants (il faut dire que notre abeille est dotée d’un "lock" très dévastateur !), des balades bucoliques et quelques phases bien nerveuses où s’enchaînent les quick-events. Le jeu fourmille aussi de contenus à collectionner et monnayables grâce au miel récolté : des bagnoles, des costumes, des jeux vidéo, j’en passe et des meilleurs…

Sans être le jeu du siècle (ni de la semaine d’ailleurs),
Bee Movie : Le jeu ferait finalement presque partie des bonnes surprises de cette fin d’année. Ses mécanismes n’apportent rien de neuf mais nos chères têtes blondes y trouveront sans nul doute beaucoup de diversité et une bonne ration d’amusement. Ce jeu familial aurait simplement pu prétendre à une bien meilleure note s’il s’était accompagné d’une réalisation graphique à la hauteur.