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Titre : Mass effect (x360)
Support : Xbox 360
Editeur : Microsoft
Année : 2007
Genre : Jeu de rôle
Date de sortie :



Graphisme
7/10

Mass Effect va certainement décevoir ceux qui espéraient la bonne grosse claque graphique ! Et il est exact que le rendu est inégal, alternant des environnements honorables et d’autres nettement plus pauvres, en particulier sur le plan des textures. Reste qu’on se situe dans une bonne moyenne. Et puis, tant de jeux magnifiques ne sont au final que de simples coquilles vides…
Son
8/10

Le jeu mise énormément sur le relationnel et les dialogues. Excellente nouvelle : ceux-ci ne sont pas que textuels mais entièrement vocalisés, ce qui est assez rare pour être souligné. Mais la très bonne surprise provient plus encore de la qualité de la localisation : les voix françaises sont nickel et le tout est interprété avec conviction. Le reste de l’environnement sonore se maintient à un bon niveau.
Jouabilité
10/10

Bioware maîtrise son sujet, c’est certain. Voici un jeu de rôle au gameplay à la fois tactique et dynamique. Les escarmouches sont à ce titre toujours très tendues et bien rythmées. Mass Effect outrepasse la banale chasse aux XP pour vous immerger dans un univers d’une incroyable richesse. On ne joue pas à Mass Effect, on y vit une destinée hors du commun.


Intérêt Global : 9/10


Bioware n’est pas un développeur que l’on pourrait qualifier de "grand public", le genre à surfer sur les modes et s’incliner face aux tendances ludiques du moment. Si l’on regarde le curriculum vitae de ce prestigieux studio et ses différentes réalisations, on s’aperçoit rapidement que l’on a affaire à des passionnés de gros jeux, à la fois exigeants et foisonnants. De fait, Bioware s’est rapidement spécialisé dans le jeu de rôle avec des titres comme Baldur’s Gate ou plus récemment les très intéressantes exploitations de la licence Star Wars, les deux volets Knights Of The Old Republic.


Ce tout nouveau Mass Effect était donc particulièrement attendu par tous ceux à qui le "casual gaming" donne des boutons. D’autant que les visuels apparaissant ça et là au cours d’un long développement laissaient espérer des performances graphiques de haute volée. Autant le dire tout de suite, ne vous attendez pas à prendre une grosse baffe sur ce plan-là car, une fois encore, Bioware a largement privilégié la richesse de l’univers et le gameplay aux sirènes de l’esthétisme à tout crin. Mass Effect n’est effectivement pas un simple jeu de rôle mais véritablement un "jeu-monde", une incursion dans un univers d’une rare cohérence qui vous happe littéralement pour ne plus vous lâcher.

Commençons par présenter les bases. Le monde connu, constitué d’innombrables galaxies, est régi par une forme d’alliance, elle-même chapeauté par le Conseil, organe décisionnel tout-puissant seulement accessible à quelques races prestigieuses... Les Humains représentent dans ce schéma politique une force relativement modeste et se voient ainsi refuser les plus hautes responsabilités.


Pour faire régner l’ordre dans ce fragile édifice diplomatique, une organisation aux pouvoirs quasi illimités fut crée. Le Spectre est ainsi constitué d’individus triés sur le volet et libres d’utiliser tous les moyens possibles pour sauvegarder l’Alliance. Jusqu’à présent, jamais il n’avait été autorisé à un Humain d’intégrer cette élite à la fois crainte et respectée. C’est là que vous intervenez afin de réparer cette injustice ! En effet, un membre éminent du Spectre, le Turian Saren semble vouloir faire cavalier seul et laisser parler sa mégalomanie galopante. Pour l’aider dans sa tâche, il peut compter sur des hordes de créatures biocybernétiques et d’antiques artéfacts catalysant une extraordinaire puissance ! Fleuron de l’armée humaine, vous allez devenir un Spectre et partir à la recherche de Saren afin d’annihiler ses sombres desseins.


Après avoir créé votre avatar de toutes pièces en lui attribuant un sexe, une classe et des compétences, votre aventure peut commencer. Comme souvent dans un jeu de rôle, les premières heures sont un peu laborieuses : elles permettent néanmoins d’installer peu à peu la situation et de vous familiariser avec l’interface, nécessairement plus compliquée que dans un jeu lambda. Pourtant, la jouabilité est parfaitement pensée et ne devrait pas vous poser de gros problèmes. Mass Effect n’adopte pas le système du tour par tour, caractéristique des RPG nippons mais un système plus nerveux, réactif tout en restant tactique. Tous les combats se feront en un simili temps réel en ayant recours à une roue de commande. En clair, vous pouvez à tout moment interrompre une action pour modifier un certain nombre d’options qui vont du changement d’arme à l’utilisation d’un pouvoir. Le fonctionnement de l’ensemble est particulièrement fin, surtout si vous décidez de désactiver les différentes aides. Ainsi, vous pouvez gérer non seulement votre avatar mais aussi les différents coéquipiers qui ne manqueront pas d’embrasser la cause de l’Alliance. Pour les plus fainéants, une option permet d’attribuer par défaut une attitude défensive ou offensive. Vous pouvez alors vous soucier uniquement de vos basques ce qui n’est déjà pas si mal.


De nombreuses armes sont à votre disposition ainsi que des pouvoirs biotiques, aptitudes extra-sensorielles aux nets relents de "Force" made in Georges Lucas. Selon votre classe, vos capacités dans ces domaines seront variables même s’il est évidemment toujours possible d’effectuer des réajustements lors des passages au niveau supérieur.

Rien que de très classique, me direz-vous ! Ce n’est effectivement pas au niveau du gameplay, par ailleurs excellent, qu’il faut chercher une véritable innovation. Celle-ci se situe plutôt au niveau du développement de l’intrigue et de la découverte progressive d’un background d’une richesse hallucinante. Croyez-moi, vous n’en avez pas terminé de remplir les feuillets numériques de votre codex en collectant les informations sur les planètes, les races et leur coutumes, ou les différents développements technologiques. Mais le plus remarquable est que cet aspect encyclopédique n’est jamais rébarbatif, bien au contraire. Car la transmission des savoirs se fait uniquement (ou presque) en dialoguant avec les PNJ.


C’est au niveau de l’interactivité avec les créatures rencontrées que Mass Effect se pose en véritable référence. Jamais il ne m’a été donné de voir une interface de dialogues aussi riche et optimisée. On retrouve certes un système de questions multiples mais celles-ci sont d’une si grande variété et associés à des réponses si différenciés que l’on a vraiment l’impression de mener une discussion et non pas simplement d’appuyer sur des boutons. Ce réalisme est d’autant plus prégnant que vous pouvez anticiper d’une ou deux secondes votre prochaine question avant même que votre interlocuteur ait fini de répondre. Le résultat est là : il est possible d’enchaîner les répliques dans une totale fluidité et sans temps mort, une simple causette au comptoir d’une station orbitale devenant ainsi un pur moment de plaisir ludique.


Au bout de six ou sept heures de jeu, il est fort possible que vous passiez votre temps à bavarder, collecter des infos, soudoyer des informateurs plutôt que de défourailler frénétiquement votre blaster. Et les relations tendues entre Turians et Asariens ou les motivations des terribles Geths n’auront bientôt plus de secrets pour vous.

Mass Effect n’évoluera peut-être pas dans le Top 5 des meilleures ventes des fêtes de Noël, période propice aux licences plus "démocratiques". Mais si vous êtes un gamer, un vrai, vous tenez peut-être ici le jeu de l’année, ni plus ni moins. Car pour peu que vous soyez fan de SF et de roleplay, Mass Effect devrait rapidement vous envouter et faire oublier durant de nombreuses heures que vous n’êtes qu’un simple être humain, sur une toute petite planète perdue au milieu de l’immensité intergalactique…
    Par Phil    

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