Deux ans après la sortie d'un des meilleurs FPS de ces dernières années, il est bien triste de constater ce qu'est devenu
F.E.A.R. par l'entremise de sa nouvelle extension :
Perseus Mandate. Un scénario sans grande révélation, très peu de nouvelles armes, des ennemis inédits certes intéressants mais bien trop rares… Bref, on est malheureusement parti pour mourir d'ennui à défaut d'effroi…
Perseus Mandate est un stand-alone, c'est-à-dire un add-on ne nécessitant pas le jeu principal pour fonctionner, ce qui constitue indéniablement un bon point. Le joueur y incarne un sergent, membre de la seconde unité de F.E.A.R., chargé d'enquêter sur les projets d'Armakham. Rappelons que
F.E.A.R., l’épisode original, s'était achevé sur une fin très ouverte (ou très fermée suivant les opinions) et que sa première extension,
Extraction Point, s’était pour sa part montrée très avare en informations (et un intérêt aussi d’ailleurs).

Ceux qui connaissent déjà cet univers couplant paranormal et action retrouveront rapidement leurs habitudes et leurs sensations. De très belles séquences de gunfight côtoient des moments de grande solitude face à l'horreur latente, le tout dans un environnement graphique des plus léchés… ou presque, car la mayonnaise a beaucoup de difficultés à prendre cette fois-ci. Tout d’abord, on note assez rapidement une forte disparité dans le soin apporté aux textures : la plupart des environnements souterrains sont très bien rendus avec pléthore de détails, alors que certaines représentations du monde extérieur ont l'air d'avoir été réalisées par un joueur amateur qui aurait téléchargé le sdkit et fait ses premières armes avec…
Ensuite, on n'éprouve pas la sensation d'évoluer progressivement dans une aventure. Les beaucoup trop longues séquences de cheminement, sans rencontrer personne, donnent régulièrement naissance à une sensation d'ennui. Elles alternent brutalement avec les phases d'action échevelée, apparemment sans queue ni tête…
Perseus Mandate ferait ainsi plus penser à un jeu d'arcade bien bourrin plutôt qu'à un digne successeur d'un des meilleurs FPS réalisés à ce jour.

Enfin, côté scénario, on ressent une certaine impression de vacuité, fort peu de choses étant révélées à part en toute fin de mission. Et ce n'est pas le fait de rencontrer occasionnellement, pour ne pas dire gratuitement, des personnages de l'épisode principal (Alma, Fettel…) qui y changera grand-chose…
La série n’a toutefois pas perdue tous ses atouts : le graphisme reste de bonne qualité, même rapporté aux standards actuels, et l'intelligence artificielle des ennemis est aussi redoutable que dans le premier
F.E.A.R. : si certains adversaires "basiques" demeurent bêtement derrière la même protection, d'où il n'est guère difficile de les déloger, ils sont largement compensés par l'arrivée des très performants et bondissants Nightcrawlers qui épuisent nos munitions, armure et points de vie à une vitesse effarante !

En somme, on trouve beaucoup de bon et de mauvais dans cette deuxième suite d'un titre glorieux mais dont les deux add-ons ne justifient finalement pas vraiment leur existence. On éprouve toujours du plaisir à combattre dans les sempiternels couloirs souterrains, dans les bureaux de standing et dans la nouvelle base secrète, mais malheureusement au prix de longs passages marqués par un ennui profond et répété. On attendra donc le départ vers de nouveaux horizons des gens de Monolith qui nous promettent un
F.E.A.R. 2 à même de satisfaire les fans un peu dépités… Et pour
No One Lives Forever 3, c'est quand ils veulent !