Dans la galaxie Nintendo, le célèbre
Donkey Kong fait figure de gorille à tout faire. Créature à la fois teigneuse et sympathique, Kong est de tous les rendez-vous, que ce soit au volant de son kart ou plus récemment sur les pistes olympiques. De temps à autre, ce personnage haut en couleur retrouve un peu de sa superbe et remonte en haut de l’affiche comme ce fut le cas sur GameCube avec la série des
Donkey Konga. Et l’on se souvient dans ces moments trop rares, de sa vieille Game and Watch orange et du légendaire duel l’opposant au petit plombier moustachu qui lui volera la vedette pour les décennies à venir.
Alors forcément, lorsque Nintendo sort de ses cartons un nouveau jeu gravitant autour de cette icône ludique, on se prend à espérer d’un soft à la hauteur et non d’une exploitation bâclée et sans grand intérêt.

Cette fois-ci, Donkey délaisse ses congas (bien malheureusement, on y reviendra…) pour se lancer dans un championnat de jet, version aérienne de la désormais célèbre compétition de karting. Les similitudes entre
Donkey Kong Jet Race et
Mario Kart sont d’ailleurs nombreuses, que ce soit le design global évidemment coloré ou la présence de mini-jeux proposant différents défis et autorisant le déblocage de plusieurs personnages. Concernant le "Grand Prix de la Jungle", celui-ci est également divisé en plusieurs circuits qu’il s’agit de remporter un à un, chaque succès ouvrant l’accès aux épreuves suivantes. Du grand classique quoi !
En fait la seule, mais "importantissime", différence entre les deux licences, c’est la qualité ! Là où
Mario Kart convainc par son fun et son dynamisme,
Donkey Kong Jet Race cumule les défauts plus ou moins supportables.

Le premier écueil réside dans le contrôle de votre jet et là, on ne peut pas dire que les développeurs se soient foulés… En gros, on retrouve un système déjà utilisé dans maints jeux sur cette console, pourtant relativement récente. On commence par secouer alternativement le Nunchunk et la Wiimote pour prendre de la vitesse. Puis, une fois celle-ci stabilisée, on se contente d’orienter le véhicule par petits mouvements et enfin de sauter par-dessus les obstacles en élevant simultanément les contrôleurs. Original, non ? Bon d’accord, on a déjà eu le droit à tout ça dans
Rayman,
Mario et Sonic aux Jeux Olympiques,
Wii Play et j’en passe, mais quand on aime, il parait qu’on ne compte pas…
Plus grave, les courses sont relativement insipides et d’une lenteur pétrifiante malgré la possibilité de booster son véhicule et de récupérer des items tout au long des épreuves. De toute évidence, ces jets fonctionnent plus à l’huile de colza qu’au nitrométhanol…

Ajoutez à cela des tracés qui ont rapidement tendance à se ressembler et vous tenez là un parfait exemple de jeu programmé "en pilotage automatique". Soyons clairs, passées les premières suées toujours amusantes, on s’ennuie ferme tant
Donkey Kong Jet Race peine à se renouveler ou à proposer un véritable challenge. En fait, seule une option, délaissée de manière incongrue, aurait pu faire de ce jeu une vraie et bonne surprise : l’utilisation des congas. Laisser la possibilité au joueur d’employer son vieil accessoire poussiéreux ne posait en soi aucun problème technique et proposait même une jouabilité sans doute bien plus immersive. On ne peut donc que regretter ce manque de clairvoyance : les anciens acheteurs de
Donkey Konga apprécieront…
Au final, ce n’est pas encore cette-fois ci que Kong viendra titiller son ennemi de toujours. Mario peut encore narguer notre gorille et se reposer sur des lauriers autrement plus mérités.