Par son approche originale de la stratégie en temps réel,
Battalion Wars premier du nom était parvenu à concilier succès public et reconnaissance critique. Dans les faits, plutôt que de stratégie au sens strict, il s’agissait surtout d’action guerrière agrémentée de quelques mécanismes de gestion de troupes. Le seul véritable reproche que l’on pouvait formuler à l’encontre de ce soft définitivement novateur concernait l’interface de commandement, particulièrement délicate à maîtriser avec une manette GameCube (ne s’improvise pas souris qui veut). Pour ce deuxième épisode, Nintendo nous promettait une jouabilité améliorée, en grande partie grâce au couple Wiimote-Nunchuk. Qu’en est-il maintenant dans la pratique ?
Du rififi à BattalionWars land
A la suite du conflit mondial détaillé dans le premier opus, une courte période de paix permit aux différents clans de ranger armes et rancoeurs. Chacun pu ainsi remettre un peu d’ordre dans l’univers déjanté de
Battalion Wars. Mais c’était sans compter sur des instincts guerriers persistants et inhérents à toute civilisation. Il a suffit d’une rumeur au sujet d’une arme secrète pour que le petit jeu des alliances et les combats redémarrent de plus belle. On ne va pas s’attarder ici sur les différentes civilisations concernées ni sur les raisons qui ont pu les pousser à s’affronter mais on note au passage que les développeurs n’ont rien perdu de leur verve créatrice. Celle-ci se traduit pas des personnages caricaturaux à souhait, des nations hautes en couleur et un arsenal au design étonnant, mélange de technologie moderne et de vieux véhicules conceptuels tels que pouvait en dessiner Léonard de Vinci.

Avant d’aller plus loin, revenons en quelques mots sur les tenants et aboutissants d’une opération. En tant que commandant, vous devez diriger des bataillons composés de soldats et de véhicules de manière à accomplir des missions en tout genre : capture d’une base ennemie, protection d’un site stratégique, libération de prisonniers, etc. Attention, non seulement vous déplacez les troupes mais vous incarnez aussi l’une d’entre elles. Vous êtes en effet directement catapulté au cœur de l’action (que vous visualiserez à la troisième personne), histoire de prouver à vos ennemis que, vous aussi, vous savez manier la kalachnikov.

Contrairement aux RTS classiques, vous ne construisez pas de bâtiments et vous n’exploitez pas de ressources. Ici on vous demande simplement de diriger les unités mises à votre disposition et de capturer des bases ennemies dans le but d’accroître votre force de frappe. Cela peut paraître simple, toutefois un champ de bataille n’étant pas fait pour les pieds tendres, vous devrez faire preuve d’un sens stratégique aiguisé pour vous en sortir. A chaque mal son remède : face aux blindés ennemis par exemple, il pourrait s’avérer judicieux de sortir les bazookas tout en n’oubliant pas de leur procurer le soutien aérien qui s’occupera des fantassins adverses, particulièrement néfastes pour leur santé. Cependant, en certaines occasions, mieux vaut faire patienter vos avions pour éviter qu’ils ne s’empalent sur la DCA ennemie, etc. Toutes ses interactions forment un mélange improbable de stratégie et d’action dans une ambiance militaire légère et rafraîchissante. On avait déjà goûté à ce gameplay, mais c’est avec un plaisir rare qu’on en reprend une grosse cuillerée.
La Wiimote en sceptre de guerre
Bien sûr, c’est avant tout sur le terrain de la maniabilité que l’on attendait ce second volet au tournant. Coupons court à toute tergiversation, la prise en main est tout simplement idéale ! Le pointeur se révèle parfaitement efficace pour viser et pour sélectionner les unités. Le Nunchuk n’est pas en reste avec son stick permettant de se déplacer et son bouton Z pour verrouiller les ennemis. Les détecteurs de mouvements sont évidemment mis à contribution : ici vous saisirez la Wiimote pour diriger un avion, là vous inclinerez le Nunchuk pour exécuter une roulades salvatrice, plus loin vous l’agiterez pour ordonner à votre sous-marin de plonger. En un mot comme en cent, on a ici une belle illustration du riche potentiel des contrôleurs de la Wii (quand ils sont bien exploités). Chaque geste, chaque manœuvre se réalise de la manière la plus naturelle et intuitive qui soit.

Du côté des modes de jeu, la campagne s’avère peut-être un peu courte mais elle est solidement secondée par le mode online. Oui, vous avez bien lu, la Wii se met enfin au multi XXL ! Même si on n’y trouve que trois catégories d’affrontement, l’espace en ligne propose des solutions de jeu suffisamment variées pour booster considérablement la durée de vie du soft. Le mode "coopération" permet ainsi d’accomplir des missions diverses en vous alliant à d’autres joueurs. Le mode "escarmouche" propose pour sa part des affrontements classiques entre deux adversaires. Quant au mode "assaut", il vous invite comme son nom l’indique à assiéger une base défendue par un autre joueur. Les adversaires potentiels sont déjà nombreux sur les serveurs et nous n’avons constaté aucun lag durant nos parties.

La tâche la plus délicate sera finalement de formuler une critique négative. Le style de
Battalion Wars 2 ne plaira sans doute pas à tout le monde mais ses qualités ludiques sont indéniables. Avec une maniabilité aux petits oignons et un humour omniprésent, déplacer nos unités terrestres, maritimes ou aériennes est un vrai régal. L’étonnante facilité avec laquelle s’effectuent les diverses manipulations offre un terrain idéal pour développer de grandes stratégies. En définitive, les développeurs de
Kuju Entertainment ont repris les bases du premier volet dont ils ont su corriger les quelques imperfections pour rendre une copie peaufinée, tout simplement indispensable à tout possesseur de Nintendo Wii.