La sortie de
Devil May Cry 4 était particulièrement attendue par les fans de la série et ceci à double titre. Tout d’abord, cet opus succède à deux épisodes un poil décevants et ne parvenant jamais à atteindre le niveau d’excellence du soft originel. Mais surtout, ce
Devil May Cry 4 déboule sur Xbox 360 et non plus seulement sur la console de Sony : après
GTA, voici encore une licence bien décidée à toucher le maximum de joueurs au prix de quelques infidélités. Ce ne sont pas les possesseurs de la console de Microsoft qui s’en plaindront...

Disons-le d’entrée,
Devil May Cry 4 ne révolutionne pas le genre et s’appuie sur les bases de son immense succès : il s’agit donc toujours d’un beat’em all à la sauce goth-métal dans lequel vous devrez défier des forces maléfiques et sauver l’univers. Rien que ça !
Traduit en termes de gameplay, il s’agit de zigouiller avec classe et maestria les hordes démoniaques bien décidées à s’établir définitivement sur notre petite planète. Néanmoins, soucieux de relancer quelque peu la série, Capcom a décidé d’intégrer une ou deux nouveautés à même de titiller les fans.
Pour commencer, le personnage principal ne sera plus le légendaire Dante mais un tout nouveau héros prénommé Nero. Que les puristes se rassurent, Dante fera tout de même de longues apparitions et son alter ego s’avère tout aussi classe et détenteur de pouvoirs tout aussi destructeurs. A la limite, on pourrait même regretter que les développeurs ne soient pas allés un peu plus loin en proposant un personnage rigoureusement diffèrent. Nero, c’est un peu un Dante bis en plus impulsif et en moins cynique : en plus jeune, quoi ! D’un autre côté, il s’agissait de conserver l’âme de la série…

Mission parfaitement accomplie sur tous les points, y compris celui du scénario toujours aussi abscons (et encore, on pourrait assez légitiment se passer du préfixe). Franchement, on se rend très rapidement compte que la vague histoire, délayée tout au long de cinématiques aussi magnifiques qu’inutiles, est un vague prétexte pour faire le lien entre des scènes d’anthologie. Même la filiation entre Nero et Dante reste particulièrement floue. Certains affirmeront que le mystère sera élucidé dans un cinquième épisode : à titre personnel, je pense plutôt que les scénaristes élaborent leur trame au radar !

Mais après tout, cela n’est pas si grave puisqu’on est là pour exploser du boss dans un déchainement d’effets en tout genre et sur ce point, le contrat est plus que rempli. Il faut dire que Nero possède des arguments de poids et en premier lieu un bras démoniaque aux capacités phénoménales. Sobrement appelé
The Devil Bringer, celui-ci peut s’étirer pour choper les ennemis à distance et les faire valser dans les airs comme de pauvres pantins. Dans un registre moins agressif, c’est également grâce à l’élasticité hors-norme de son bras droit que Nero pourra se propulser à des hauteurs vertigineuses en s’agrippant aux éléments du décor. Pas de doute, ce nouvel artefact n’est pas un simple gadget et sera sollicité tout au long de l’aventure. Une fois maitrisé, le
Devil Bringer vous autorisera des combos hallucinants et finalement assez faciles à réaliser. Nero se voit également équipé d’une petite babiole d’1m50 à savoir sa valeureuse épée
Red Queen. Petite innovation sympathique, cette imposante lame peut temporairement se charger d’énergie pour réaliser des attaques encore plus fulgurantes et spectaculaires (si, si, c’est possible !). Il faut dire que certains boss sont proprement hallucinants et dégagent une impression de puissance rarement atteinte.

La licence
Devil May Cry s’est toujours appliquée à proposer des combats déchainés et classieux dans leur déroulement et ce nouvel opus ne déroge pas à la règle. La prise en main est même un peu plus facile ce qui n’est pas un mal si l’on considère l’extrême exigence du précédent épisode. Il est également sympathique de reprendre en main Dante au milieu de l’aventure pour profiter de ses techniques spécifiques. C’est d’ailleurs l’occasion de pouvoir constater la réelle différence entre les deux personnages qui possèdent leurs aptitudes propres. Dommage en revanche de devoir refaire avec Dante exactement les même niveaux ! Certes, celui-ci offre un autre gameplay mais évoluer dans les mêmes décors et contre les mêmes ennemis est tout de même un peu frustrant.
Reste que ce
Devil May Cry 4 est une bonne grosse bombasse de jeu que tout amateur d’action se doit de posséder dans sa ludothèque. Après la claque
God of War 2, les amateurs d’action peuvent tendre l’autre joue avec le sourire. Parfois, il est bon de se faire du mal…