Les
Rainbow Six en auront traversé des épisodes depuis leur apparition sur PC en 1998 ! Entre add-on inoffensifs et suites désastreuses, le pic de la série semblait définitivement atteint par
Raven Shield : difficile, angoissant au possible et surtout parfaitement conçu pour le multijoueur (et largement enrichi par les maps créées par les fans). Les successeurs de Raven Shield se sont ensuite suivis de près sans vraiment parvenir à convaincre. Jusqu’en 2006, avec la sortie du premier
Rainbow Six Vegas, où l’on retrouvait enfin la dose d’adrénaline d’antan. Bien que très perfectible, le titre nous aura scotché à nos manettes - essentiellement en multijoueur - avant d’être vite enterré par d’autres poids lourds de sa catégorie comme l'implacable
Call of Duty 4.
Ce retour à Las Vegas, que nul n’attendait comme révolutionnaire, arrive malgré tout à point pour confirmer que les développeurs souhaitent eux aussi renouer avec l’âge d’or de
Rainbow Six. Les fans de la première heure seront-ils rassasiés pour autant ?
Rainbow et le système de la carotte "A.C.E.S"
Vegas 2, contrairement à ce que son nom suggère, n’est pas une suite mais une préquelle de
Vegas 1. La narration s’inscrit quelques années avant les événements tragiques que l’on connaît et élucide tous les points mystérieux relatifs à l’énorme entreprise terroriste précédemment affrontée. En progressant dans l’aventure, on finira donc par rejoindre la trame de
Vegas 1.
Voici donc un premier prétexte pour ne pas rester tout le jeu durant confiné à l’intérieur des célèbres casinos de la ville de toc. La France, les chantiers périphériques de Vegas, son palais des congrès ou le strip (artère principale de la ville) nous en feront voir de toutes les couleurs, le tout dans des maps aux dimensions vertigineuses. Quant à la nostalgie de
Raven Shield dont nous parlions plus tôt, elle paye, puisqu’on a enfin droit à quelques unes de ces cartes pour le mode "Chasse aux terroristes" dont la légendaire "Présidio".

En ce qui concerne l’évolution par rapport au premier Vegas, elle se situe surtout au niveau de l’acquisition de points d’xp. Car si une majorité des joueurs sont des pros de la gâchette, d’autres avaient toujours tendance à jouer les planqués derrière leurs coéquipiers ou dans quelques nuages de fumigène (certes la technique payait toujours). Mais où était le mérite ?
Tant pis pour ces froussards car leur technique chérie ne marchera plus aussi bien dans
Vegas 2 ! Tout d’abord à cause de la taille des environnements. Un petit nuage pour s’abriter ne couvre plus suffisamment et dure moins longtemps. Et puis à cause du système A.C.E.S
Avec lui, il faudra faire ses preuves dans trois disciplines aussi nobles que le corps à corps, le snipe ou… le gros bourrin. A chaque exploit accompli, au lieu d’être encouragé par un vulgaire logo vert (gadget bidon qui en a frustré plus d’un dans
Gears of War), vous monterez en grade et aurez en prime un nouvel équipement (cool le marcel en kevlar et les jambières de 20kgs) ou d’autres armes éminemment réjouissantes.
Bien qu’on se soit méfié de l’A.C.E.S. avant la sortie du jeu en présageant un coup marketing destiné à séduire les accrocs du live, il faut bien reconnaître que ce nouveau système fait quand même chaud au cœur, en solo comme en multi. Imaginez un peu qu’on vous congratule pour vos plus beaux headshots ou alors pour avoir envoyé un coup de fusil à pompe dans le dos d’un veule chicanos ! Enfin nous serons reconnus à notre juste valeur de boucher sauveur de l’humanité. Alléluia !
Innovons, mais pas trop !
Nos coéquipiers sont pour une fois moins maladroits qu’à l’habitude (ils visent enfin aussi précisément que les terroristes - à condition de leur demander d’être en mode agressif et pas larvaire) et obéissent à davantage d’ordres. Un coup de croix directionnelle à droite et vous leur dites d’ouvrir une porte et de lancer une grenade à fragmentation, à gauche et c’est un fumigène qu’ils lâchent, en haut et ils dynamitent puis s’engouffrent pour faire le ménage.
Mieux encore, on peut désormais éviter d’affreuses bavures en "marquant" les terroristes. Pour cela, rien de plus simple : passez la caméra serpent sous une porte et cliquez sur la gâchette supérieure gauche pour indiquer à vos hommes qui viser en priorité lorsque l’assaut sera donné. Toutes ces commandes déstabiliseront peut-être les nouveaux venus, mais les anciens eux s’y feront à merveille.

Histoire de varier les plaisirs dans l’art de la tuerie (et de nous faire croire qu'il y a d’autres nouveautés), on pourra enfin tirer au travers de certaines matières (carton, bois, plâtre) "comme dans COD4". On met des guillemets car la réalité des faits est trop peu concluante. On peut rester à l’abri derrière un grillage sans craindre pour sa peau alors que dix mètres plus loin, le mur visiblement bétonné laissera passer chaque tir de Desert Eagle… Par contre ces monstrueux boucliers derrière lesquels sont abrités les méchants, eux, ils arrêtent bien les balles, forcément.
Seul mais plus pour longtemps
Là où
Vegas 2 ne décevra personne, c’est dans sa ténacité à offrir du split-screen en coopératif. Chose qui devient rare ou qui tend en tout cas à manquer cruellement chez les concurrents. On peut ainsi jouer en mode histoire tout seul, puis être rejoint en cours de partie par un ami. Toujours sur le même écran, la chasse aux terroristes rallongera de manière significative la durée du jeu, avec une nouvelle ribambelles d’options et 13 nouvelles cartes davantage destinées au massacre en lieu confiné. Ce mode restera incontestablement le plus prenant à plusieurs, et aussi un des plus difficiles, même au niveau de difficulté normal.

A noter que deux nouveaux modes de jeu (pour un total de 6 modes) se sont greffés à la section multi. On préfèrera néanmoins jouer aux anciens, bien que classiques, qui ont bénéficiés d’améliorations notables (chasse aux terroristes, "team deathmatch" et campagne en coop’). A noter encore que la version PS3 peut rassembler 14 joueurs au maximum contre 16 sur Xbox 360. Moins bien finalisée, elle peut aussi, de manière très aléatoire, poser de grosses difficultés pour se connecter aux serveurs multijoueurs (gros défaut qui tend néanmoins à se minimiser au fil des améliorations).
Si
Raven Shield gardera sans doute encore longtemps son trône au sommet de la hiérarchie
Rainbow Six, la fratrie
Vegas, et
Vegas 2 en particulier, permettent de renouer avec une ambiance et un stress rarement restitués sur consoles de jeu. Graphiquement, comme son prédécesseur, le soft n’impressionne pas forcément, mais en matière de tactical FPS,
Rainbow Six : Vegas 2 s’impose plus que jamais comme un des shooters les plus cérébraux et les plus réalistes circulant à l’heure actuelle.