Dire que la série
Worms fait partie du patrimoine vidéoludique est un doux euphémisme. Sévissant depuis plus d’une dizaine d’années sur tous les supports de jeu, les vers armés jusqu’aux dents ne pouvaient ignorer plus longtemps la dernière-née de Nintendo. Les voilà donc débarquant aux commandes d’un vaisseau spatial, ce nouvel opus dédié
Worms : L’Odyssée Spatiale ayant cru bon de les élever au rang d’astronautes confirmés ! Espérons que leurs combinaisons hermétiques n’empêcheront pas leur charme d’opérer.
En vers et contre tous
Pour ceux qui ne connaîtraient rien des petits protégés de la
Team 17, rappelons que
Worms est un jeu de stratégie au tour à tour. Vous dirigez une équipe de vers de terre experts en armement (pistolet, grenades, lance-roquettes, etc.), le but étant de remplir des missions aux objectifs aussi divers que la collecte de pièces éparpillées un peu partout ou l’extermination pure et simple des lombrics ennemis. Vous devrez faire preuve de pas mal de discernement au moment d’utiliser armes et autres gadgets, chacun étant disponible en quantité limitée. Une bonne connaissance de la balistique sera également indispensable, le fonctionnement de vos armes se résumant généralement à déterminer la direction du tir et sa puissance. Dernier petit détail : les décors sont entièrement destructibles ce qui complique encore un peu plus la donne. Profitez bien du paysage avant que ne commencent les hostilités ; les grenades n’en feront bientôt plus qu’un morceau de gruyère géant.

Les premiers contacts avec le soft confirment la bonne image que nous avions conservée de la
Team 17 et de leur savoir-faire dans le domaine des casses têtes (même si les derniers épisodes des
Worms n’ont pas tous été à la hauteur). On se trouve rapidement confronté à de belles petites énigmes qui exigeront leur tribut en matière grise. Pas de souci à se faire donc pour la durée de vie du jeu.
Même si on retrouve les principes fondateurs de la licence, le nouveau théâtre des opérations, à savoir l’espace, implique de prendre en compte un certain nombre de paramètres supplémentaires comme la gravité (à géométrie variable), la viscosité du terrain ou les caprices du vent : autant de facteurs à bien estimer au moment d’élaborer vos attaques.

Puisque nous voilà rassurés quant au contenu du jeu, attaquons nous maintenant à la jouabilité, clé de voûte des adaptations sur la console de "Big N". Pour tout dire, celle de cette
Odyssée Spatiale appartiendrait plutôt aux bonnes surprises. Les idées foisonnent et pour ne rien gâcher elles sont plutôt inspirées. Ici, vous levez la Wiimote pour doser la force du lancer de vos projectiles. Là, vous utilisez la manette à l’horizontale pour diriger votre navette dans les cavernes. Plus loin, vous la secouez brièvement pour décocher un uppercut au nez et à la barbe (et au menton) de votre adversaire. Dans sa position de pointeur, la télécommande vous permet aussi de diriger les missiles téléguidés. On ne dressera pas l’inventaire complet des mouvements proposés, mais il est bon de savoir qu’ils apportent un sacré vent de fraîcheur, de nature à séduire les joueurs les plus blasés. On regrettera tout de même une mauvaise gestion de la vue qui, d’une part, n’offre pas assez de niveaux de zoom et qui, d’autre part, réagit plutôt mal aux sollicitations.
Aux armes et cætera
Bien entendu, qui dit fan de lombrics dit aussi amateur d’armes de destruction massive. Et sur ce point, l’arsenal ne faisant toujours pas dans la dentelle, nos attentes sont largement comblées. Citons pêle-mêle les grenades à impact et celles à retardement, l’ovni bombardier, l’exploseur ou encore l’astrocoup. Ces engins de morts (pour asticots) associés à d’autres gadgets déblocables, tels le téléporteur ou le pack propulseur, contribuent évidemment à rendre les parties plus savoureuses.
Un ver ça va, trois vers…
On ne peut pas parler de
Worms sans aborder le sujet du multi, pierre angulaire de la série et principal artisan de son succès. Un mode multijoueurs est bel et bien présent ici. Il permet même des parties endiablées réunissant jusqu’à 4 joueurs sur la même console. Grosse déception en revanche, le mode online que l’on nous avait pourtant fait miroiter brille finalement par son absence. Gageons qu’il sera enfin du voyage dans le prochain opus.

Bien que sans grande surprise,
Worms : L’Odyssée Spatiale remplit brillamment son contrat en proposant des situations toujours aussi passionnantes ainsi que de sympathiques mini-jeux bonus. Le potentiel de la Wiimote n’a pas échappé aux développeurs qui ont savamment su l’exploiter pour une expérience de jeu agréablement renouvelée. Un seul bémol mais un gros : l’absence de mode online. Ce titre saura cependant vous occuper de nombreuses heures, que vous soyez néophytes avec les vermisseaux ou vétérans en la matière.