En matière de golf virtuel, deux écoles aux approches radicalement différentes s’affrontent. D’un côté la politique D’EA Sports, partisane de l’ultra réalisme et de softs s’appuyant sur les franchises officielles, de l’autre des titres plus fantaisistes, très inspirés de l’esprit nippon et de la culture manga.
Everybody’s Golf : World Tour s’inscrit clairement dans cette seconde mouvance et déboule sur PS3 auréolé d’une indéniable aura. En effet, depuis son apparition sur la première PlayStation, cette licence a su fédérer un public allergique au look "ESPN" des jeux développés par Electronic Arts. Et il est vrai que ce jeu s’avère très rafraichissant, "guilleret", sans pour autant sacrifier à la richesse technique inhérente à un sport très exigeant.

L’interface d’accueil donne le ton : ce sera pastels et rondeurs tout azimut ! Pas à dire, la petite donzelle aux yeux de biche qui me souhaite la bienvenue est bien plus avenante et sexy que Tiger Woods… Plusieurs modes s’offrent à nous dont les traditionnels "tournois", "défis" (permettant de débloquer golfeurs, caddies et autres accessoires) et enfin un mode "entrainement" qui ne sera pas inutile pour maitriser les options de swings avancés.
Car malgré son look infantile,
Everybody’s Golf World Tour reste un jeu de golf très complet et au final assez exigeant. Il ne faut pas se laisser leurrer par toutes ces couleurs et cette musique d’ascenseur : l’écran des options regorge en effet de paramètres modulables comme la météo ou le choix des clubs. Largement de quoi cogiter avant de poser votre balle sur le tee. Mais assez parlé, il est grand temps de prendre son matos et de se rendre sur le green.

Se voulant accessible, le soft propose deux modes de swing. Il est ainsi possible de doser sa frappe à l’aide d’une jauge tout ce qu’il y a de plus classique. Une première pression démarre le mouvement, une seconde permet de déterminer la puissance du coup et enfin une troisième, plus délicate sur le plan du timing, produira un effet gauche-droite plus ou moins désiré. Il est également possible de "forcer" son swing pour atteindre de plus grandes distances mais le retour de jauge est alors plus rapide et il est donc plus difficile de le maitriser. A vous de savoir si le risque en vaut la chandelle.
Pour vous aider dans vos choix, une carte du parcours est disponible à tout moment. A l’aide d’un zoom (qui n’est d’ailleurs pas forcément très pratique), vous pouvez repérer l’emplacement des pièces d’eau et des bunkers et étalonner précisément les distances. Une icone indique également la direction et la force du vent qui sont bien évidement des facteurs déterminants à prendre en compte si vous ne voulez pas sortir du fairway pour explorer la campagne environnante. Le jeu détermine par défaut un choix de trajectoire et de club mais vous êtes parfaitement libre de tout modifier afin d’optimiser votre approche. N’oubliez pas que ces changements impliquent généralement une prise de risque plus importante…

Après plusieurs coups, vous voici sur le green pour effectuer votre put final. C’est à ce moment que votre caddie intervient de manière plus constructive en vous donnant les indications indispensables concernant le dénivelé même si celui-ci est déjà précisé à l’aide d’un quadrillage relativement "lisible". Avec tout ça, vous n’aurez plus d’excuses pour rendre une feuille de score respectable et vous hisser sur la première marche du podium. Tout à fait franchement, on enchaîne les parties avec un grand plaisir, d’autant que les parcours bénéficient d’une mise en scène à la fois efficace et humoristique. Entre les réactions outrancières des joueurs et les interventions décalées de votre assistante en jupette, vous aurez largement de quoi évacuer la pression…

Lorsque vous serez rôdé au gameplay dit "traditionnel",
Everybody’s Golf viendra titiller votre pugnacité en proposant un mode avancé beaucoup plus technique et exigeant. Celui-ci se base essentiellement sur le feeling et, pour cela, laisse les différentes jauges au vestiaire, ou plutôt au Club House. La puissance de vos coups sera alors uniquement fonction de l’amplitude du swing. Pour faire simple, une pression à mi-course correspondra à un drive à 50 %. Tout de suite, cela devient beaucoup plus compliqué, beaucoup plus instinctif et il faut bien l’admettre beaucoup plus gratifiant. Paradoxalement, le putting sera plus aisé puisqu’une balle "fantôme" permet à l’avance de connaitre la trajectoire exacte de la balle. Une idée quelque peu incongrue pour un mode qui se veut plus réaliste…
Hormis cette petite réserve,
Everybody’s Golf : World Tour réussit parfaitement son entrée sur la "New Gen" de Sony. Sans être révolutionnaire, ce nouvel opus parvient à se renouveler en réconciliant le grand public désireux de ne pas se prendre la tête et les gamers un peu plus soucieux de leur perf. Comme l’indique le titre, du plaisir pour tout le monde…