D’abord, il y a ce choc visuel, cette injure faite aux amoureux des belles choses : un gros pistolet en plastique orange labellisé "jouet pour premier âge". Ensuite, il y a l’installation, à savoir un imbroglio de fils et de capteurs qui transforment votre télé LCD aux lignes épurées en… comment pourrait-on dire ? En "truc" ! C’est ça, en "truc"… Apparemment, le "sensor bar" de la Wii n’est pas si facile à reproduire.
Vous l’aurez compris, le premier contact avec
Time Crisis 4 n’est pas des plus folichons. Au niveau du hardware, on n’est même pas loin du zéro pointé car outre sa laideur sans nom, l’attirail s’avère peu pratique voire handicapant. Une mauvaise note en particulier pour la liaison filaire entre le gun et la console qui limitera vos mouvements et vous obligera à rester planté comme un piquet face à l’écran. C’est donc avec un sombre pressentiment que l’on balance la galette dans la console en espérant que le fun sera malgré tout au rendez-vous.
Time Crisis 4, ce n’est pas seulement un jeu, c’est toute une philosophie, un état d’esprit. Abandonnez toutes vos exigences en termes de qualité graphique, d’intelligence artificielle ou de profondeur. Adapté de la borne du même nom,
Time Crisis 4 représente le paroxysme de l’arcade. Un pistolet (orange, je le rappelle), une progression "sur rails", des ennemis qui déboulent devant vous et c’est parti pour trois ou quatre heures de shoot tout azimut. Evidemment, les fans de RTS ou de simulation ou encore ceux qui se pignolent devant les benchmarks de leur carte graphique en seront pour leurs frais et sont gentiment priés de détourner le regard sous peine de sombrer dans une profonde dépression.

En revanche, les aficionados du flingue (orange, n’oubliez pas…), ceux qui ont séché un nombre considérable de cours pour cramer leur argent de poche sur les premiers épisodes, peuvent dégainer et se préparer à sauver le monde. Niveau scénario, c’est encore une sombre histoire de terroristes internationaux qui en veulent beaucoup au monde entier et aux USA en particulier. Heureusement, tout vêtu d’un costard en alpaga piqué à Sonny Crockett, vous êtes là pour calmer cette bande d’affreux.
Le mode principal est tout ce qu’il y a de plus classique : c’est un jeu de shoot à la
House Of The Dead dans lequel on progresse sans aucune latitude de mouvements. On se met à couvert et on tire ! Outre les ennemis, il faut également viser certains items pour récupérer des munitions ou de nouvelles armes. Le gameplay est invariable du début à la fin qui malheureusement arrivera bien vite. C’est un défaut inhérent à ce genre de jeu, mais à 90 euros le set, c’est quand même un peu dur à avaler…

Parfois, quelques phases s’avèrent un peu plus originales. Très rapidement, vous aurez le droit à une séance de tir aéroportée assez défoulante. Plus stressant, il sera parfois nécessaire de tenir une position durant trente secondes en basculant d’un écran à un autre, les ennemis arrivant de tous les côtés à la fois. Pour le reste, le jeu demeure très très classique. Et c’est tant mieux, car lorsqu’on achète du
Time Crisis, on n’attend pas autre chose. C’est toujours un plaisir assez régressif que de brandir son flingue (de quelle couleur déjà ?) et de se la jouer
Miami Vice. D’ailleurs, c’est bien simple, je ne vois pas comment on peut jouer à ce jeu sans lunettes de soleil et un verre de Tequila Sunrise à portée de main…. On a pu lire à droite et à gauche que les graphismes ne faisaient pas honneur aux capacités de la PS3. Mais le contraire aurait constitué une véritable hérésie tant ce minimalisme fait parti du charme du soft. Non finalement, en dehors de cette fichue durée de vie famélique,
Time Crisis 4 aurait parfaitement pu honorer son contrat et satisfaire les joueurs fortunés.

Mais les développeurs ont poussé le zèle à proposer un tout nouveau mode de jeu baptisé "complet". Et en effet, celui-ci est complètement nul. En gros, il s’agit d’un
Time Crisis à la sauce FPS. Cette-fois ci vous pourrez vous déplacer comme vous l’entendez dans des décors à peine digne d’une N64 et péniblement tirer sur les mêmes terroristes encore un peu plus crétins que d’habitude. Tout cela est réalisable grâce à un deuxième stick déposé sur l’étrange poignée déportée de votre gun (or… Non, promis, j’arrête !) Malheureusement, les commandes ne se prêtent pas du tout à cette jouabilité et la progression devient très rapidement laborieuse. La simple question que l’on est amené à se poser au bout de dix minutes est la suivante : pourquoi ? Eh bien franchement je ne sais pas !

Perso, quand je veux me faire une bonne séance de FPS, je me dirige vers
Call Of Duty ou
Bioshock. Qu’on se le dise,
Time Crisis appartient à une catégorie de jeux bien précise et sans rejeter toute tentative d’innovations, il n’est point utile de dénaturer la licence surtout pour proposer quelque chose d’aussi peu abouti.
Time Crisis 4 loupe globalement son entrée sur le marché "New Gen" qui semble assez inadapté à ce type de jeu. Même si les fans de shoot pourront prendre plaisir quelques temps à zigouiller tout ce qui bouge, on a rapidement fait le tour de la question et le nouveau mode "complet", très dispensable, sera vite essayé et tout aussi rapidement rejeté par la plupart d’entre vous. Pour 90 euros, il y a de quoi être vert… ou orange.