De HellJohn le 08 Mai 2005 à 19:147/10
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ROBOTS
Comme on s’y attendait, l’univers illustré est un monde technologique peuplé de robots en tous genres. Les boulons, objets et autres bouts de ferrailles sont humanisés, les robots sont personnifiés. La personnification étant beaucoup utilisée ces derniers temps dans le monde de l’animation, notamment chez Pixar (Poissons, insectes, monstres et autres jouets sont semblables à l’homme, Pixar est d’ailleurs le maître à ce niveau là), ce sont ici les robots qui vivent dans un monde moderne et imaginaire qui se réfère à notre réalité, mais un monde qui a sa propre identité. Un monde riche (et assez rétro, ici pas de hautes technologie genre laser ou ordinateurs), plein de détails et de clins d’œil, une imagerie humaine détournée à la sauce robot. "Robots" est clairement un film ludique, pas très original dans le fond mais qui fourmille de détails et d’idées, un peu comme "Gangs de requin". Amusant. Bien que le graphisme ne soit pas particulièrement beau (des boulons, du métal…), l’animation est parfaite, fluide et donne vraiment vie à ces robots, des robots divers & variés plus ou moins recherchés. Le look des robots est d’ailleurs très variable, on va du plutôt moche au bien chouette (là encore comme dans "Gangs de requin"). Bref, le coté technique est plutôt réussi, mais faut dire qu’il n’y avait pas vraiment de gros défi, vu le thème. En effet, alors qu’à certain instant, "L’âge de glace", du même réalisateur, pouvait parfois paraître un peu trop « carré », ou l’on sentait un peu trop l’outil informatique (surtout dans l’illustration des humains, très laids, et des décors assez aseptisés), le sujet de "Robots" (qui est donc dans le titre) permet de cacher ces potentielles failles. La technologie à l'ancienne (celle illustrée) cache donc la technologie nouvelle (celle qui l'illustre). Plus facile d’illustrer un monde mécanique qu’un monde animal ou humain. On a aussi le droit à quelques beaux effets sensationnels et a des couleurs vives, malgré le monde illustré.
Mais ce qui manque à ce "Robots", surtout par rapport à un Pixar (la comparaison va devenir inévitable à chaque nouveau film d’animation), c’est l’émotion et le délire. D’émotion, dans "Robots", il n’y en a pas. Les robots, bien qu’humanisé, reste des robots, et on ne s’y attache pas. Malgré quelques séquences ou le perso principal est tout triste (la routine, quoi) et une p’tite morale qui plane (cependant moins lourde que d’habitude), on reste de marbre, et ces séquences là deviennent plutôt chiantes. On assiste à cet univers, mais on n’en fait pas partie et on n’y croit pas (et c’est là ou Pixar fait fort à chaque fois, c’est de nous faire croire et de nous faire entrer dans leur monde). Il manque aussi à "Robots" plus de délire. Certes, c’est rythmé, souvent inventif, fun, mais il manque cette petite étincelle qui ferait de "Robots" un film plus attachant, plus…personnel. Ca reste plutôt gentil dans l’ensemble. Les références (James Bond, "Matrix", "Star Wars", "Le seigneur des anneaux" & Cie) sont très grand public (et ça fait toujours plaisir au grand public de découvrir une référence et de dire « ha tiens, c’est comme dans "Le seigneur des anneaux" ! »), et le film manque de débordement. Il aurait fallu plus de scènes comme celle ou le comique et boulet de service Fender (doublé par Elie Semoun) se met, comme ça, en pleine bataille, à faire une chorégraphie de Britney Spears (chanson à l’appui). Sans intérêt, mais c’est justement ça qui est drôle, parce que ça surprend et que ça n’a rien à faire là. Dans "Robots", ça reste trop en place, ça manque de débordements, et quelques gags tombent même à plat. Un film qui veut faire plaisir à son public. Au moins, il y réussit. "Robots" fait plaisir à voir, et c’est déjà pas mal. Quelques personnages sont vraiment fendards (surtout des personnages de troisième rang, comme la marionnette ou un robot hip-hop), la bataille finale est vive et inventive, et on s’amuse beaucoup. Ludique, comme je l’ai dit au début. L’histoire a peu d’importance, ici, l’univers illustré compte plus que l’histoire et les petits à cotés sont plus importants que les enjeux principaux. Et la musique est assez désagréable, plutôt plate, à l’inverse du film.
Quand aux doublages français, comme souvent les meilleurs se situent dans les seconds voir les petits rôles. Cassel et Bellucci ne sont pas à leurs places, leurs personnages sont d’ailleurs les plus fades du film (un peu gênant quand il s’agit du héro). Le rôle du tigre dans "L’âge de glace" correspondait bien mieux à Vincent Cassel. On appréciera cependant les voix de Jean Rochefort et de Edouard Baer (dans le rôle de l’excellent méchant). Elie Semoun fait du Elie Semoun, et on le préfère aussi dans "L’âge de glace". A propos de "l’âge de glace", ceux qui ont adoré le petit écureuil Scratch pourront dans "Robots" apprécier le même type de perso, une petite invention fabriquée par Rodney, le héro. Autre point commun, une scène de glisse mémorable qui s’apparente à un grand huit. Mais "L’âge de glace" reste plus attachant et plus émouvant que "Robots"…
7 / 10