De merovingien le 15 Juin 2005 à 17:20
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BATMAN ET ROBIN
BATMAN ET ROBIN
Batman Queer, le retour. Ou la dégénérescence d'une série passant du plus haut (le 2ème opus) ou pire celui là donc). Batman Forever avait été une suite conforme aux désirs des producteurs et avait par la même occasion fait un gros carton. Il aurait été bien bête de ne pas lancer un nouveau film, sans tenir compte des avis pourtant mitigé à la sortie des salles. Et voilà comment le tâcheron Joel Schumacher se retrouve une nouvelle fois à la barre d'un blockbuster destiné uniquement à vendre des jouets.
Ce côté mercantile se retrouve à chaque instant du film qui va tabler sur un toujours plus de plus. Cela passe par des personnages toujours plus nombreux (trois gentils contre trois méchants, non mais sérieux...), des décors toujours plus grand et fluo, des Bat gadgets à outrance et des scènes d'action qui sont tellement énormes qu'elles en deviennent ridicules !
Ce remplissage excessif par du vide ne pouvait décemment qu'aboutir à une agression visuelle de chaque instants et un résultat non seulement hideux mais surtout très très très très très con. Ainsi, à multiplier les personnages bêtement, on finit par n'en exploiter absolument aucun et à les réduire à de simples fonctions. Ainsi, l'arrivée de Batgirl est d'un ridicule achevée : non seulement elle n'apporte strictement rien à l'histoire (a si, on veut nous faire croire qu'elle est super doué en informatique, comme si Batman n'était pas capable de reprendre lui-même le contrôle de son propre télescope !), mais en plus, elle ne subit pas la moindre évolution. En gros, elle débarque comme ça au manoir Waynes, on apprend qu'elle fait de la moto et PAF, la voilà transformée en super guerrière avec Alfred qui a eu le temps de lui faire plusieurs costumes rien que pour elle ! Grotesque, mais ce n'est pas pire que la non exploitation du méchant Bane, sorte de Musclor sous stéroïdes qui se contente de grogner et d'obéir aux ordres. Bien entendu, chaque personnage souffrira de cette même négligence. L'art de plomber un casting de luxe ! George Clooney, a priori l'interprète idéal pour le rôle, se contente d'avoir un air absent, comme s'il se demandait ce qu'il foutait là (il a d'ailleurs renié ce film violemment). Uma Thurman surjoue comme une dératée, passant d'écologiste coincée à grosse allumeuse verte sans aucune logique, Chris O'Donnell, toujours très sex n'en demeure pas moins complètement à côté de la plaque, faisant la moue pendant 2 heures. Seul Arnold Schwarzenegger (qui a reçu un cachet mirobolant pour le rôle) semble se donner à fond dans son rôle de robot électroménager clignotant. Les (très) rares instants de poésie du film lui sont d'ailleurs tous dus : lorsque d'il sculpte une réplique de sa fiancée dans un bout de glace ou qu'une larme viendra se figer... Des éclairs de lucidité qui montre ce qu'aurait du être le film s'il n'avait été en de mauvaises mains. Mais des éclairs vite oubliés aux vues du massacre infligé aux grandes figures iconiques de la BD, comme lorsque Freeze porte des chaussons ours blanc ou encore qu'il fait chanter ses hommes de mains ( ?????)
Au lieu de ça, les personnages se retrouvent en plein milieu d'un script sans intérêt qui ne fait qu'aligner les scènes d'action toutes pus absurdes les unes que les autres. Extrait de dialogue du début :
COMMISSAIRE GORDON : Batman, il y a un nouveau cinglé à Gotham. Il se fait appeler Freeze et il gèle les gens.
BATMAN : A nous deux, Freeze !
Voilà, la totalité du scénario tiens en deux répliques. Le reste est donc un grand n'importe quoi avec, pour première scène d'action, un musée transformé en patinoire, un dinosaure qui s'écroule au sol, un match de hockey avec un diamant puis un Freeze qui s'échappe à bord D UNE FUSEE cachée dans son véhicule (?????!!!), puis Batman prisonnier de la fusée qui monte très haut pour retomber sur Gotham, un Robin qui s'accroche aux parois de la fusée (????) et enfin du surf dans l'espace... Un tel degré d'aberration, ça frise le génie ! Les scènes d'action ne sont donc qu'un prétexte pour caser le maximum de produits dérivés. Sauf que là, c'est à l'image du film : trop voyant. Les véhicules de Freeze, les multiples personnages destinés à devenir des figurines. Comment ne pas s'énerver en voyant nos trois justicier déclarant qu'il faut sauver le monde et vite pour les voir arriver la scène d'après sur 3 machines qui n'auront AUCUNE utilité et en plus, en portant de nouveaux costumes (Gohtam est gelé mais non, eux, ils vont se changer !!). Il y a donc une multiplication des Bat Gadgets qui ne servent à rien du tout, ou bien des gadgets qui, comme par hasard, on été crée pile pour les situations que les héros affrontent : les patins à glace sous les chaussures (???????), les lasers chauffant, les ventouses, des minis caméras bien pratique pour filmer Ivy annonçant que c'est elle qui a débranché la femme de Freeze, les grappins (qui ont toujours la faculté miraculeuse de toujours bien se planter dans quelques chose ou de trouer n'importe quel mur)... Trop c'est trop. Surtout quand Batman tend une carte de crédit avec écris dessus Batman Forever, pour bien insister sur le carton du précédent film (et puis qu'est-ce que c'est que cette carte de super héros?????)
Mais le plus énervant, c'est sans conteste le visuel du film, tellement coloré qu'il file la conjonctivite à tous les spectateurs. Alors certes, les visuels de Gotham sont encore plus beaux que dans le 3ème avec des grattes ciel toujours plus haut et rempli de statue d'Apollon entre les routes suspendues (les vues extérieures de l'observatoire sont grandioses). Mais à part ça, il faut se faire violence pour maintenir les yeux ouverts face à cet objet multicolore. Gotham est devenue une boite de nuit. Ainsi, Schumacher ne peut s'empêcher de tout éclairer aux néons fluo, sans aucune raison. Dès que Freeze apparaît dans une scène, le décor devient bleu. Quand c'est Poison Ivy, les teintes deviennent vertes et violette. Chaque accessoire du film devient une boule à facette en puissance, que ce soit la Batmobile (avec des fentes pour diffuser de la lumière), les mini bombes de Freeze (sous forme de stalactites clignotant) ou bien les fleur d'Ivy fluorescentes. Chargé de bouibouis qui font de la lumière, Batman et Robin atteint des sommets de mauvais goût esthétique (je ne parle même pas des élèments décoratifs style cornet de glace géant ou cuve à chewing-gum placée dans le cadre sans raison).
D'un autre côté, il s'agit finalement là du seul et unique intérêt du film, à savoir que ce Batman ne serait rien d'autre qu'un blockbuster gay. Les allusions à peine voiler lors du précédent filmne laissent plus aucun doute ici ! On assiste bien à un monument (involontaire) de ringardise moderne, comme si la série des années 60 avait été refaite dans le futur. Ainsi, en plus du visuel boîte de nuit, Schumacher ne peut s'empêcher de multiplier les gros plans sur les fesses en cuirs des combinaisons et ose même un plan hilarant sur les nichons de Batgirl ! Ajoutons-y les problèmes de couples de Batman et Robin qui craignent que l'un trompe l'autre avec Ivy (comme c'est mignon) avec à la clef une allusion appuyé (« mes lèvres sont insensibles à ton latex »). Bref, la machine queer tourne à plein régime, permettant au moins de rire à gorge déployé face aux flots de répliques minables du style « Salut Freeze, je suis Batman ! » (à ne pas confondre avec les répliques qui se veulent drôle mais qui sont d'une indigente lourdeur, à commencer par tous les jeux de mots à base de glace).
Saturé de partout, d'une ringardise sans limite (qui en fait le seul plaisir pervers qu'on peut éprouver en revoyant le film) et avec un casting massacré, Batman et Robin aura enterré le mythe Batman avec un jusqu'au boutiste qui forcerait presque le respect si l'échec commercial mérité du film n'avait entraîné la série dans une longue traversée du désert.
NOTE : 2/10