De Lord Seb le 15 Juin 2005 à 20:347/10
18 avis postés | Inscrit depuis 2240 jours
Consulter tous les avis de Lord Seb
On m'appelle Robin des boouuaaas
En ce qui me concerne, ma foi le niveau est très clairement réhaussé par rapport à Batman 3 et 4 (surtout le 4 lol), mais demeure selon moi en-dessous du 1 et 2.
Batman begins est un bon divertissement qui possède de très nombreuses qualités, mais aussi pas mal de défauts, ou des choix artistiques de Nolan qui ne m'ont pas toujours convaincu.
Dans les faiblesses du film, je citerais entre autres :
- Une héroïne inutilissime (comme la plupart des potiches dans Batman).
Une potiche intègre certes, mais une potiche quand même, qui fut le premier amour de Bruce Wayne.
Sa seule utilité est de foutre deux baffes au héros pour le remettre sur le droit chemin au début du film, mais c'est tout.
La romance entre elle et Wayne ne présente que peu d'intérêt au scénario.
Je crois qu'on n'aura pas d'histoire d'amour plus forte que celle entre Batman et Catwoman.
- Des scènes d'action pour la plupart illisibles. Alors que durant l'excellente première partie on trépigne d'excitation devant l'élaboration de Batman et du reste de sa panoplie, alors qu'enfin Batman entre en action vers la moitié du film, les scènes d'action du chevalier noir déçoivent.
Pourtant, la première baston sur les docks est très réussie.
Pour son premier faits d'armes, Batman devient une sorte d'alien : une menace invisible qui neutralise rapidement ses ennemis, et sur lesquels on peut lire une trouille bleue, très bon passage.
Mais par la suite, ça se gâte : Comme à l'accoutumée de certains blockbusters, les scènes d'action suivantes sont filmées genre "caméra à l'épaule d'un parkinsonien", avec plein de gros plans rapides.
Ca bouge de partout, et on distingue à peine les mouvements de Batman.
Un comble quand même : on le voit suivre un entraînement de ninjitsu pendant la première partie, et quand enfin il applique ce qu'il a appris en Batman, on ne voit plus grand chose.
Itou pour la poursuite en Batmobile, malgré quelques bons passages, celle de Batman returns reste la meilleure selon moi.
- Des super-vilains pas assez développés. Certes, Nolan a choisi le parti-pris de davantage s'attarder sur Bruce Wayne, personnage très peu développé dans les Batman de Burton (surtout le 2).
Et recertes, Bruce Wayne est effectivement beaucoup plus intéressant, mais Batman l'est moins... car Batman, comme tout bon super-héros qui se respecte, a constamment besoin d'un alter-ego maléfique qui lui donne plus de relief.
Or l'épouvantail et Ras'Al Ghul ne sont pas suffisamment présents à mon sens, (surtout l'épouvantail) et ne peuvent rivaliser avec les Joker et Pingouin des Burton, en terme de charisme.
Pour Ras'Al Ghul, on comprend qu'il doive rester distant dans l'histoire.
Mais, si des personnages secondaires sans intérêt tels que la procureur (procureuse ?) amoureuse de Wayne, le patron crapuleux de Wayne Enterprises (interprété par Rutger Hauer) ou encore le Parrain Falcone avaient été sucrés, Nolan aurait pu davantage mettre l'accent sur nos deux super-méchants, tous deux très réussis en soi.
Problème de place, donc.
- Gordon qui pilote la Batmobile. Bon, je croyais que ce Batman-là se voulait réaliste. Gordon aux commandes de la Batmobile, faut pas charrier !!
Qu'il aide Batman, tant mieux, tant que ça reste crédible.
- Les ptites maximes à la con. Là, c'est certes un détail, mais un détail qui revient souvent dans pas mal de récents blockbusters américains, et dans ce Batman en particulier.
Bref dans le film, le scénariste croit bon de distiller à plusieurs reprises quelques maximes formatées du style "chaque fois qu'on tombe, on apprend à se relever", "pour survivre à la peur, il faut devenir la peur", "tu oublies de compter avec le terrain", "ton père serait (ou ne serait pas) fier de toi"... etc... Ca fait un peu "running joke" mais en sérieux.
Maintenant, pour finir sur une bonne note positive (parce que bon, Batman 5 c'est pourtant pas un film de merde), je citerai en qualités :
- Le parcours initiatique de Bruce Wayne.
De la prison chinoise jusqu'à l'élaboration de la batcave, en passant par le premier tour de piste de la Batmobile, on découvre, on trépigne d'impatience, on suit et on comprend le cheminement que fait le héros pour passer de Bruce Wayne à Batman. Une très bonne première partie, même pendant tout ce temps, on ne verra pas une seule fois Batman.
- Le design de la Batmobile. Un vrai "tank noir" dont on ressent l'incroyable puissance sous le capot. Un monstre d'acier sur quatre roues.
La séquence d'essai dans le hangar m'a plus impressionné que la poursuite dans Gotham City.
- Le casting de qualité. Tous les héros du comics ont été savamment choisis. Alfred et le comissaire Gordon sont beaucoup plus étoffés et participent enfin aux aventures de Batman (comme dans le comics à l'origine), et ne sont plus juste des faire-valoir (comme c'était le cas dans les précédents films de Batman).
Christian Bale est impeccable. Imbuvable à souhait en milliardaire pourri gâté, et impressionnant en Batman (et puis, matez-moi ses biscottos, c'est pas du Michael Keaton, c'est sûr ! )
L'épouvantail et Ras'Al Ghul sont aussi très bien choisis, mais sous-utilisés dans le scénario.
- Le retour de Ras'Al Ghul. Sans conteste un excellent rebondissement. L'ex-mentor de Batman revient pour se venger et frappe un grand coup. Le lien entre la fleur bleue du début, le gaz terrifiant de l'épouvantail et le plan de Ras'Al Ghul est établi et fonctionne au quart de poil.
La destruction du manoir et "la cité de la peur" demeurent deux grands moments du film.
Voili, voilà, j'en attendais peut-être trop mais au final, Batman begins reste un bon moment. Une vision alternative et intéressante, bien qu'inférieure, à celle de Tim Burton.