De anakin28 le 29 Juillet 2005 à 16:528/10
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Critique de Batman Begins
En faisant renaître la franchise laissée pitoyablement vide par le saccage de Joel Schumacher et George Clooney, Christopher Nolan et David Goyer se sont attaqués à une montagne où plus d'un se serait cassé la gueule ! Les deux protagonistes ont justement pris ce lourd passif à leur avantage en se démarquant complètement de la franchise existante. Batman Begins est un film à part entière (peut-être le début d'une autre franchise, Christian Bale ayant signé pour deux autres films si Warner juge bon de persévérer).
L'histoire revient aux sources. La jeunesse de Bruce Wayne et les raisons pour lesquelles l'envie lui prend d'enfiler un costume de chauve-souris. On sait bien comment cela peut s'avérer compliqué pour un film de studio de synthétiser autant d'éléments. Justement, Nolan prend son temps, installe ses personnages dans toute leur complexité. Le film est long (2h20) mais pas une seule fois il n'abuse de clichés visuels (même si certains s'égarent à critiquer la chorégraphie des combats) et narratifs.
Pour servir un si bon scénario, Nolan se devait de dénicher le casting parfait. Pari réussi un fois encore. Cristain Bale, tout juste sorti du tournage glauque de "The Machinist", incarne le rôle titre à la perfection. Un Batman sombre, inquiétant et torturé (certainement le meilleur Batman qu'il nous ait été donné de voir), où l'alter ego est plus Bruce Wayne que la "créature" elle-même. Un parti pris qui tranche radicalement avec les Batman incarnés par Keaton, Kilmer et Clooney. Là où ceux-ci semblaient tout droit sortis d'un univers de science fiction teinté de cartoon, Nolan opte pour la crédibilité à l'extrême. Tout y est passé : le costume, le masque, les gadgets, la batmobile, la batcave (la scène de découverte de la cave est l'un des grands moments du film)... Un tel soucis de crédibilité que l'on sort du film en aimant à penser qu'un Batman pourrait exister... quelque part...
Le reste du casting est une autre force du film. Une galerie de seconds rôles aussi bons les uns que les autres : Michael Caine, Morgan Freeman (une espèce de Q jouissif relégué aux oubliettes de la Wayne Enterprise), Gary Oldman (parfait en flic intègre et impuissant), Liam Neeson, Ken Watanabe (le dernier Samourai ), Tom Wilkinson (performance incroyable de parrain de la pègre de Gotham), Cillian Murphy ( 28 jours plus tard ), Rutger Hauer, Colin McFarlane... Ouf ! Après une telle débauche de talent le souffle reste court.
Et Katie Holmes me direz-vous ? Les mauvaises langues soupçonnent sa relation avec Tom Cruise comme une vaste opération marketing pour booster la promotion d'un film qui n'a vraiment pas besoin de ça. Même si j'avoue avoir un faible certain pour la demoiselle, son personnage est la seule et unique déception de cet ensemble finement huilé. Sous exploitée, elle aurait gagné dans une relation plus complexe avec Bruce Wayne/Batman. Elle se retrouve finalement à jouer les "love interest", l'excuse féminine du héros plus occupé à fouetter d'autres chats. Dommage, elle finit par faire potiche.Notons que Katie Holmes n'apparaitra pas dans les suites, la production ayant mal vue son coup marketing avec Tom Cruise, qui aurais nuie au film...
Au final, tous ces ingrédients font de "Batman Begins" l'une des meilleures adaptations de comics (à l'instar des "X-men" et "Spiderman"), une véritable réussite dans un univers si souvent formaté. Mais attention, ne vous laissez pas aller à la comparaison ! Nolan a ouvert une nouvelle voie, un style à la fois radical et épuré qui devrait ravir les fans de la première heure.