vort
supernanar

davmey
Singer a toujours été surestimé

Zooropa Boy
Cher Monsieur Djoumi (bis)

Dkad
CONTRE et encore vous n'avez pas beaucoup insisté sur l'affligeante molesse du film

Jesus Gris
Attention SPOILERS dans mon précedent post

Jesus Gris
Pour M. Djoumi

snarf1112
un film creux...

zombie92
lisez les trois avis précédents...

Rafik Djoumi
pour Zooropa Boy

Zooropa Boy
Cher M. Djoumi

galactus
"un vrai pro, ou tout simplement un habitué du cinéma, sait a quoi s'attendre en voyant la bande annonce du film"

mykilla
Galactus & Mr Djumi

Sirdius
KKBB?

Redfoot
Super commentaire !

galactus
Aaahh,KKBB,un grand parmi les grands!

McT
Au sujet de la durée pr mr Djumi

Kiss Kiss Bang Bang
C'est un peu fort de café ! lol

Snowman
Mince, ça refroidit !

Redrum
vu hier ...

Shaft
vous avez noté toute la symbolique?

marcolas
qu'auriez vous souhaité ?

icepoon
graindesable

Graindesable
Une structure familière...

wako
avis partagés? Ben merde alors, qui croire?

Message Précédent Retour à la news Message Suivant  

De Zooropa Boy le 02 Juillet 2006 à 01:26
12 avis postés | Inscrit depuis 921 jours

Consulter tous les avis de Zooropa Boy

Cher M. Djoumi


Cher Monsieur Djoumi.

J’ai déjà eu maintes fois l’occasion de témoigner de tout le bien que je pense de votre travail : en adhérant à vos opinions (pas toutes), en partageant vos articles avec des amis cinéphiles, en vous faisant part directement de mon estime, etc… Aujourd’hui, je dois vous dire que je suis assez stupéfait par la lecture de votre critique sur le dernier Singer. Je n’ai pas encore vu le film, mais cela n’empêche pas d’avoir un minimum d’appréciation sur votre article. Son ton lapidaire, impitoyable et d'une condescendance dépourvue du moindre respect m’évoque ceux que j’ai pu lire de pire chez DVDrama (il faut le faire !), et j’ai été d’autant plus consterné de découvrir votre signature en bout de texte, avec une réaction du genre ’’Non, c’est Rafik qui a pondu ça ! C’est pas possible…’’
Autant je défends bec et ongles votre désormais anthologique critique incendiaire de L’Attaque Des Clones, car -quoi qu'on ait pu en dire- elle est loyale, argumentée, et dénote un véritable amour du Cinéma (et pourtant je n’y adhère pas intégralement), autant je ne comprends pas le manque d’objectivité de vos arguments dans ce dernier article. (Je n’irai pas jusqu’à dire mauvaise foi, vue que j’ai pas encore visionné le film, mais ça me démange…)

Je ne vais pas ergoter point par point sur le moindre de vos détails syntaxiques, mais déjà en premier lieu, comment pouvez-vous à ce point dénigrer le travail de Singer sur X-Men, film dont vous encensiez jadis les immenses qualités, au point de le noter ’’Chef d’œuvre’’ dans Mad Movies et de louer au plus au point sa construction narrative ? Certes, vous aviez à l’époque souligné le fait que cette réussite devait beaucoup à De Santo, mais Singer est tout de même le réalisateur de ce tour de force. Et quand bien même, est-ce une raison pour désormais rabaisser cruellement cela au rang de ’’Sitcom de prime time flattant le box office dans le sens gras du poil’’ ? Alors que nous sommes régulièrement assaillis par la profonde débilité de films minables ou/et honteux, vous vous mettez subitement à pisser sur un Picasso, devenu dés sa sortie il y a six ans un classique exemplaire. Je ne vous comprends pas.

Pour en venir à Superman, à vous lire, je ne vois en fait pas de différence entre la passion de Donner et celle de Singer : que l’un se déguise comme le héros et que l’autre fantasme sur sa plastique, cela renvoie au même degré de fascination viscérale et intime (et privée, soit dit en passant) qui ne laisse aucun doute sur leur amour de l’univers du personnage, même si ce sont des approches différentes. Donc, où est le problème ?
Je peux comprendre que vous estimiez l’approche de Donner meilleure parce qu’il rêvait d’ETRE Superman (donc s’identifiait à lui, le comprenait) alors que de toute évidence Singer est quant à lui AMOUREUX de Superman (donc le perçoit de manière extérieure, idéalisée, cf http://us.movies1.yimg.com/movies.yahoo.com/images/hv/photo/movie_pix/warner_brothers/superman_returns/bryan_singer/supes2.jpg ), mais c’est justement là l’intérêt de ce nouveau film : présenter une nouvelle approche de la représentation du héros, même si du coup, piégé par ses sentiments, Singer risque de rester prisonnier du film de Donner... Mais en tout état de cause, je ne vois nullement où l’esprit du mythe de Superman serait trahi par cette influence, bien au contraire, donc encore une fois, où est le problème ?... Ayant là également du mal à vous comprendre, je ne peux m’empêcher de penser à un autre grand mystère que je n’ai pu résoudre depuis toutes ces années où je vous lis : votre problème vis-à-vis du cinéma de Gus Van Sant. Alors sans vouloir faire de raccourcis tirés par les cheveux ni tirer de conclusions infamantes, j’ose poser la question de manière directe (et navré si je vous outrage, ce n’est pas mon but) : avez-vous tout simplement un problème d’affinités avec ce que j’appellerais ’’l’art homosexuel’’ ? Je ne parle absolument pas d’homophobie, mais tout simplement de rejet de certaines sensibilités gays qui peuvent transparaître dans certaines œuvres… Ma question n’est nullement provocatrice : j’évoque simplement une affaire de goûts et de préférences.
Je ne sais rien des orientations sexuelles de Singer et Van Sant (elles ne m’intéressent pas), mais il émane d’eux une influence gay indéniable, qui dans le cas de Singer pourrait par exemple expliquer le ratage du personnage de Lois Lane ainsi que cette éventuelle misogynie, tous deux évoqués dans votre critique…

A propos des scènes de vol de Supes, d’après ce qu’offrent les bandes annonces du film, je trouve justement qu’un travail très consciencieux a été apporté à cet aspect capital de l’univers du héros : vitesse, héroïsme, poses iconiques… Toute la difficulté était justement de se démarquer des formidables séquences aériennes de Matrix Reloaded (elles-mêmes étant un hommage au film de Donner -surtout lorsque l’on compare les résurrections de Trinity/Lois Lane-, hommage d’ailleurs émouvant quand on se souvient de l’aventure Assassins…), et en recentrant les images de son film sur une facture ’’typiquement Superman’’, Singer balaye toute comparaison possible avec le héros des Wachowski. Bien sûr il se peut que cet effet tombe à plat dans le film lui-même (un peu comme le désastre de GoldenEye qui avec sa tentative de relancer James Bond par un style ’’typiquement 007’’ flirtait avec le ringard) mais ce n’est pas ce que dénonce votre critique.

En ce qui concerne l’action, je vous rappelle que, bien que très réussi, le film de Donner en manquait lui aussi terriblement (même l’excellente version longue sortie en DVD continue de me laisser sur ma fin), et qu’il a fallu attendre le pourtant moins inspiré Superman 2 pour commencer à voir avec bonheur Superman se bastonner véritablement avec des bad guys. Ce choix était prévu dés le départ (la séquelle était lancée avec le premier opus) et dans l’attente d’une suite à ce nouveau film, on peut peut être laisser le bénéfice du doute à Singer : vu l’influence du film de Donner, il a sans doute procédé selon le même principe. L’ordre du jour n’est pas ’’Superman se bat’’, mais ’’Superman revient’’… On a beaucoup fait de reproches à Singer concernant l’action de ses deux X-Men (injustement à mon sens), problème que devait régler le troisième épisode, mais si vous avez vu X-Men 3 avec son final aussi orgiaque que vomitif et que vous vous souvenez que Ratner devait initialement réaliser Superman Returns, vous ne pourrez que reconnaître qu’on a échappé au pire…

Singer s’intéresse aux personnages, à leurs psychologies, à leurs conditions, à leurs places dans la société, et toujours avec un certain malaise atrabilaire. Cela fait de lui un candidat idéal pour mettre en scène un film où Superman revient après une longue absence dans un monde qui a appris à vivre sans lui. Je ne vais pas rabâcher ça une énième fois : ça a été disserté et répété à tort et à travers depuis qu’il a décroché le job… Je me permets juste de le rappeler vis-à-vis de votre comparaison entre le plan ’’d’ouverture de chemise’’ de Donner et celui de Singer. Il s’agit d’une image essentielle du mythe Superman, et le choix de Singer, tel que vous le décrivez, me semble plutôt judicieux : Donner offrait une présentation, une introduction, une rencontre entre Superman et un monde qui le découvrait pour la première fois. Singer opte quant à lui pour un retour timide, discret, hésitant, empreint d’une certain frustration. Outre que cela désamorce tout cynisme vis-à-vis de cette ’’signature’’ ronflante, cela s’inscrit à mon sens complètement dans le thème du film. Et ce retour de Superman, ce ré-apprivoisement mutuel entre lui et le monde qui l’accueille, explique certainement le traitement réservé à chaque personnage dans leurs comportements et leurs rapports à autrui : une relation, une intégration, ne se font pas en claquant des doigts. On se cherche, on se perd, on se retrouve…

J’ai en fait l’impression que vous rejetez le traitement de Singer parce qu’il ne correspond pas à votre idée de ce que le mythe de Superman devrait être. Mais il s’agit d’une nouvelle adaptation, indépendante des précédentes (quand bien même elle cherche à s’inscrire dans leur continuité), ce n’est donc pas une séquelle qui trahit l’esprit de ses prédécesseurs, comme pouvait scandaleusement le faire la prélogie de Lucas par exemple. Rejetez-vous les formidables Batman de Tim Burton parce qu’ils sont plus timburtoniens que bobkanesques ?
Bien sûr, je ne dis pas que les choix de Singer donnent forcément un bon film, mais je trouve que vos propos jugent soit uniquement ses intentions (et non leurs résultats), soit superficiellement le résultat et non ses intentions, au lieu de rapprocher les deux notions comme vous savez si bien le faire d’habitude, et comme toute analyse objective le réclame.

Voilà. Bien sûr les propos que je vous tiens sont biaisés par le fait que je n’ai pas encore vu le film (l’ai-je déjà dit ?), donc peut être reviendrais-je vers vous une fois que ce sera fait pour en parler de façon un peu plus objective, mais après tout, ma réaction concernait d’avantage votre critique que le film lui-même.
J’espère que vous aurez l’occasion de vous exprimez à nouveau sur le sujet (ici ou ailleurs), et gardant une très grande estime pour votre travail, j’espère découvrir vos prochains ouvrages très prochainement.

Bien à vous


Ajouter votre avis