HellJohn
Mitigé...

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Thelma et Louise et Monster ?

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De HellJohn le 04 Juillet 2006 à 02:596/10
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Mitigé...

La première partie de "Meurtrières" (présenté à Cannes en 2006 dans la sélection Un Certain Regard, le film a d’ailleurs obtenu le Prix du Président du Jury) fait un peu peur, avec ses clichés (le passage dans l’asile, un grand moment) et ses tics auteurisant assez agaçants. D’autant plus qu’on ne sait pas vraiment ou le cinéaste veut en venir, si ce n’est à présenter les différents personnages dans le désordre.

Cela dit, le film commence (enfin) à intriguer lorsque les deux « héroïnes » (qu’on veut nous faire passer comme « normales », alors qu’elles ne le sont pas), très différentes l’une de l’autre, s’évadent de l’asile (avec une facilité déconcertante : « le portail est ouvert, je crois ») et entament un périple imprévisible, puisqu’elles ne savent pas ou aller et vont se débrouiller avec les moyens du bord, jusqu’à tenter d’utiliser leur charme pour s’en sortir (à noter que le film réussit à être à la fois misogyne et féministe). Cette partie road movie instaure peu à peu une certaine tension, puisque l’on sent venir petit à petit le moment ou les deux filles vont déraper (devenir les "Meurtrières" du titre), sans savoir quand exactement (la scène d’intro nous indique juste que ça va arriver). D’autant plus que l’on sait que le film s’inspire d’un fait divers macabre (on reconnaît bien là la base d’un scénario commencé dans les années 70).

Cependant, le fond du film reste douteux : c’est donc la société qui a transformé ces deux filles fragiles en meurtrières, tous les personnages secondaires du film étant des salauds (les hommes en prennent pour leur grade, les bourges aussi) qui mènent deux jeunes innocentes en mal de repères (pas si innocentes que ça vu leur comportement parfois exécrable) à leur perte en leur refusant un peu d’aide. Bref, on nous montre du doigt et on nous culpabilise. Il y a un petit coté nihiliste et désespéré que n’aurait pas renié Maurice Pialat (puisqu’il était déjà sur le projet dans les années 70, et il aura tenté de réaliser ce film jusqu’à sa mort), mais le message est galvaudé (le coté féministe est même très maladroit), simpliste et sans véritable intérêt. Le "Baise-moi" de Virginie Despentes, qui montrait une histoire similaire, était autrement plus intéressant dans ses excès et son jusqu’au-boutiste.

L’ombre de Maurice Pialat (le film lui est dédié) plane bien trop sur le film, Patrick Grandperret (qui fut assistant réalisateur auprès de Pialat, puis réalisateur de "L’Enfant Lion" et "Les Victimes") et Sylvie Pialat (femme et scénariste de Maurice Pialat, c’est elle qui a relancé le projet de "Meurtrières" via sa boite de production) ne se risquant pas à s’éloigner du style de Pialat. Il en résulte un film minimaliste, épurée, au sujet vain (l’impact aurait été bien plus efficace dans les années 70) et tout en violence contenue. Je dirais même que "Meurtrières" est un film déjà daté, y compris dans ses quelques tentatives de modernisation (un peu de rock par là).

Si les deux actrices sont convaincantes (surtout l’étrange et jolie Hande Kodja, qui apporte une véritable dimension trouble à son personnage) et portent une bonne partie du film sur leurs épaules, "Meurtrières" reste un bel hommage à un grand cinéaste, et un road movie pesant parsemé de quelques touches d’humour. Mais rien de plus. "Meurtrières" est le genre de film ou, à l’apparition du générique, on s’interroge : « Et ? ».

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