De HellJohn le 16 Septembre 2006 à 03:176/10
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sympa mais trop gentil et pas assez irrévérencieux...
Matt, un pauvre type (Luke Wilson et son idéale tronche de malheureux paumé) s’éprend, sur un coup de tête provoqué par son ami (Rainn Wilson, vu au cinéma dans "Presque célèbre" et "Sahara", ici dans le rôle habituel du meilleur ami barge et obsédé), de Jenny (Uma Thurman, énervante et flippante, mais c’est le but), une femme en apparence des plus banales qui tombe amoureuse de lui. Celle-ci révèle à Matt, dans le plus grand secret, qu’elle est en fait la célèbre G-Girl, la super-héroïne du coin, dotée de super-pouvoirs incroyables (les trucs classiques, genre voler, entendre tout et de très loin ou avoir une force surhumaine). Problèmes pour Matt, qui se retrouve dans une situation délicate : Jenny s’avère être quasi névrosée, rancunière et d’une dangereuse jalousie, tandis que Matt est plutôt amoureux de sa charmante collègue de travail (Anna Faris, dont le coté nunuche est plus craquant que jamais). Il va donc lui falloir rompre avec Jenny, mais celle-ci ne va pas le prendre très bien. Matt ne risquera pas d’oublier sa rupture avec une super-héroïne (c’est surtout ça, le pitch du film, la rupture compliquée, comme dans le récent et plus subtil "La Rupture"). C’est sans compter sur l’ennemi juré de G-Girl, le « grand méchant » professeur Bedlam (cette trogne d’Eddie Izzard, vue dans "Blueberry" ou "Ocean’s Twelve").
La vraie bonne surprise du film est de faire de la super-héroïne une super méchante, prototype de la folle qu’on aimerait ne jamais rencontrer, mais avec des super-pouvoirs en plus. C’est un peu "Liaison fatale" à la sauce comédie de super-héros. Les scènes ou Uma Thurman malmène l’impuissant Luke Wilson (le sexe fort dans ce film, c’est la femme) sont drôles et inventives, même si pas si nombreuses qu’on l’aurait souhaité (le pitch ne tient pas sur toute la durée du film). Ce qui donne une comédie romantique plutôt originale (quoique débarquant en pleine période de super-héros et d’adaptations de comics au cinéma) mais qui, en dépit de son sujet entraînant, manque de folie et d’énergie. Il manque un second degré omniprésent, car on tombe dans le mièvre lorsque ça redevient sérieux. On nous montre (encore) la face cachée d’une super-héroïne, mais sans clins d’oeils ni références, le réalisateur utilisant juste quelques caractéristiques des super-héros (leurs super-pouvoirs, leur grand ennemi, leur faiblesse). En fait, plutôt que de jouer la carte du pastiche déjanté comme il l’a déjà fait dans sa carrière, le fatigué Ivan Reitman (qu’on a connu plus inspiré il y a longtemps) se contente d’illustrer avec paresse cette histoire tordue et ses rebondissements loufoques comme il le ferait avec une comédie romantique banale. Certes les quelques effets spéciaux sont sympas, mais dans la forme (y compris la musique, agaçante car on a l’impression de l’avoir entendu un millier de fois), c’est sans aucune ambition et plat, alors que le scénario (écrit par Don Payne, co-producteur et parfois scénariste des Simpson) ne manque pas de surprises qui auraient gagné à être plus percutantes.
Il y a quand même pas mal de bonnes scènes (les scènes mignonnes au bureau avec Anna Faris, la rencontre avec Uma Thurman, le coup du requin, une super-héroïne qui fait l’amour, le bordel final…), un rythme constant (les gags ne se répètent pas), de bonnes répliques, des numéros d’acteurs enjoués (encore une fois dans le genre, les seconds rôles sont savoureux) et assez d’idées pour ne pas s’ennuyer (l’intérêt est sans cesse relevé et relancé, y’a même un aspect parano) dans cette comédie divertissante mais bien trop gentille (c’est bien peu irrévérencieux et osé).