De HellJohn le 26 Septembre 2006 à 12:13
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ni surprise, ni déception
Le problème avec ce film, c'est qu'à une époque ou on nous abreuve d’adaptations de comics, de blockbusters à effets spéciaux (le dvd permet d’en découvrir tous les secrets de fabrication) toujours plus énormes que les précédents, le film de Singer n’a rien d’exceptionnel ni de très original, aussi bien dans le traitement de l’histoire et du portrait de son héros que dans les effets spéciaux (on a même encore le droit à du « bullet time ») et la forme. Le film de Donner était unique en 1978. Celui de Singer n’est de nos jours qu’un film de super-héros de plus. Je ne sais pas si c’est parce que je trouve ce super-héros pas très intéressant (il reste à mes yeux l’emblème du super-héros) car pas assez nuancé ou si les films de ce genre commencent vraiment à me lasser, peut-être les deux, mais j’ai trouvé tout simplement que "Superman Returns" manquait de magie, de vie (excepté lors de ce fabuleux générique de début, à donner des frissons).
"Superman Returns" est un film à l’image de son personnage. Le personnage représente le super-héros dans toute sa splendeur, et Singer l’iconise ici comme rarement un super-héros l’aura été à l’écran avant lui ("Superman Returns" gagne même des allures bibliques dans sa dernière partie). Le cinéaste explore la mythologie riche de ce super-héros universel, et par extension celle de tous les super-héros. La question principale du film n’est-elle pas de savoir pourquoi le monde a besoin de super-héros, s’il peut vivre sans ? Je trouve que c’est ce que développe le mieux "Superman Returns", avec nostalgie et émotion (pour moi, l’émotion du film vient de cette réponse apportée, plus que dans l’histoire en elle-même). "Superman Returns" est le parfait modèle du film de super-héros (tout comme Superman est le modèle des super-héros). Il est le film de super-héros par excellence, par conséquent il ressemble forcément aux autres, mais il démontre aussi les limites du genre.
Ce film est prisonnier de son héros, c’est même à la fois sa qualité et son défaut, d’où un traitement hésitant entre un second degré référentiel parfois teinté d’ironie (Lex Luthor libéré parce que Superman ne s’est pas présenté au tribunal, l’ouvrage « Pourquoi le monde n’a pas besoin de Superman » de Lois qui obtient le prix Pulitzer, le Pulitzer étant d’ailleurs comparé par le rédacteur en chef à un Oscar : « On se souvient jamais pourquoi vous l’avez eu, mais il faut l’avoir ! »…) et de cynisme (les dialogues de Lex luthor), et un premier degré très grave (références religieuses, morale prêcheuse, aspect mélodramatique…).
"Superman Returns" n’apporte rien de neuf, et c’est même son coté « vieux » qui me charme le plus, surtout avec ce lien étroit que Singer entretient avec le "Superman" de Donner (et "Superman 2"), comme Peter Jackson l’a fait avec "King Kong".
Voilà donc, à mes yeux, les raisons de cet échec (relatif).
J'ajoute que
SPOILER
La révélation du gamin m'a dérangé, j'ai trouvé ça facile (allez hop, y'a de quoi faire plein de suites, maintenant, avec le fils de Superman) et prévisible.
FIN SPOILER
Peut-être que je le compulserai en dvd, mais en tout cas pas neuf...