HellJohn
Un très beau film, malgré une séance tristement gâchée...

Zarathustra
Sauvé par le dernier tiers

Al DTS
la vérité : nan mais le pire

Al DTS
la vérité : Aurélien °

chrisredfield
question a easton

easton26
C PLUS FACILE

easton26
TOM2369 c des conneries ce que tu racontes

Thom2369
Aurelien et Aston

Shaft
calmos les gars

aston
louche

Agecannonix
Ca veut dire quoi ce titre "Aurélien" ?

Evil Ed
Matou..

matou
Pour Ed et John

matou
Pour Shin Cyberlapinou

HellJohn
ha mais y'a Naceri qui joue dedans...

Evil Ed
Pauvre Naceri .....

HellJohn
"un film qui va bouleverser l'Histoire du cinéma"...

Shin Cyberlapinou
Pour Matou

matou
Sophie Wittmer: une question sur la fin de l'article

Denton29
Courte, c'est vrai mais...

Hallu
Pour ceux qui veulent en savoir plus...

Elegolasses
un peu légère la critique

Message Précédent Retour à la news  

De HellJohn le 25 Octobre 2006 à 16:328/10
19437 avis postés | Inscrit depuis 1703 jours

Consulter tous les avis de HellJohn

Un très beau film, malgré une séance tristement gâchée...

Ce que je craignais est arrivé. En même temps, aller voir un film avec Jamel et Samy Nacéri un vendredi après-midi dans le cinéma en centre ville, ça ne pouvait pas en être autrement.

Donc dés le départ, une caillera me demande de m’asseoir ailleurs parce que je suis devant lui et que je lui empêche de mettre ses pieds sur le fauteuil (« ho toi, dit-il en bougeant mon siège, tu me pas aller derrière, steuplé ? »). Comme ils sont en bon nombre et que mes deux potes et moi ne pouvions sans doute pas rivaliser (et qu’en plus j’avais pas mon couteau sur moi), je me décale de quelques sièges sur le même rang (me séparant donc de mes deux collègues).

Pendant toute la séance, ces connards ont foutu le bordel. Bon, peut-être pas en continu (y’avait des silences et leur bordel était parfois caché par la puissance du son de la salle), mais de temps en temps, on entendait le mec derrière moi dire quelque chose en arabe, tout fort (pendant des scènes dramatiques, en plus) et tout seul. Parfois il parlait à son pote, à l’autre bout de la salle (oui, ils s’étaient divisé en trois groupes dans la salle, va savoir pourquoi).

-Ho il est quelle heure ?!
-Presque 6 heures.
-Hein ?!
(rires)

-Ho on se casse ?!
-Naaann, djyarbjynarlary (un dialecte à base d’insultes que je ne comprends pas, si ce n’est le mot « mère »), j’ai payé 6 € alors j’veux voir la fin, vas-y !
-Mais c’est un film de merde, putain ! On doit sortir, ce soir !
-Mais casse-toi s’tu veux, j’rgarde la fin !
Etc.

Et bien d’autres subtilités, comme par exemple aussi le mec au fond qui discute tranquillement avec son portable. Ca m’a en partie gâché la séance. Je trouve ça regrettable d’avoir un tel comportement devant un film comme "Indigènes", surtout venant d’une bande de maghrébins (rien de raciste dans mes propos, hein), le film « de merde » qu’ils sont en train de regarder rendant pourtant hommage à leurs origines, leurs anciens et leur pays. C’est typiquement le genre de film fédérateur qui impose le respect. Mais oui, avec Jamel et Naceri, ils s’attendaient à des trucs comiques, de l’action, donc forcément ils se sont emmerdé (quoique dans le lot, y’en a que deux qui foutaient le bordel).


Quand au film en lui-même, il est très bon. On a souvent occulté la qualité du film pour mettre en avant ses bonnes intentions, son utilité et son importance (le film a vraiment fait bouger les choses en France), son sujet fort, ses conséquences positives, sa force de conviction, son esprit collectif (à l’image de la Palme d’Or pour les interprétations), la sincérité de son propos…donc je m’attarde pas là-dessus, "Indigènes" est bien tout cela.
Car "Indigènes" est aussi un très bon film de guerre romanesque (le genre est assez rare en France pour qu’on l’ignore), classique dans sa forme (mise en scène et photographie superbes…) et sa narration (le schéma habituel du film de guerre), puissant dans ses quelques scènes de batailles qui ont quelque chose de "Il Faut sauver le soldat Ryan" (surtout la dernière dans le village, bluffante et tétanisante !), émouvant dans le portrait de ces quatre soldats qui ont chacun leur raison de se battre, authentique et crédible (c’est très documenté et la reconstitution est criante de vérité), prenant et tendu dans son déroulement (les personnages peuvent y passer d’une minute à l’autre)…

Evidement, le traitement est assez scolaire voir manichéen (les salauds d’un coté, les gentils de l’autre) et y’a quelques clichés (personnages un brin stéréotypés), ce qui est une habitude dans les films militants, mais il était difficile de faire autrement pour rendre hommage à ces tirailleurs africains oubliés (que la sortie du film a enfin révélé) qui ont combattu et sont morts pour la France. Les quatre acteurs principaux, qu’on les aime ou pas (puisque beaucoup n’iront soi-disant pas voir le film parce qu’ils aiment pas Naceri et Jamel Debbouze), sont très convaincants et concernés (Jamel est d’ailleurs aussi coproducteur), même Samy Naceri, qui a de toutes façons moins de présence que les trois autres (sans doute parce qu’il ne savait pas parler arabe, il a peu de répliques). Notons aussi la prestation du jusqu’ici peu connu (mais qui a obtenu la Palme comme les autres) Bernard Blancan, dans le rôle classique du sergent qui gueule sur ses hommes mais qui, au fond, les aime (mais ne veut pas le montrer).

Un hommage poignant d’utilité publique doublé d’un courageux et intense film de guerre, voilà ce qu’est "Indigènes". Un spectacle qui touche autant au cœur qu’il ne vise les tripes. Un film nécessaire qui impose le respect et non le mépris.

7,5 / 10 (sans les gênes occasionnées pendant la séance, j’aurais sans doute mis 8)

Ajouter votre avis