De locktal le 05 Décembre 2006 à 14:579/10
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Un excellent remake de Infernal affairs par Scorsese, qui ne parvient toutefois pas à égaler l'original...
Après un très bon Aviator, Scorsese retrouve Di Caprio pour la troisième fois pour un remake de l'excellent polar hongkongais d'Andrew Lau, Infernal affairs.
Le pitch de Les infiltrés reprend quasiment à l'identique celui de Infernal affairs, mais Scorsese a étiré le temps (Les infiltrés dure 2h30, alors qu'Infernal affairs dure seulement 1h30), de façon à décrire avec réalisme et brutalité le monde de la rue, avec ici des immigrés irlandais.
Comme d'habitude, la mise en scène de Scorsese est d'une incroyable énergie, alliant virtuosité et nervosité de manière unique, qui donne à Les infiltrés un ton haletant et un rythme effréné, tirant le meilleur parti de tous ses acteurs, Di Caprio qui est excellent mais aussi tous les autres : Damon, tout en retenu, Nicholson, Whalberg ou encore Martin Sheen, tous très convaincants.
Les infiltrés est un spectacle de haute volée, tenant toujours le spectateur sous pression dans un scénario assez vertigineux qui s'interroge intelligemment sur la notion d'identité (mais le pitch est exactement le même que celui d'Infernal affairs).
Si la mise en scène de Scorsese surpasse allégrement celle d'Andrew Lau, il n'en est pas de même pour le synopsis.
Dans Les infiltrés, il semblerait que le personnage de Matt Damon, Colin, soit trop en retrait, réellement sans morale, sans épaisseur. Il est quasiment impossible d'avoir de la sympathie ou de la compassion pour lui, alors que le personnage d'Andy Lau dans Infernal affairs, dans le même rôle, est beaucoup plus ambigu et touchant.
C'est dommage car, alors que tous les autres personnages sont plutôt bien développés, la psychologie sommaire de Colin nuit un peu au film, ce qui n'était pas du tout le cas du personnage d'Andy Lau.
Et la fin de Les infiltrés, trop sèche et arrivant trop comme un cheveu sur la soupe, est beaucoup moins réussie et ouverte que la fin de Infernal affairs, qui relançait le film de manière vertigineuse, le personnage d'Andy Lau, maintenant du côté de la loi, devenant la taupe de la police dans la pègre.
Encore une fois dommage...
Une autre petite critique est le fait que dans Infernal affairs, il y a deux personnages féminins faisant contrepoids aux étâts d'âme des deux protagonistes, tandis que dans Les infiltrés, il n'y a plus qu'un seul personnage féminin que se partagent les deux héros. Forécement, ce personnage féminin prend parti pour Di Caprio, ce qui enlève une nouvelle l'ambiguité du film original.
Pour les personnes qui n'ont pas vu Infernal affairs, Les infiltrés doit paraître vraiment génial, mais je trouve que Scorsese a parfois trop repris le film original à l'identique.
Mais Les infiltrés reste un spectacle de très haut niveau, superbement interprété et réalisé, qui démontre que Scorsese n'a rien perdu de sa hargne à filmer.
Ma note : 8,5/10.