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De pumpkin le 28 Décembre 2006 à 13:24
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Une de mes compulsions les plus attendues

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et puis le film, cette claque !

Il y a des films dont on n'aurait pas pu prévoir l'arrivée et qui au final se révèlent être de petites perles fantasmées. The Devil's Rejects, de Rob Zombie, est de ceux là. Véritable perle de contre culture faite par un cinéphile pour les cinéphiles, ce violent road movie qui furète vers d'autres genres comme le western ou l'horreur est un véritable bonheur pour tout amoureux du cinéma de genre normalement constitué. Après un premier film bancal et incertain (The House of 1000 corpses), Zombie livre une bande en passe de devenir culte. Excellent.

Après la mort de son frère, le shérif Wydell ne rêve que de vengeance. Il est prêt à tout contre la terrifiante famille Firefly, et il n'hésitera pas à outrepasser la loi.
Barricadés dans leur maison, les Firefly, eux, sont décidés à lui échapper par tous les moyens. Rien ne semble pouvoir arrêter leur macabre saga.
Entre les deux camps, la guerre est ouverte, et elle va s'étendre...

Le premier volet était un véritable hommage aux grands classiques de l'horreur sous forme de train fantôme rapide et décomplexé mais qui pêchait par son côté farce clownesque et sa tendance au style MTV regrettable. Virage réussi pour Zombie qui réussit avec cette suite indépendante un véritable film de tarés, viscéral et pourtant si drôle à la fois. Cela passe par des choses simples : une mise en scène inspirée, une esthétique très Western, une B.O rétro dans le plus pur style country, des dialogues savoureux, un casting magistral (nous y reviendrons) et une violence paroxystique.

Le film commence fort avec une fusillade anthologique quoiqu'un peu illisible par moments. Le film est vite posé et prône dès le début le plaisir immédiat. Puis un générique à base de stop cuts qui a pour le mérite de faire progresser la narration tout en étant jouissif dans son approche et sa musique. Tyler Bates est à la bande originale et signe encore une fois un morceau d'anthologie (il avait déjà signé la B.O du remake de Zombie : L'armée des morts). Otis et Baby, les deux enfants se retrouvent donc dans un motel délabré à attendre leur père, et décident donc de prendre deux couples en hotage. La violence est immédiatement présente dans de nombreux états : Balle dans la tête d'un pauvre homme qui en fera vomir un autre, nudité, sévices sexuels ( pistolet dans le vagin etc ...). Relecture vitaminée du Salo de Pasolini ? Non, simplement plaisir coupable et sadique pour le spectateur, renforcé par l'hystérie collective qui fait plaisir à voir. A aucun moment The Devil's rejects ne cherche à faire peur au spectateur : le mal est vu de l'intérieur par nos 3 héros fous ce qui à défaut d'être moral est purement jouissif. La violence est souvent traitée avec ironie froide qui fait plaisir au spectateur : entendre Otis dire à Adam : « Mon flingue sent la chatte de ta femme. J'espère qu'il va pas rouiller » provoque l'hilarité du spectateur alors que ce genre de trouvailles est purement immoral.

Immoralité semble d'ailleurs être un maître mot dans le film qui détient le record du monde des Fucks prononcés. Tout ici sent l'anticonformisme : une prostituée qui veut se déguiser en princesse Leïa pour attirer les clients, Captain Spaulding qui balance des « casse-toi la grosse » à sa dernière conquête, Mama Firefly qui tente d'exciter le chérif en tirant la langue (ce qui fait immédiatement penser aux déviances de John Waters), un vendeur de poulets qui se moque de Michael Berryman et qui explique comment avoir des rapports sexuels avec un poulet. Mais au delà de toutes ces déviances jouissives se trouvent de vraies références. Ainsi Otis qui découpe un masque avec la tête d'Adam n'est pas sans rappeller massacre à la tronçonneuse et même le casting évoque des classiques horrifiques (les présences respectives de Ken Foree et Michael Berryman évoquent Zombie et La colline a des yeux). Les références de Zombie sont vastes : cela va d'une nuit en enfer à La horde sauvage mais le cinéaste sait parfaitement doser et réutiliser la culture qu'il a digéré.

Mais au delà de ce flot de violence Zombie arrive à renforcer la psychologie de ces personnages et en fait de vraies gueules, des archétypes du mal et du far west. Cela se voit particulièrement avec le personnage du shérif Wydell, véritable redneck violent et qui veut se venger des rejetons. Ainsi, une scène jouissive comme celle où il fait venir un célèbre critique de cinéma est, au delà de son aspect jubilatoire, une véritable preuve de l'identité du shériff. A travers ce Road Movie grandement constitué d'étapes capitales (deux en fait) que de voyages sur la route Zombie donne un peu d'humanité à ses personnages tous autant qu'ils soient et les rend crédibles. Certes ils sont des monstres, mais peuvent faire preuve d'humanité et même de naïveté (la scène où Baby et Captain demandent de s'arrêter pour prendre des glaces au Tutti-Fucking-Frutti est plus importante qu'elle en a l'air.)

Techniquement Zombie s'affranchit du style clippesque qui a pu lui faire défaut et adopte une réalisation plus sobre qui pose un vraie ambiance crépusculaire, servie par une B.O magistrale. L'homme a sa capacité à filmer des scènes d'actions autant que des passages plus calmes avec parfois grande maestria. Le casting lui est anthologique (à condition d'être un minimum cinéphile) : Sid Haig, Bill Moseley, William Forsythe, Ken Foree, Michael Berryman, Danny Trejo et bien d'autres encore. L'actrice Sheri Moon (la femme de Zombie), d'une grande beauté, écope d'un rôle principal anthologique. Le casting est à l'image du film : un vrai bonheur de cinéphiles, ce qui réduit un peu la portée du film (le spectateur moyen risque de ne pas aimer mais les vrais adoreront).

Pourtant, malgré ses qualités apparentes, The Devil's Rejects est loin d'être exempt de défauts. En prônant le plaisir immédiat Zombie néglige un peu d'autres éléments capitaux comme l'aspect Road Movie pas toujours présent. Certains personnages auraient gangé à être plus creusés (le personnage de Danny Trejo par exemple) et rendrait presque son film limité à un seul visionnage. Heureusement ce dernier est tellement jubilatoire qu'il se rattrape de justesse. Certaines intrigues ne sont pas assez développées (les Marx Brothers, Tiny le serviteur qui fera presque de la figuration malgré son action certes brève mais capitale). Les personnages auraient mérité d'avoir peut être un peu plus de scènes à eux mais ils sont déjà un minimum creusés. C'est d'ailleurs là le petit problème du film : il répond à nos attendes sans toujours les transcender. Mais autant dans le fond (immoral et jubilatoire) que dans la forme (très soignée) le film a tout pour obtenir la sympathie du cinéphile.

Rob Zombie a donc réussi un petit coup de maître avec The Devil's rejects. Pur film de fans jubilatoire et égal de bout en bout, le film deviendra sûrmement culte dans les années à venir pour tous les amateurs de cinéma de genre. Véritable bonheur filmique, The Devil's rejects est un divertissement d'une qualité immense qui a pour mérite de n'être pas calibré. Rob Zombie confirme qu'il peut être un très bon cinéaste même si le style parfois un peu tarantinesque peut dérouter. Un objet filmique qui fait plaisir dans le paysage actuel du cinéma de genre (le cinéma d'horreur n'ayant eu pour lui que La colline a des yeux) et qui divertit pleinement. Excellent de bout en bout.

Ma note : 9/10 ma critique ne résume pas assez le bien que j'en pense ^^

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